La crise des préservatifs de contrefaçon au Vietnam
http://www.irinnews.org/fr/report/100198/la-crise-des-préservatifs\-de\-contr
efaçon-au-vietnam
<http://www.irinnews.org/Photo/Details/201207251205320148/L-incertitude-qu
ant-%C3%A0-la-qualit%C3%A9-comporte-des-risques-pour-le-consommateur>Photo:
Robertelyov/Flickr
<http://www.flickr.com/photos/robertelyov/5159794664/in/photostream/>
L¹incertitude quant à la qualité comporte des risques pour le consommateur
BANGKOK, 11 juin 2014 (IRIN) - Un nouveau rapport avertissant de la piètre
qualité de près de la moitié des préservatifs disponibles à la vente au
Vietnam fait craindre autorités sanitaires que les progrès fragiles
enregistrés par le pays en faveur de comportements sexuels plus sûrs
soient menacés.
« Quiconque achète des préservatifs sur le marché privé court aujourd¹hui
le risque d¹utiliser des préservatifs de mauvaise qualité. Cette situation
touche les travailleurs du sexe et leurs clients, mais aussi [la
population en général] », a dit à IRIN Arthur Erken, le représentant du
Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) au Vietnam.
Le Vietnam a déployé d¹importants efforts ces dernières années pour rendre
les préservatifs accessibles
<http://www.psi.org/sites/default/files/publication_files/2010-vietnam_map_
cdm.pdf> au public. Ils sont gratuits dans les cliniques, et vendus pour 2
centimes de dollar seulement dans les kiosques, les cafés, les salons de
massage et les hôtels.
Les chiffres
<http://www.unaids.org/en/dataanalysis/knowyourresponse/countryprogressrepo
rts/2012countries/ce_VN_Narrative_Report.pdf]%20[http://data.worldbank.org/
indicator/SP.ADO.TFRT> les plus récents indiquent que les nouveaux cas
d¹infection par le VIH ont rapidement diminué entre 2007 et 2009, et se
sont stabilisés à environ 14 000 cas signalés par an en 2010 et 2011. Par
ailleurs, le taux de fertilité chez les adolescentes a chuté de 31
naissances pour 1 000 jeunes filles de moins de 19 ans en 2009 à 29 en
2013 un taux nettement inférieur à celui du Laos voisin (65) ou de la
Thaïlande (41).
Cependant, un rapport de l¹UNFPA datant de mars 2014 a révélé que le
marché vietnamien était inondé de préservatifs de mauvaise qualité, un
afflux que les mécanismes de surveillance ont échoué à contenir.
« Si les préservatifs disponibles ne sont pas de bonne qualité, même en
les utilisant correctement et de façon systématique, les usagers risquent
d¹être infectés, ou d¹infecter leurs partenaires », a dit Kristian
Schoultz, directeur pays pour le Programme commun des Nations Unies sur le
VIH et le sida (ONUSIDA).
Il est urgent de normaliser la qualité des préservatifs et de veilleur au
respect effectif de cette normalisation pour contenir l¹épidémie de VIH au
Vietnam, disent les experts. Ces derniers mettent en garde contre une
érosion de la crédibilité des préservatifs susceptible de saper des années
d¹efforts de sensibilisation en faveur de pratiques sexuelles sans risque.
Préservatifs de contrefaçon
Les préservatifs distribués dans les hôpitaux et les cliniques sont
fournis par le ministère de la Santé, qui certifie leur conformité aux
normes internationales
<http://www.unfpa.org/webdav/site/global/shared/procurement/07_resources/ma
lecondoms_specs_procurement_2010.pdf>. Mais le rapport de l¹UNFPA révèle
qu¹environ 85 pour cent des préservatifs disponibles au Vietnam
proviennent du secteur privé, et que 17 pour cent de ces derniers échouent
aux tests de contrôle de la qualité, en particulier ceux importés de Chine.
La qualité des préservatifs se mesure sur la base de « niveaux de qualité
acceptables » (NQA), c¹est-à-dire les seuils relatifs à la résistance aux
températures, la durée de conservation, ou encore la pression et le volume
d¹éclatement. Les préservatifs conformes aux NQA sont efficaces à 90-95
pour cent pour prévenir la transmission du VIH
<http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/9141163>, et réduisent les risques de
gonorrhée et de chlamydia de 62 et 26 pour cent respectivement, note
l¹Organisation mondiale de la santé (OMS
<http://www.who.int/bulletin/volumes/82/6/454.pdf>\).
Les préservatifs non conformes aux NQA peuvent présenter des trous
microscopiques, et éclatent facilement lorsqu¹on les remplit de petites
quantités d¹eau ou d¹air. « Le latex employé est de mauvaise qualité, et
son élasticité est compromise plus rapidement qu¹il ne le faudrait », a
expliqué M. Erken.
« L¹identification d¹un tel niveau d¹échec pourrait être considéré comme
très grave », a dit David Whybrew, responsable technique chez Crown Agents
<http://www.crownagents.com/fr/>, le cabinet de conseil qui a mené l¹étude
de l¹UNFPA.
Pis encore, bon nombre de ces préservatifs de mauvaise qualité sont des
contrefaçons, commercialisés sous la marque Durex ou autre marque réputée,
ce qui trompe le consommateur.
