[le communiqué de presse original en anglais : http://healthcouncilcanada.ca/docs/PR/2006/PR_DTCA_jan06ENG.pdf
Pour télécharger le rapport en anglais : http://healthcouncilcanada.ca/docs/papers/2006/hcc_dtc-advertising_200601_e_v6.pdf.
La traduction en français est à venir, elle sera disponible à partir de cette page : http://www.healthcouncilcanada.ca/fr/index.php?option=com_content&task=view&id=12&Itemid=10]
Un document présenté au Conseil de la santé conclut que les éléments de preuve ne sont pas suffisants pour appuyer la publicité directe aux consommateurs des médicaments d'ordonnance
TORONTO, le 30 janv. /CNW/ - Dans l'intérêt de la sécurité des patients
et de la santé publique, le gouvernement devrait mettre un frein à la
publicité directe aux consommateurs (PDC) des médicaments d'ordonnance,
conclut un document préparé pour le Conseil canadien de la santé et diffusé
aujourd'hui.
Ce document, intitulé Publicité directe aux consommateurs des médicaments
d'ordonnance au Canada : quelles en sont les conséquences sur la santé
publique?, a été rédigé par Barbara Mintzes, chercheuse de l'Université de la
Colombie-Britannique, qui a examiné les études existantes afin de déterminer
si une telle publicité améliore les résultats pour le patient ou la sécurité
du patient.
"Rien ne prouve vraiment que la PDC augmente le respect de la médication
chez les patients, qu'elle permet un diagnostic hâtif plus approprié des
affections insuffisamment traitées ou qu'elle prévient les hospitalisations et
les conséquences de maladies graves", indique Mintzes, ajoutant qu'une plus
grande exposition à la PDC entraîne une augmentation des demandes de
médicaments d'ordonnance.
Le document, que l'on peut consulter sur le site Web du Conseil canadien
de la santé (www.healthcouncilcanada.ca), examine les restrictions actuelles
sur la publicité directe aux consommateurs, étudie les arguments pour
maintenir, resserrer ou assouplir les règlements et évalue comment d'autres
pays ont abordé la question. L'analyse influencera la position du Conseil sur
la question, et les détails seront précisés dans le deuxième rapport annuel du
Conseil aux Canadiens. Le rapport sera diffusé à Ottawa le 7 février.
"Les consommateurs ont le droit d'être informés, mais la question est de
savoir si la diffusion de l'information au moyen d'une expansion des
publicités directes aide vraiment les patients", indique le président du
Conseil Michael Decter.
La Loi sur les aliments et drogues du Canada frappe d'une interdiction
générale la publicité des médicaments d'ordonnance auprès de la population.
Toutefois, les changements à l'interprétation de cette loi ont mené à deux
types de publicités sur les médicaments au Canada : les "publicités de
rappel", qui présentent seulement les marques sans affirmations sur la santé,
et les "publicités de recherche d'aide", qui évoquent des maladies sans
proposer un produit particulier. Il n'est pas obligatoire de donner des
renseignements sur les risques pour la santé, le coût du produit ou sur la
mesure dans laquelle il se compare aux médicaments similaires. L'exposition
aux publicités américaines a également énormément augmenté depuis 1997,
lorsque les Etats-Unis ont assoupli leurs règlements sur la publicité
radiophonique et télévisée. Le document examine plusieurs publicités qui ont
contribué à définir le débat sur cette question tout en soulevant des
préoccupations concernant les répercussions sur la santé publique. Bob
Nakagawa, président du groupe de travail sur la politique relative aux
médicaments du Conseil de la santé, soulève comme problème que les publicités
directes aux consommateurs des médicaments d'ordonnance pourraient "engendrer
des torts inévitables en stimulant la consommation non nécessaire et
inappropriée de médicaments, oubliant souvent de présenter des évaluations
équilibrées de la valeur du médicament en question".
Depuis 1996, il y a eu trois grandes consultations sur le changement de
la législation actuelle et l'ouverture du Canada à une plus large utilisation
de la PDC. En 2004, le Comité parlementaire permanent de la santé a publié un
rapport intitulé Dans l'armoire à pharmacie, dans lequel on demandait une plus
grande application des interdictions actuelles relatives aux publicités des
médicaments d'ordonnance parrainées par l'industrie et la création d'une
information indépendante et financée par l'Etat sur les médicaments.
Mintzes indique que les Canadiens ont besoin d'avoir accès à des
renseignements sur les nouveaux médicaments et sur la mesure dans laquelle ils
se comparent aux anciens traitements. "Cependant, l'information doit être
impartiale et dans l'intérêt du patient, et elle devrait être intégrée aux
services de santé", précise t-elle.
Mintzes fait les recommandations suivantes:
1. La publicité directe aux consommateurs des médicaments d'ordonnance
ne devrait pas être introduite au Canada. Les recommandations qui
figurent dans le rapport de 2003 sur la PDC du Comité parlementaire
permanent de la santé, Dans l'armoire à pharmacie, devraient être
appuyées et mises en oeuvre.
2. Les Canadiens ont besoin d'une éducation et de renseignements
indépendants et financés par l'Etat sur les médicaments et autres
traitements.
3. Les Canadiens ont besoin d'une meilleure application de la
réglementation régissant la promotion pharmaceutique auprès des
médecins et la PDC.
4. Eliminer les échappatoires que l'on trouve dans la Loi sur les
aliments et drogues (clause C.01.044), qui visait à permettre la
publicité comparative des prix, mais qui a autorisé l'expansion de
la "publicité de rappel".
5. Réviser la politique sur la publicité radiophonique et télévisée
transnationale. Le Canada devrait évaluer si la politique de longue
date des publications de magazine "séparées", qui omet les
publicités sur le tabac et les médicaments d'ordonnance, pourrait
être reprise par les médias électroniques.