[e-med] Sida: la circoncision ne réduit pas les risques lors de rapports homosexuels

Sida: la circoncision ne réduit pas les risques lors de rapports
homosexuels WASHINGTON, 7 oct 2008 (AFP)

La circoncision dont des études ont montré qu'elle réduisait de plus de
50% le risque d'infection avec le virus du sida, ne paraît pas faire de
différence dans les rapports sexuels entre hommes, selon des travaux
publiés mardi.

Cette conclusion résulte d'une vaste analyse de plusieurs recherches
faites précédemment qui ne montrent pas de manière probante que la
circoncision diminue le risque de contracter le virus de
l'immunodéficience humaine (VIH) ou d'autres infections sexuellement
transmissibles chez les homosexuels, expliquent les auteurs de l'étude qui
paraît dans le Journal of the American Medical Association (JAMA) daté du
8 octobre.

Des essais cliniques conduits en Afrique ont prouvé que la circoncision
réduisait de 50 à 60% le risque de transmission du VIH de la femme à
l'homme, une découverte qui a conduit à parler "d'un vaccin chirurgical",
une méthode bon marché et sans risque pour protéger les hommes du sida.

Ces études laissent aussi penser que la circoncision pourrait protéger les
hommes hétérosexuels contre d'autres infections vénériennes comme la
syphilis ou la chlamydia, une bactérie particulièrement contagieuse.

Mais les effets bénéfiques de la circoncision étaient encore largement
inconnus pour les hommes ayant des relations homosexuelles.

Le Dr Gregorio Millett des Centres fédéraux de contrôle et de prévention
des maladies (CDC) a procédé à une méta-analyse de 15 études examinant le
lien entre circoncision et taux d'infection du VIH et d'autres maladies
sexuellement transmissibles.

Ces études ont porté sur 53.567 hommes dont 52% étaient circoncis.

Les chercheurs ont conclu que le risque de devenir infecté avec le VIH
était très légèrement plus bas chez les sujets circoncis mais cette
différence est statistiquement insignifiante.

En revanche, une différence statistique montrant des effets protecteurs de
la circoncision contre l'infection du VIH est significative dans les
études conduites avant la mise sur le marché des anti-rétroviraux en 1996,
relève le Dr Millet, l'un des co-auteurs de ces travaux.

Après la généralisation de ces tri-thérapies, cet avantage de la
circoncision dans la protection contre l'infection du VIH s'est évaporé,
expliquent ces scientifiques.

"Cette différence pourrait s'expliquer selon eux par un accroissement des
comportement sexuels risqués parmi les homosexuels avec l'arrivée des
anti-rétroviraux".

Des sondages ont montré que de nombreuses personnes notamment dans la
communauté homosexuelle pensaient que les anti-rétroviraux réduisaient le
risque de transmission du VIH ce qui a entraîné un nette augmentation du
taux d'infection, notent les auteurs de cette méta-analyse.

"Pris dans leur ensemble, les résultats de cette méta-analyse ne mettent
pas en évidence, dans les études conduites parmi les hommes ayant des
rapports sexuels entre-eux, une relation entre la circoncision et une
diminution du risque d'infection par le VIH", écrivent-ils.

"D'autres recherches sont de ce fait nécessaires pour élucider le lien
entre circoncision et taux d'infection avec le VIH parmi les homosexuels",
selon eux.

La circoncision est théoriquement efficace parce que le prépuce, la peau
et les muqueuses recouvrant le gland du pénis, est un point d'entrée pour
le VIH, car il est riche en cellules dites de Langerhans, un tissu que le
virus pénètre aisément.