[remerciements à CR pour la traduction de cet article.CB]
L'Afrique du Sud va piocher dans la communauté de brevets pour les maladies
négligées
CHICAGO (Reuters) - L'Afrique du Sud va utiliser la nouvelle "communauté de
brevets" pour travailler avec les nouveaux traitements contre la tuberculose
et la malaria, devenant ainsi le premier gouvernement a bénéficier de cette
idée initiée par l'industrie.
La communauté vise à accélérer le développement de médicaments pour les
maladies négligées en permettant de partager librement les informations
détenues par les labos et les institutions académiques.
Mamphela Ramphele, présidente de l'agence sud-africaine de l'innovation
technologique - South African Technology Innovation Agency, a annoncé
mercredi que son agence va utiliser les brevets et le savoir-faire mis à
disposition par la communauté mise en place l'an dernier par
GlaxoSmithKline.
La communauté dispose de plus de 2.300 brevets mis à la disposition de
l'industrie, les organisations sans but lucratif et les chercheurs
académiques pour développer de nouveaux traitements contre la malaria, le
cholera et plus d'une douzaine d'autres maladies.
"La TB ravage la population d'Afrique du Sud, en particulier les malades
dont le système immunitaire est vulnérable à cause du SIDA. Nous sommes très
désireux de pouvoir produire de nouveaux médicaments en réponse à ces
maladies" a déclaré Ramphele à la presse au congrès de l'organisation de
l'industrie des biotechnologies (Biotechnology Industry Organization) à
Chicago.
Elle a déclaré que 1.500 personnes meurent de la TB chaque jour en RAS, et
que 200.000 personnes sont infectées du SIDA.
"La communauté de brevets est un énorme accélérateur pour nous permettre
d'avoir un impact significatif" a-t-elle ajouté.
Son agence va coordonner et soutenir le développement des médicaments parmi
les labos locaux, dont iThemba Pharmaceuticals, un labo d'Afrique du Sud qui
a déjà annoncé des plans pour utiliser la communauté dans ses recherches
contre la TB.
La communauté dispose maintenant des brevets et des moyens de Alnylam
Pharmaceuticals, du Emory Institute for Drug Discovery, et du Massachusetts
Institute of Technology, qui ont annoncé mercredi vouloir participer à cette
communauté.
Ces mesures sont destinées à 50 pays considérés comme les moins développés
au monde, dont beaucoup sont en Afrique.
PARTAGER LE SAVOIR-FAIRE
Melinda Moree, chef exécutif de BIO Ventures for Global Health, qui conduit
les efforts, a déclaré que la communauté non seulement permet un accès libre
aux brevets, mais aussi au savoir-faire et à l'expertise.
"Sincèrement, l'expertise et le savoir-faire sont parmi les aspects les plus
valables du développement des médicaments, et aussi des choses que les
entreprises partagent rarement" déclare-t-elle dans un entretien.
"Cette communauté possède ces deux aspects (brevet et expertise), ce qui, à
mon avis, est plutôt spécial".
Moree a aussi déclaré que d'autres labos pensent à se joindre à cette
communauté, sans les nommer. La communauté possède des brevets de composants
qui peuvent devenir des médicaments.
"Toute la base de la communauté repose sur l'ouverture du processus
d'innovation de la recherche de médicaments pour les maladies négligées. Des
millions de malades en souffrent tous les jours. La recherche est absente.
Des dizaines de millions de malades sont trop pauvres pour pouvoir payer ces
traitements" a déclaré Moree dans une conférence.
"C'est vraiment un pas en avant de l'industrie de tenter un nouveau modèle à
propos d'un sujet qui a déclenché un débat houleux à propos de la propriété
intellectuelle" a-t-elle ajouté.
Les labos ont allumé un incendie pour avoir défendu outrageusement leurs
brevets barrant la route à des concurrents moins chers, même dans les pays
les plus pauvres, où on ne peut pas s'offrir les produits de marque.
Glaxo et d'autres ont répondu en vendant les ARV dans certains coins sans
faire de bénéfice et en offrant des licences à des fabricants de génériques.