[e-med] La direction d’Air France repart à la charge contre la « taxe Chirac »

La direction d’Air France repart à la charge contre la « taxe Chirac »
Le Monde.fr avec AFP04.05.2015 à 12h17 • Mis à jour le 04.05.2015 à 13h36

http://lemonde.fr/entreprises/article/2015/05/04/la-direction-d-air-france-repart-a-la-charge-contre-la-taxe-chirac_4627023_1656994.html

Les dirigeants de la compagnie aérienne Air France et de sa maison mère,le groupe franco-néerlandais Air France-KLM, ont demandé au gouvernement un moratoire concernant la taxe de solidarité sur les billets d’avion,dite « taxe Chirac ».

« Nous vous demandons un moratoire sur la collecte en France de la taxe de solidarité », écrivent Alexandre de Juniac, PDG d’Air France-KLM, etFrédéric Gagey, patron d’Air France, dans une lettre adressée au ministredes finances, Michel Sapin, et aux secrétaires d’Etat chargés du budget et des transports, Christian Eckert et Alain Vidalies.

Les deux dirigeants affirment que cette taxe sur les billets d’avion, créée en 2006 à l’initiative de l’ancien président de la République Jacques Chirac, « représente chaque année un coût supplémentaire de 90millions d’euros » pour les compagnies aériennes françaises, « ce qui affecte directement [leur] compétitivité face à la concurrence des opérateurs étrangers ».

Une taxe peu appliquée

Parmi les 30 pays qui avaient accepté sa mise en place, seuls 9 l’appliquent : le Cameroun, le Chili, le Congo, la France,Madagascar, le Mali, Maurice, le Niger et la Corée du Sud. Au fil des années, la taxe est devenue la « taxe Air France ».

La taxe de solidarité est la principale ressource de l’organisation internationale Unitaid, qui finance la lutte contre les grandes pandémies(sida, paludisme, tuberculose) dans les pays pauvres. Unitaid possède «une réserve financière de 706 millions de dollars [environ 630 millionsd’euros] et pourrait donc poursuivre ses actions humanitaires (…) pendant cinq ans sans collecte supplémentaires », ajoutent MM. Juniac et Gagey, s’appuyant sur un article du mensuel Capital.

Le dernier rapport annuel d’Unitaid, disponible sur son site Internet<http://www.unitaid.eu/images/Factsheets/UNITAID_Note_On_Implementing_Solidarity_Levy_FR_Web.pdf&gt; confirme que l’organisme a versé moins de 1,4milliard de dollars sur plus de 2,2 milliards perçus de 2006 à fin 2013, la France contribuant pour près de 60 % à ce budget. Toujours selon ce rapport, compte tenu des subventions accordées jusqu’en 2017 et des frais de fonctionnement, les « fonds disponibles pour de nouveaux projets »s’établissaient à 340 millions de dollars à la fin de 2013 (303 millionsd’euros).

La « taxe Chirac » a généré 64 % des recettes d’Unitaid depuis sa création. En France, son montant forfaitaire, calculé selon la destination du vol et la classe du billet, avait été revalorisé en avril 2014, Air France déplorant alors une « charge supplémentaire ».

Un récent rapport a proposé parmi plusieurs pistes <http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2014/11/03/taxe-chirac-un-rapport-propose-de-faire-payer-banques-assurances-et-grande-distribution_4517117_3234.html&gt;, de mettre à contribution les banques, les assurances et lagrande distribution pour alimenter la taxe de solidarité.

Attention cette montée en charge est grave et elle se répète mais,

1. les compagnies aériennes ne peuvent pas se plaindre puisque ce sont les
passagers qui payent, pas elles. Les sommes dont elles parlent ne leur
appartiennent pas puisque c'est un supplément payé par le voyageur.

2. il est anormal que UNITAID ne décaisse pas plus, il faut revoir le système
d'attribution des aides et c'est les modalités d'utilisation des fonds sans
supprimer le principe de la taxe

Il serait utile que les emédiens participent au débat : quelles cibles
d'aide? sous quelles formes? A qui?

Jean Loup Rey, santé publique

Air France a raison.

Cette taxe est totalement injuste, peut appliquée (sauf par la France qui a l'habitude de se tirer une balle dans le pied) mais surtout cette taxe donne le sentiment de payer deux fois. Une première fois lorsque l'on paye ses impôts et la deuxième lorsque l'on prend l'avion.

Personnellement je mettrais bien à contribution les banques avec un prélèvement automatique sur les montants prélevés au titre des intérêts de la dette nationale. La France à l'habitude de consacrer plus de la moitié de ses revenus fiscaux au paiement d’intérêts de sa dette. Prélevons la dedans, il y a assez pour placer unitaid au rang de premier bailleur mondial d'aide.

Jean Louis Roche
Pharmacien

Bonjour,

Je trouve dommage que Air France voit les choses aussi négativement. Comme
l'a dit Dr Rey, ce n'est pas la compagnie qui paie mais plutôt les
passagers. Un des principes des financements innovants est que le taux soit
d'un niveau très bas afin que l'individu en payant son produit ne sente pas
la taxe. Ce n'est que le résultat des milliers d'individus qui paient qui
fait voir ces chiffres astronomiques.

