L’OMS identifie 17 agents pathogènes prioritaires pour le
développement de vaccins
Par Le Figaro Santé et AFP agence
Publié le 5 novembre 2024 à 17h40, mis à jour le 5 novembre 2024 à 17h42
Une campagne de vaccination contre la polio à Gaza, le 2 novembre.
Dawoud Abu Alkas / REUTERS
L’autorité sanitaire internationale souhaite que les financements
soient davantage motivés par «le nombre de vies qui pourraient être
sauvées dans les communautés les plus vulnérables », que par le retour
sur investissement attendu.
L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a pour la première fois
publié mardi une liste de 17 agents pathogènes qu’elle considère comme
« des priorités absolues pour le développement de nouveaux vaccins ».
Son objectif : que celui-ci « ne soit plus centré sur le rendement
commercial mais sur les besoins régionaux et mondiaux en matière de
santé », a déclaré le Dr Mateusz Hasso-Agopsowicz, spécialiste des
vaccins à l’OMS, lors d’un point de presse. « Trop souvent, les
décisions mondiales concernant les nouveaux vaccins ont été motivées
uniquement par le retour sur investissement, plutôt que par le nombre
de vies qui pourraient être sauvées dans les communautés les plus
vulnérables », indique dans un communiqué le Dr Kate O’Brien,
directrice du département Vaccination, vaccins et produits biologiques
de l’OMS.
Il s’agit du « premier effort mondial visant à établir des priorités
en matière d’agents pathogènes endémiques sur la base de critères
comprenant la charge de morbidité régionale, le risque de résistance
aux antimicrobiens et l’impact socio-économique », explique l’OMS dans
ce communiqué qui accompagne un article publié dans la revue
eBioMedicine . Cette liste complète le plan directeur de l’OMS en
matière de recherche et développement sur les épidémies, qui identifie
les pathogènes susceptibles de provoquer de futures épidémies.
VIH, paludisme ou tuberculose en font évidemment partie, ces trois
maladies faisant près de 2,5 millions de victimes chaque année dans le
monde. Mais s’y ajoutent d’autres pathogènes, comme le streptocoque du
groupe A, Klebsiella pneumoniae et d’autres, qui s’avèrent de plus en
plus résistants aux antimicrobiens disponibles. Pour dresser sa liste,
l’OMS a demandé à des experts d’identifier pour chaque région du monde
les dix agents pathogènes prioritaires, puis a formé une liste
mondiale de 17 d’entre eux. « Cinq agents pathogènes constituaient des
priorités communes à toutes les régions, écrivent les auteurs de la
publication : M tuberculosis, HIV-1, K pneumoniae, S aureus et E. coli
pathogène extra-intestinal. Six agents pathogènes étaient prioritaires
dans une seule région. »
Différents stades de développement
Le développement des vaccins contre ces 17 agents pathogènes en est à
différents stades, certains étant encore au stade de la recherche,
comme pour l’hépatite C, tandis que pour d’autres des vaccins sont sur
le point d’être approuvés par les autorités réglementaires, de faire
l’objet d’une recommandation politique ou d’être introduits sur les
marchés, comme pour le virus de la dengue. Au total, l’OMS identifie 4
pathogènes «pour lesquels des recherches sur les vaccins sont
nécessaires» (streptocoque du groupe A, virus de l’hépatite C, VIH-1
et Klebsiella pneumoniae), 8 «pour lesquels la mise au point de
vaccins doit être poursuivie» ( Cytomégalovirus, virus de la grippe -
vaccin à large protection -, espèces de Leishmania, Salmonelle non
typhoïdique, Norovirus, Plasmodium falciparum, espèces de Shigella,
Staphylococcus aureus) et 5 pour lesquels les vaccins sont disponibles
dans certains pays ou sur le point de l’être (virus de la dengue,
streptocoque du groupe B, E. coli pathogène extra-intestinal,
Mycobacterium tuberculosis, virus respiratoire syncytial).
Ces vaccins « réduiraient considérablement les maladies qui affectent
grandement les communautés aujourd’hui » mais « également les coûts
médicaux auxquels sont confrontés les familles et les systèmes de
santé », a souligné dans le communiqué la Dr Kate O’Brien. Le Dr
Hasso-Agopsowicz a expliqué que les 17 agents pathogènes concernent
principalement les pays à faible revenu. « Ce qui s’est généralement
produit dans le passé, c’est que la recherche et le développement de
vaccins ont été influencés par la rentabilité des nouveaux vaccins.
Cela signifie que les maladies qui touchent gravement les régions à
faible revenu reçoivent malheureusement beaucoup moins d’attention,
a-t-il indiqué. Avec cette liste, nous espérons leur donner une
orientation. Nous leur donnons la direction. »