Alors que les vrais préservatifs de marque peuvent coûter jusqu¹à 1 dollar
l¹unité, les préservatifs de contrefaçon cassent les prix 2 centimes de
dollar l¹unité seulement. « Cette [situation] est délicate, car les
consommateurs pensent acheter des produits Durex, qui sont de bonne
qualité », a dit M. Erken.
Durex soutient que ses préservatifs peuvent contenir jusqu¹à 40 litres
d¹air sans éclater (plus du double du volume exigé par les NQA), et teste
régulièrement ses produits.
« Si [un préservatif] ne satisfait pas à la mise à l¹essai rigoureuse du
produit, on annule l¹expédition du [lot entier] », fait remarquer
<http://www.durex.com/vn-vi/aboutdurex/why%20durex/pages/Reasons%20to%20Cho
ose%20Durex.aspx> l¹entreprise sur son site vietnamien.
Les succès de la lutte contre les stigmatisations pourraient s¹annuler
Les personnes qui consomment de la drogue par injection, les travailleurs
du sexe et les hommes ayant des relations sexuelles avec les hommes
présentent des taux d¹infection au VIH disproportionnellement élevés, avec
une prévalence de 13,4 pour cent, 3 pour cent et 16,7 pour cent
respectivement des taux bien supérieurs à la moyenne nationale de 0,45
pour cent, d¹après leschiffres
<http://www.unaids.org/en/dataanalysis/knowyourresponse/countryprogressrepo
rts/2012countries/ce_VN_Narrative_Report.pdf> de l¹ONUSIDA et du
gouvernement.
Il y a peu, les travailleurs du sexe étaient réticents à avoir des
préservatifs sur eux de peur de se faire arrêter
<http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16607971>, d¹être condamnés à une
amende et de se voir enrôlés de force dans un « centre de réhabilitation ».
La politique d¹arrestation des travailleurs du sexe a depuis été abolie
<http://www.irinnews.org/printreport.aspx?reportid=97087>, ce qui a permis
de réduire cet obstacle à l¹usage du préservatif. Pourtant, a averti M.
Shoultz, « si les consommateurs ne peuvent pas se fier à la qualité des
préservatifs, ils se montreront certainement moins enclins à en utiliser ».
D¹après le ministère de la Santé, la manière dont le préservatif est perçu
par la population reste précaire en raison d¹un amalgame répandu entre
préservatif et infidélité ou prostitution.
À l¹occasion de la présentation d¹une étude gouvernementale sur les
comportements des jeunes en matière de santé sexuelle, Nguyen Duc Vinh, le
vice-directeur du service Santé maternelle et infantile du ministère de la
Santéa dit <http://www.saigon-gpdaily.com.vn/health/2013/3/104417/> qu¹un
tiers des Vietnamiens de moins de 18 ans pensaient que l¹usage du
préservatif relevait d¹une « conduite inappropriée », et 16 pour cent que
le préservatif était réservé aux travailleurs du sexe et aux partenaires
infidèles.
Une étude <http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/24451069> a révélé que seul
un tiers des jeunes non mariés utilisaient des préservatifs. Beaucoup
préfèrent les acheter en magasin ou en kiosque, plutôt que de les réclamer
dans une clinique, pour des raisons de respect de leur intimité et de
confidentialité.
« Ils trouvent ça embarrassant que quelqu¹un puisse être au courant de
leur vie privée, c¹est trop intime pour en parler à qui que ce soit, même
à un médecin », a expliqué M. Nga, le professeur.
Problèmes d¹approvisionnement
Jusqu¹en 2010, l¹intégralité des préservatifs disponibles provenait
d¹organisations humanitaires. Mais depuis que le Vietnam a accédé au
statut de « pays à revenu intermédiaire », les financements consacrés à
l¹approvisionnement se sont arrêtés « pratiquement du jour au lendemain »,
rapporte M. Erken.
« Nous sommes convaincus que les préservatifs fournis par le gouvernement
[satisfont aux normes internationales], mais le marché privé est un tout
autre monde », a-t-il dit.
Lors d¹une présentation en mars 2014, Nguyen Dinh Tai, le directeur du
Central Institute for Economic Management (CIEM) relevant du ministère de
la Planification et des Investissements, a averti les responsables de la
santé que les problèmes de réglementation touchant aux produits de
consommation n¹avaient rien de nouveau au Vietnam.
En réponse au rapport de l¹UNFPA, le gouvernement prévoit d¹introduire des
garanties de qualité plus strictes en faisant passer les préservatifs du
statut de « produit de consommation » à celui d¹« équipement médical »,
mettant ainsi le Vietnam en conformité avec les directives
d¹approvisionnement
<http://www.unfpa.org/webdav/site/global/shared/procurement/07_resources/ma
lecondoms_specs_procurement_2010.pdf> de l¹OMS et de l¹UNFPA.
« Il est absolument essentiel que les préservatifs soient soumis à des
tests réglementaires normalisés pour que leur qualité soit garantie », a
dit M. Shoultz.
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Theme (s): Economie <http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=ECO>,
Santé et nutrition <http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HEA>,
VIH/SIDA (PlusNews) <http://www.irinnews.org/fr/pays.aspx?theme=HIV>,
[Cet article ne reflète pas nécessairement les vues des Nations Unies]