Comme je le dis souvent à l'occasion, les financements innovants ont
vocation d'être inodores, incolores, mais avec beaucoup de saveurs en
termes de vies sauvées. Et c'est dans cela que je regrette que Air France
ne communique pas plutôt là-dessus. Au lieu que cette taxe soit perçue
comme un poids limitant la compétitivité de Air France, elle devrait plutôt
être un moyen de publicité pour encourager les clients à payer des billets
d'Air France et de contribuer ainsi à sauver des vies.

En tout cas, même s'il n'est pas fier, les bénéficiaires des fonds Unitaid
disent merci à Air France pour les montants collectés.

N'empêche également que leur interpellation soulève aussi le problème de la
fluidité dans l'octroi des financements. Les besoins et les défis sont
tellement élevés sur le terrain qu'Unitaid ne devrait pas avoir autant de
réserves qui se retournent contre elle.

Cordialement!

--
Simon KABORE
Directeur Exécutif du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
04 BP: 8038 Ouagadougou 04 Burkina Faso
Tel: bur (226) 50 37 70 16
         Cel: (226) 70 24 44 55
E-mail alternatif: simonkabore@rame-int.org

Chers collègues,

    Je soutiens la décision d'Air France surtout que le contribuable
    français a l'impression de payer doublement.

    Les pays bénéficiaires devraient décider d'implementer ces
    financements innovation dans leurs réseaux internes. En RDC, depuis 5
    ans le voyageur du réseau national paie 15$ par vol alors que celui de
    l'international paie 55$. Si le gouvernement pense que les trois
    maladies infectieuses constituent une priorité©, il peut juste prendre
    $1/voyageur.

    Le financement innovant venant de l'extérieur se fatigue toujours mais
    celui décidé par les gouvernants peut booster le système de santé
    avec résilence.

    Merci,

    Charly Mampuya

Bonjour,

Pourquoi les fonds collectés partent en grande partie à la Fondation Clinton ?

Il me semble que les USA n'ont pas mis en place ce recouvrement ?

Pourquoi les autres pays sont-ils réticents à instaurer cette taxe ?

La France a sans doute choisi le multilatéral ; ceci est beau et généreux, mais des pays plus prosaïques préfèrent le bilatéral.

Bien à vous tous,

Christophe Prat - Guyane

Bonjour
Je suis étonné de l'argumentation " les compagnies aériennes ne peuvent pas se plaindre puisque ce sont les passagers qui payent, pas elles".
De toutes façons c'est le consommateur final qui paye même si c'est une taxe prélevée sur le CA de la compagnie par exemple et non par billet. Cela me rappelle les échantillons gratuits ou les laboratoires qui invoquent un service gratuit comme si on ne les payait pas d'une manière ou d'une autre .
Cela étant en terme de concurrence entre compagnies si l'une a des taxes à faire payer au voyageur l'autre non le billet a toutes les chances d'être moins cher chez le second.
En tant que taxe de solidarité il me semble qu'elle aurait d'autant plus de sens qu'elle serait payé par tous les passagers aériens dans le monde mais ce n'est qu'un rêve.
Cordialement

François LOCHER (PUPH)

Dear all,

I agree that final payer of the tax is the traveller. I don't figure out why Air France should refrain from achieving such a noble goal. It is true that the air ticket ends up being a little more "expensive" for such a company than others. But this is also an advert which could in turn orientate more passengers to the company because by doing so they are caring/contributing for improving the health of the needy somewhere in the world.
In a nutshell, Air France should not be discouraged or give up. It is an added value to their services
Best

Dr. Armand S.NKWESCHEU,MD,MPH.
Epidemiologist / Head of Unit (Sub- Director)for Scientific Networks & Ethics PromotionDivision of Health Operations Research.
Ministry of Public Health of Cameroon.
Office Tel: (237) 22 23 45 18 / Fax: +22 23 45 79
Location(Localisation): Rue Roudolf Douala Manga Bell- Messa ( "Hygiene Mobile")" You cannot win a race focusing on the distance covered but on that what lies ahead"

(Réponse au mail de JL hoche, voir ci-dessous.CB)

Bonjour,

Je ne comprends pas ce raisonnement
1 payer deux fois : n'est ce pas le cas de tous les impôts indirects?
2 bien sûr ce serait bien d'étendre cette taxe mais ce n'est pas une raison
pour supprimer celle sur les billets d'avion
3 si on prélève sur le paiement de la dette ne va-t-on pas en augmenter le
montant?
4 le problème d'UNITAID n'est pas le manque d'argent vu les sommes non
utilisées

Amicalement,
Dr Jean loup Rey santé publique

-----Message d'origine-----
part de Roche Jean-Louis
Envoyé : lundi 11 mai 2015 16:40
taxe Chirac »

Air France a raison.

Cette taxe est totalement injuste, peut appliquée (sauf par la France qui a
l'habitude de se tirer une balle dans le pied) mais surtout cette taxe
donne le sentiment de payer deux fois. Une première fois lorsque l'on paye
ses impôts et la deuxième lorsque l'on prend l'avion.

Personnellement je mettrais bien à contribution les banques avec un
prélèvement automatique sur les montants prélevés au titre des intérêts de
la dette nationale. La France à l'habitude de consacrer plus de la moitié de
ses revenus fiscaux au paiement d’intérêts de sa dette. Prélevons la
dedans, il y a assez pour placer unitaid au rang de premier bailleur mondial
d'aide.

Jean Louis Roche
Pharmacien