Repenser les données probantes sur la COVID-19 en Afrique

The Lancet
Revue en ligne le 4 avril 2025

Repenser les données probantes sur la COVID-19 en Afrique
Pr Philip Bejon , FMedSci a , b philip.bejon@ndm.ox.ac.uk∙Professeur
Ambrose Agweyu , PhD a , d∙L Isabella Ochola-Oyier , PhD a , c∙Mainga
Hamaluba , MD a , c∙Dorcas Kamuya , PhD a , c∙Sam Kinyanjui , PhD a ,
c∙ et al.Afficher plus

Résumé

On prédisait que la pandémie de COVID-19 entraînerait une mortalité
importante en Afrique. Cependant, certains pays africains présentaient
une absence frappante d’hôpitaux débordés et une faible mortalité
déclarée. Le contraste marqué avec les hôpitaux débordés et la
mortalité élevée observés en Europe et dans d’autres pays à revenu
élevé a été perçu comme déroutant et paradoxal. Dans cette revue, nous
réfléchissons aux explications possibles de ce paradoxe, en nous
référant notamment aux observations faites sur le terrain au Kenya.
Les données probantes ne concordent pas avec l’idée que la réduction
de la transmission virale ou une surveillance insuffisante soient les
principales explications de cet écart. La structure par âge de la
population est une explication importante, mais incomplète, de
l’épidémiologie. En raison de la forte prévalence des infections
asymptomatiques, de la faible mortalité et de la réduction des
réponses inflammatoires, nous émettons l’hypothèse que certaines
populations africaines pourraient avoir une sensibilité réduite à la
COVID-19 symptomatique. Cette réduction des réponses inflammatoires
pourrait résulter de l’immunorégulation ou de l’immunité cellulaire
croisée prépandémique, bien que les données ne soient pas définitives.
Les données locales sont essentielles pour élaborer des politiques de
santé publique qui correspondent à la réalité du terrain plutôt qu’aux
perceptions externes.

Article en anglais disponible ici :
https://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(25)00071-4/abstract?dgcid=raven_jbs_aip_email