[le personnel de santé des hôpitaux serait unesource d'approvisionnement du marché illicite... avec la complicité des prescripteurs et à l'insu des malades ?
est-ce le cas dans d'autres pays ? quelles enquêtes mener et quelles
solutions prroposer ? CB]
Madagascar: Médicaments - le trafic refait surface
Midi Madagasikara (Antananarivo)
17 Janvier 2007
Publié sur le web le 17 Janvier 2007
Hanitra Ramahatra
Maintenant, ils se font plus discrets. Avant, ils abordaient les passants
pour ensuite - dans le cas où ces derniers étaient intéressés - les guider
vers la caverne d'Ali Baba d'Ambohipo ou d'Ambolokandrina. Là où prospérait
le marché illicite de médicaments.
Et « ils », ce sont ces démarcheurs pas comme les autres qui, il y a
quelques temps encore, n'attendaient plus l'arrivée des clients en quête de
médicaments à bas prix, mais allaient les chercher jusque dans la rue.
Aujourd'hui, ils sont quasiment invisibles.
Car malgré les nombreuses descentes inopinées des forces de l'ordre dans ces
endroits pour démanteler un véritable réseau, le commerce n'a pas totalement
disparu. Le marché parallèle refait donc régulièrement surface.
Les médicaments qui y sont vendus sont généralement des antalgiques et des
antibiotiques, des anti-inflammatoires, des médicaments pour le traitement
de l'hypertension ou les maladies cardiaques, mais également des médicaments
vendus très chers en pharmacie. Les prix défient toute concurrence. Les
clients se posent tout de même des questions quant à l'origine de ces
produits. Quelques habitués ont leur petite idée sur la question, sans oser
véritablement accuser ceux qui alimentent le trafic.
Les soupçons vont vers un circuit alimenté, entre autres, par des
professionnels de la santé « En poste dans des établissements hospitaliers,
ils parviennent, d'une manière que j'ignore, à « mettre de côté » des
produits pharmaceutiques qui ne sont pas toujours des stocks des hôpitaux
mais viennent plutôt des malades, pour les revendre ailleurs », explique
l'un de ces habitués.
Et d'ajouter qu'il est « impossible d'obtenir des preuves de ces pratiques,
sans l'intervention des forces de l'ordre et des enquêtes internes dans les
établissements ». Le coût très bas des médicaments du marché illicite
explique évidemment les difficultés à combattre ce type de trafic.