[e-med] TYPHON HAIYAN: prévenir et limiter les dons sauvages et désorganisés de médicaments

Communiqué de presse TYPHON HAIYAN
Pharmacie et aide humanitaire (PAH)
18 novembre 2013

En situation d¹urgence, les médicaments au bon endroit, au bon moment,
sont des éléments vitaux pour assurer les premiers secours. Souvent, les
autorités nationales sont confrontées à des défis opérationnels comme un
accès difficile et ont souvent du mal à contrôler l¹afflux, la
consommation et l¹utilisation rationnelle des médicaments. De plus, la
qualité des médicaments est souvent minimisée et la gestion des déchets
fait défaut voire sont ignorés. Le cumul du manque de coordination, les
carences en gestion pharmaceutique, la multiplicité d¹acteurs médicaux de
différentes nationalités, l¹encombrement des pharmacies d¹urgence et le
fait que les spécialités pharmaceutiques ne soient pas répertoriées dans
la Liste Nationale de Médicaments Essentiels du pays sont autant
d¹obstacles freinant l¹impact de l¹aide médicale[1] <#_ftn1>.
11.3 MILLIONS DE PERSONNES on été affecté par le Typhon Haiyan dans 9
régions des Philippines. Les partenaires humanitaires, et plus
particulièrement les organisations médicales internationales sont
actuellement sur place pour évaluer les besoins et coordonner la première
réponse. Cette urgence, à l¹échelle et à la complexité singulière,
nécessite un apport en intrants pharmaceutiques considérables car la
plupart des infrastructures sanitaires ont été détruites, et plus de 650
000 déplacés sont en attente d¹un support psychologique et médical
immédiat.

L¹accès aux blessés reste un véritable défi et les priorités santé
définies par le Ministère de la Santé philippin et l¹OMS (Organisation
Mondiale de la Santé) sont pour l¹instant la vaccination rougeole & polio
et l¹accès à une eau saine. La propagation du choléra et de la fièvre
typhoïde sont également un des plus grands risques répertoriés. Cet appui
nécessite donc un support logistique en médicaments avec un accent sur la
chaine du froid.

Cependant, des cas de drug dumping (écoulement de stocks de médicaments)
avec des dates d¹expiration inferieures à 3 mois et non basés sur les
besoins immédiats ont déjà été refusés au sein des organisations médicales
humanitaires et il est toujours important de rappeler aux donateurs
l¹importance des principes directeurs applicables aux dons de médicaments
de l¹OMS pour permettre une réponse cohérente et organisée[2] <#_ftn2>.

PHARMACIE ET AIDE HUMANITAIRE de par son expérience lors des situations
d¹urgence, a pu souvent prévenir et limiter les dons sauvages et
désorganisés de médicaments.

Stop au Drug Dumping

Après le tremblement de terre de 2010 en Haïti[3] <#_ftn3>, sur 350 m3
d¹intrants pharmaceutiques triés, 54% des médicaments n¹appartenaient pas
à la Liste Nationale de Médicaments Essentiels, ne correspondaient pas à
la langue nationale, ou avaient une date d¹expiration trop courte. Les
ressources humaines et financières pour gérer ces donations ont été trop
importantes et à l¹heure actuelle, la plupart de ces donations sont
devenues déchets pharmaceutiques.
Plus de 20 000 tonnes de périmés, nuisibles pour l¹environnement sont à
détruire sur l¹ensemble du pays.
Afin d¹éviter les ruptures de stocks de médicaments essentiels à cette
urgence mais aussi afin d¹éviter les sur stockages encombrant les
entrepôts, il est primordial de réguler les kits d¹urgence.
Ceux-ci ne sont pas toujours adaptés et leur déconditionnement et
redistribution nécessitent des moyens logistiques et financiers[4]
<#_ftn4>.

Nous lançons donc un appel à la mise en place d¹une plateforme de
coordination et d¹opération pharmaceutique coordonnée avec le Ministère
de la Sante philippin et axées sur les besoins prioritaires de santé
prioritaires afin :
Ø De réguler en amont les donations internationales
Ø De sécuriser, coordonner et centraliser l¹approvisionnement
pharmaceutique

Au Pays donateurs d¹intrants : de s¹assurer de la qualité des dons envoyés
et de leur conformité aux besoins. Un « mauvais don », c¹est une perte de
temps et d¹argent due au tri des molécules inadaptées et des produits
périmés qui in fine devront être détruits. L¹acte de donation a donc un
impact négatif sur la santé publique et devient un acte pollueur,
préjudiciable et dommageable.

A l¹Organisation Mondiale de la Santé : de continuer d¹exercer leur rôle
de plaidoyer et de pression sur les pays & industries pharmaceutiques
donateurs ainsi que de poursuivre leur appui aux autorités sanitaires
nationales et locales pour la gestion des médicaments.

A tous les Acteurs Santé : d¹être en conformité avec les protocoles et
règlements nationaux et internationaux relatifs aux intrants
pharmaceutiques et de soutenir les autorités nationales et locales pour le
respect de ces normes.

A l¹ensemble de la communauté internationale : de prévenir et limiter les
dons sauvages des particuliers et individus de leurs pays respectifs.

Jean Louis MACHURON ­ Président
Kasra MOFARAH - Directeur Général
+33 149 01 00 90
Voir site www.pharmahuma.org

[1] <applewebdata://8F11A2A7-D5B3-49A6-87FC-1D7989681BB3#_ftnref1>
Pharmaciens Sans Frontières Comité International Etude sur les dons de
médicaments au Sri Lanka après le tsunami

[2] <applewebdata://8F11A2A7-D5B3-49A6-87FC-1D7989681BB3#_ftnref2> OMS
Principes Directeurs applicables aux dons de médicaments

http://www.who.int/medicines/publications/med_donationsguide2011/en/

[3] <applewebdata://8F11A2A7-D5B3-49A6-87FC-1D7989681BB3#_ftnref3>
Pharmacie et Aide Humanitaire Institut Pasteur, Problème des médicaments
reçus en situation d¹urgence. Exemple récent d¹Haïti