[e-med] Le rôle de la circoncision dans la réduction du risque VIH s'affirme

[Nous avons déjà eu à débattre de ce sujet sur e-med, mais le sujet revient en force... comment garantir que la circoncision se fasse dans les meilleures conditions d'hygiène et prévenir la transmission de maladies ? CB]

Afrique: Le rôle de la circoncision dans la réduction du risque VIH
s'affirme
http://fr.allafrica.com/stories/200612140843.html
UN Integrated Regional Information Networks
14 Décembre 2006
Publié sur le web le 14 Décembre 2006
Johannesbourg

Des essais visant à établir une relation entre la circoncision masculine et
le risque d'infection au VIH ont été prématurément interrompus, les
résultats obtenus prouvant d'ores et déjà que les hommes circoncis avaient
moins de risques de contracter le virus que les autres.

L'Institut national des allergies et maladies infectieuses (NIAID), qui fait
partie de l'Institut national (américain) de la santé (NIH), a annoncé
l'arrêt prématuré de deux essais cliniques évaluant l'impact de la
circoncision masculine sur le risque de transmission du VIH après qu'un
examen intermédiaire des données a révélé que la circoncision effectuée chez
l'homme adulte diminuait fortement les risques de contamination par le VIH,
par voie sexuelle.

Les résultats de l'étude, qui devait durer jusqu'à mi-2007, menée à Kisumu,
une ville située dans l'ouest du Kenya, sur quelque 3 000 hommes
séronégatifs, montrent que le risque de contracter le virus est réduit de 53
pour cent chez les hommes circoncis.

Selon les conclusions d'une autre enquête conduite dans le district de
Rakai, au centre de l'Ouganda, à laquelle ont participé près de 5 000 hommes
séronégatifs, ce risque est également réduit de 48 pour cent chez les hommes
circoncis.

«Ces résultats sont d'un grand intérêt pour les politiques de santé publique
et ceux qui mettent en place des programmes généraux de prévention contre le
sida», a déclaré le docteur Elias Zerhouni, directeur du NIH.

La circoncision masculine, «effectuée en toute sécurité dans un
environnement médical, vient compléter un ensemble de mesures de prévention
du VIH et pourrait réduire le poids du VIH/SIDA, notamment dans les pays
d'Afrique sub-saharienne, où d'après les estimations de l'Onusida de 2005,
2,8 millions de nouvelles contaminations ont lieu chaque année», a-t-il
poursuivi.

Les conclusions de cette nouvelle étude viennent confirmer les résultats
d'essais cliniques menés l'année dernière par une équipe de scientifiques
français et sud-africains, selon lesquels la circoncision réduirait les
risques de transmission du VIH/SIDA de 60 pour cent.

Les écarts entre les hommes circoncis et les hommes non-circoncis étaient
tellement évidents que les essais cliniques ont été arrêtés prématurément -
ne pas pouvoir offrir la possibilité aux hommes non-circoncis du groupe
témoin de se faire opérer allant à l'encontre de l'éthique médicale.

Plus de 30 études menées à travers le monde ont indiqué que la circoncision
permettait de réduire les risques pour les hommes d'être infectés par le
VIH, mais l'essai clinique effectué en Afrique du Sud a été la première
étude clinique aléatoire à définir l'étendue de la protection assurée par la
circoncision.
Plusieurs pays africains ont déjà pris des initiatives en se fondant sur les
résultats de l'étude menée en Afrique du Sud et souhaitent intégrer la
circoncision masculine dans leurs stratégies nationales de prévention de
l'épidémie.

La Zambie et le Swaziland ont tous deux lancé des programmes nationaux de
circoncision masculine, au moment où la Communauté de développement de
l'Afrique australe (SADC) présente, dans un nouveau rapport, la circoncision
comme «une intervention chirurgicale unique qui réduit pour toujours les
risques biologiques.»

D'autres pays, comme l'Afrique du Sud, ont attendu la publication des
résultats des études conduites au Kenya et en Ouganda avant de lancer une
action.
Le NIAID a rappelé que la circoncision à elle seule ne permettait pas de
protéger les hommes d'une contamination au VIH lors d'un rapport sexuel et a
souligné que «la circoncision faisait partie d'une stratégie de prévention
plus large, qui inclut la fidélité et l'utilisation systématique du
préservatif lors des relations sexuelles.»

Des acteurs de la lutte contre le sida ont à plusieurs reprises tiré la
sonnette d'alarme et souligné la nécessité d'éviter la confusion entre
«réduction» du risque d'infection au VIH et «élimination» de ce risque -ce
que ne permet en aucun cas la circoncision seule.