[La publication "Use of hormonal contraceptives and risk of HIV-1
transmission: a prospective cohort study" The Lancet Infectious Diseases,
Early Online Publication, 4 October 2011
doi:10.1016/S1473-3099(11)70247-XCite or Link Using DOI
est disponible ici
http://www.thelancet.com/journals/lancet/article/PIIS1473-3099(11)70247-
X/fulltext
CB]
La contraception hormonale augmenterait le risque de VIH
6 Octobre 2011
http://fr.allafrica.com/stories/201110061081.html
Mauvaise nouvelle dans la prévention du sida : les femmes ayant utilisé un
moyen de contraception hormonal ont deux fois plus de risques d'être
infectées par le virus VIH ou de transmettre le sida à leur partenaire. Ce
constat est le résultat d'une enquête publiée dans le très sérieux magazine
médical britannique The Lancet Infectious Diseases.
En Afrique, continent où le virus est largement présent, les injections
hormonales sont un moyen contraceptif très courant. Les auteurs de l'étude
encouragent désormais l'utilisation du préservatif en remplacement des
hormones.
Les chercheurs ont suivi 3.790 couples hétérosexuels dont un seul des deux
partenaires était porteur du virus VIH. Pendant les 18 mois qu'a duré
l'étude, 167 des partenaires sains ont été infectés : 73 femmes et 94
hommes.
Dans le cas où la femme utilisait la contraception hormonale, le partenaire
sain était presque deux fois plus sensible à la contamination par le virus -
6,61 personnes infectées sur 100 au lieu de 3,78. Selon les résultats, les
hommes semblent être plus facilement infectés que les femmes.
Double Dutch
C'est la première étude à large échelle faite dans le but de prouver
clairement que le risque est plus grand pour les hommes que pour les
femmes...
Selon l'étude, les femmes qui utilisent des injections d'hormones se
retrouvent avec une quantité supérieure d'informations génétiques dans les
sécrétions vaginales. Ce qui pourrait expliquer pourquoi les femmes sont
plus à même de transmettre le virus à leur partenaire, concluent les
chercheurs, en ajoutant que cette théorie devrait être encore vérifiée très
rapidement.
Le message de santé à retirer de cette étude est que la méthode du 'double
dutch' est la plus sûre, à savoir la combinaison de la contraception
hormonale et l'utilisation d'un préservatif.
Dilemme tragique
Les recherches ont été menées entre 2004 et 2010 au Botswana, au Kenya, au
Rwanda, en Afrique du Sud, en Tanzanie, en Ouganda et en Zambie. La plupart
des femmes ayant participé à l'étude utilisaient les injections d'hormones
du type Depo-Provera et ne prenaient pas la pilule, moyen de contraception
peu utilisé en Afrique.
C'est un dilemme tragique, commente le scientifique Charles Morrison dans le
Lancet Infectious Diseases. La contraception hormonale est une méthode de
choix pour la prévention de grossesses non désirées et par voie de
conséquence la prévention de la mortalité maternelle. Elle évite l'existence
d'enfants orphelins ou en état de malnutrition. Dans le même temps, elle
pourrait faire empirer l'épidémie de sida.