[comme en écho au mail d'Ermus MUSAMA voici l'expérience des pharmaciens du Burkina qui ont exercé leur droit de réponse dans la presse.CB]
Burkina Faso
Lutte contre la fraude : Saisie record de médicaments douteux
mardi 18 août 2009
http://www.lefaso.net/spip.php?article32847&rubrique4
Cest un véritable coup de massue que le Coordination nationale de lutte
contre la fraude (CNLF) vient dassener aux trafiquants de produits
pharmaceutiques. Il a, en effet, saisi dans la matinée du lundi 17 août 2009
à la lisière de Saponé, sur laxe Ghana-Burkina, un important lot de
médicaments douteux, estimé à plus de vingt millions de nos francs.
Une belle prise. Cest ainsi que lon pourrait qualifier la saisie de
produits pharmaceutiques de qualité douteuse par la Coordination nationale
de lutte contre la fraude (CNLF), hier 17 août 2009 aux abords de Saponé. Il
sagit dune vingtaine de sacs de 100 kilogrammes contenant essentiellement
du paracétamol, des cartons dibuprofène, damphétamines, des sachets de
stérilisants
ainsi que des herbicides.
Les trafiquants de ces produits sont tombés dans les mailles du filet de
léquipe de Douane qui a mené lopération. Selon lassistant de douane
Abdoulaye Kiemdé, cest suite à lappel très tôt, hier matin, de leurs
indics et avec lappui de la CNLF, qui a mis les moyens nécessaires à leur
disposition, quils ont pu intercepter ces médicaments entrant illégalement
dans notre pays en provenance du Ghana.
Cette saisie est estimée à plus de 20 millions de F CFA et ces produits,
assurément, constituent un danger pour la population, puisque destinés à la
consommation locale, a précisé le coordonnateur de lorganisation, Paténéma
Kalmogo.
En plus dêtre dans la rue, ces médicaments, a-t-il déploré, peuvent même se
retrouver en pharmacie puisque certains pharmaciens accrédités
sapprovisionnent, et cest regrettable, avec les trafiquants. A lentendre,
nous sommes tous interpellés par le phénomène, qui constitue un problème de
santé publique.
Cest pourquoi il a invité les populations à alerter les forces de sécurité
chaque fois quelles soupçonneront des cas de fraude ou quelles verront des
produits illicites sur le marché. Pour lui, « cette prise est un coup dur
porté au phénomène de la fraude et fatal au propriétaire de la marchandise,
qui ne sen remettra pas. Mais la lutte contre la fraude est de longue
haleine et difficile dautant plus que lorsquun réseau est démantelé, un
autre se met rapidement en place ».
Cette situation, a-t-il poursuivi, remet sur le tapis la problématique des
moyens mis à leur disposition pour lutter contre les fraudeurs, « Il faut un
fonds destiné à la lutte contre la fraude ». Renchérissant, Abdoulaye Kiemdé
a précisé que cétait grâce à leurs indics que leurs opérations
aboutissaient, en général. Aussi est-il nécessaire, selon lui, de mettre à
la disposition du CNLF des moyens pour désintéresser lesdits informateurs.
Bénédicte Toé (Stagiaire)
LObservateur Paalga
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Saisie de médicaments frauduleux : Droit de réponse du Syndicat des
pharmaciens
jeudi 27 août 2009
http://www.lefaso.net/spip.php?article32974&rubrique4
Suite à la publication de larticle sur les "médicaments" frauduleux, nous
avons reçu du Syndicat des pharmaciens du Burkina, cette correspondance
adressée au coordonnateur nationale de lutte contre la fraude et qui tient
lieu de droit de réponse.
Monsieur le Coordonnateur national,
Cest par les presses audiovisuelle et écrite, en loccurrence LObservateur
paalga n° 7447 du mardi 18 août 2009 que nous avons appris limportante
saisie de produits pharmaceutiques frauduleux que vos services, en
collaboration avec la douane, ont effectuée.
Le Syndicat des pharmaciens et lensemble des confrères se félicitent et
vous félicitent pour cette action salvatrice pour la santé des populations.
Professionnels du médicament, donc responsables de la garde des poisons que
peuvent être les médicaments de par la loi portant code de santé publique,
nous avons toujours attiré lattention des autorités et des populations sur
les dangers que constituent ces produits contrefaits. Cest la raison pour
laquelle, chaque année, en partenariat avec :
notre ministère de tutelle quest le ministère de la Santé ;
lordre des pharmaciens ;
le ministère de la Sécurité à travers le Comité national de lutte contre
la drogue ;
le Réseau médicament et développement (ReMeD) et bien dautres structures,
nous sensibilisons les populations autour du même slogan : "les médicaments
de la rue, ça tue". Les différentes communes urbaines, en particulier la
mairie de Ouagadougou que nous félicitons au passage, ont compris
limportance de notre lutte et se lont appropriée avec, pour seule limite,
la modicité de leurs moyens.
Lors des rencontres gouvernement/secteur privé, nous avons eu lopportunité
de poser le problème auprès des plus hautes autorités qui nous ont écoutés
avec une attention particulière.
Cest au regard de tout ce qui précède que nous voyons en votre action un
renforcement de la lutte concertée des différents acteurs qui ne prendra fin
quavec la disparition du phénomène des médicaments dans la rue.
Cependant, en lisant larticle, certains de vos propos tendent à incriminer
des confrères impliqués dans ce sinistre trafic. Permettez-nous davoir des
doutes par rapport à une telle éventualité. Dabord et simplement parce
quil ny a aucun intérêt particulier, ensuite par le fait que nous avons
prêté serment pour ne pas nous impliquer dans ces basses pratiques et autres
du même genre et enfin parce que nous exerçons notre profession sous le
contrôle du ministère de la Santé.
Le circuit dapprovisionnement pharmaceutique est organisé et réglementé par
le code de santé publique et notamment larrêté portant circuit de
distribution des médicaments au Burkina Faso. Dans ce circuit, nous
retrouvons une structure privée de contrôle (COTECNA), ladministration
douanière et une structure publique de contrôle de qualité comme le
Laboratoire national de santé publique et le ministère de la Santé à travers
la Direction générale de la Pharmacie, du médicament et des laboratoires
(DGPML).
De telles pratiques constitueraient une violation grossière sans précédent
des règles établies et porteraient atteinte à lhonneur et à la dignité de
la profession. Cest pourquoi nous vous prions instamment de publier la
liste de ces brebis galeuses qui se seraient infiltrées parmi nous par voie
de presse afin que des sanctions disciplinaires puissent être prises, en
attendant les éventuelles poursuites que le ministère de la Santé, qui a
octroyé les autorisations dexercer, pourrait entreprendre.
Mais si daventure vous avez été induit en erreur et quaucun pharmacien
nest concerné, nous vous serons fort reconnaissants de le faire savoir par
le même canal, en guise dexcuses, afin que les pharmaciens qui exercent au
Burkina soient rétablis dans leur dignité et leur honneur bafoués à la
lecture de vos propos.
Tout en vous réitérant, Monsieur le Coordonnateur national, notre ferme
soutien et notre pleine collaboration, nous vous assurons de notre
détermination à extirper de nos rangs tout élément corrompu afin que la
réputation et la confiance dont nous bénéficions des pouvoirs publics et des
populations demeurent intactes. Salutations distinguées.
Dr Camille N. Kaboré, Chevalier de lOrdre du mérite burkinabè
LObservateur Paalga