[e-med] Conseils à l’intention des femmes pour l’alimentation des nourrissons

Conseils à l’intention des femmes infectées et non-infectées par le VIH pour l’alimentation des nourrissons : pertinence des options choisies et des pratiques mises en œuvre
RM Bland,a NC Rollins,a,b HM Coovadia,c A Coutsoudisb & ML Newella
Bulletin of the World Health Organization | April 2007, 85 (4)
http://www.who.int/bulletin/volumes/85/4/en/

Résumé
Objectif
Examiner les intentions en matière d’alimentation de
leur nourrisson de femmes infectées et non-infectées par le VIH ;
la pertinence de leur choix en fonction des ressources dont elles
disposent à domicile ; et le maintien de ces options une semaine
après l’accouchement.

Méthodes
Les intentions en matière d’alimentation de leur
futur enfant de femmes enceintes ont été confrontées à quatre
éléments de ressource facilitant l’utilisation de substituts du lait
maternel : eau saine, combustible adéquat, accès à un réfrigérateur
et revenus maternels réguliers.

Résultats
L’analyse des intentions émises avant l’accouchement
par 1253 femmes infectées par le VIH au sujet de l’alimentation
de leur nourrisson a donné les résultats suivants : allaitement
maternel exclusif 73 % ; utilisation de substituts du lait
maternel 9 % ; pas de décision arrêtée 18 %. Parmi les femmes
ayant choisi de recourir à une alimentation de substitution,
8 % avaient accès aux 4 éléments de ressources précités. Des
corrélations indépendantes ont été relevées entre l’intention de
donner à l’enfant un substitut du lait maternel et la disponibilité
pour la mère d’un approvisionnement en eau saine et celle de
revenus réguliers (odds ratio ajusté = 1,94, IC à 95 % = 1,2-
3,2 et odds ratio = 2,1 ; IC à 95 % = 1,2-3,5, respectivement).
Parmi les femmes infectées par le VIH, la proportion de celles se
conformant pendant la première semaine postpartum à l’intention
exprimée était notablement plus importante chez les mères ayant
prévu de nourrir leur enfant exclusivement au sein que chez celles
ayant d’abord opté pour un substitut du lait maternel (allaitement
exclusif : 78 % ; alimentation de substitution : 42 %, p < 0,001).
Parmi les 1238 femmes non-infectées, 1021 (82 %) avaient
l’intention de donner exclusivement le sein, 21 (2 %) comptaient
utiliser un substitut du lait maternel et 193 (16 %) n’avaient pas
pris de décision. 75 % des femmes ayant opté pour l’allaitement
exclusif se sont tenues à leur choix après l’accouchement et 11
nourrissons seulement (< 1 %) n’ont pas reçu de lait maternel.
Le nombre de visites anténatales à domicile influait de manière
significative sur le maintien de l’option d’alimentation.
Conclusion La plupart des femmes infectées par le VIH ne
disposaient pas des ressources permettant une alimentation de
substitution sans risque de leur nourrisson et ont choisi l’option
la plus appropriée, à savoir l’allaitement exclusif. La proportion de
femmes infectées par le VIH respectant leur intention d’alimentation
était plus importante chez celles ayant opté pour l’allaitement
exclusif que chez celles ayant l’intention de donner un substitut
du lait maternel. L’apport de conseils et d’un soutien appropriés
permet donc de réduire au minimum la diffusion de pratiques non
optimales chez les femmes non-infectées par le VIH.