"un grossiste-exportateur de médicaments a été condamné lundi à Clermont-Ferrand à deux ans de prison avec sursis pour avoir revendu en france des médicaments destinés à l'Afrique et achetés à prix réduit."
Chers e-mediens,
C'est quoi ces médicaments fabriqués ailleurs et dont la consommation est reservée à l'Afrique seule ? Qui ne peuvent être ni vendus, ni consommés en France et surtout achetés à un prix réduit, le contenu est fait de quoi ?
Pharmacien Denis NKASHAMA
MbujiMayi/ Kasai Oriental
nkshm_nmb@yahoo.fr
Je suis tout à fait d'accord que l'on se pose cette question. Pourquoi ces médicaments seraient interdit de consommation en France? Acheter à bas prix et destiné à l'importation pour l'Afrique.
Emi.Ipala@swisscom.com
[merci de donner vos coordonnées losque ovos intervenez sur e-med.CB]
Il s'agissait de médicaments venant de Tunisie.
Serge Barbereau
Il s'agit tout simplement d'un commerçant qui exerçait le marché parallèle
de médicaments par le biais d'un réseau qu'il a monté dans certains pays
africains. Il achetait des médicaments pour le compte de l'Afrique pour
bénéficier de prix réduits (car sur ce continent les frais de marketing et
de distribution sont de loin inférieurs à ceux européens) en raison du
faible pouvoir d'achat par rapport à l'Europe. Ces médicaments sont
réceptionnés en Afrique par le biais d'une société satellite qui les
réexporte vers la France. La suite est comme dans l'article: il change
l'emballage externe et les prospectus avec un faux n° de lot et revend les
vrais médicaments avec les faux emballages en Europe à des prix très
concurrentiels. Ce qui est malheureux dans tout çà c'est que pour acheter
ces médicaments il doit avoir des complices au sein des laboratoires qui
veulent assurer une bonne retraite le plutôt possible en raison de la
rotation très accélérée des cadres au sein de l'industrie pharmaceutique.
A noter que le marché parallèle des médicaments n'est pas un acte illégal
(voir accord ADPIC/OMC). Ce qui est illégal c'est la manipulation
frauduleuse qu'il a pratiquée sur les médicaments achetés et surtout la
falsification des n° de lot qui dénature complètement le médicament et
détruit toutes les garanties morales et juridiques construites autour du
patient et pour lui. Donc, la peine reçue était-elle bien méritée et surtout
est-elle suffisante sachant bien qu'il peut reprendre son activité par le
biais d'une personne écran ce qui lui permettra de tirer encore les
ficelles.
Ce qui est sûr c'est n'est pas la première affaire judiciaire de même
nature.
Lassaâd M'SAHLI
Pharmacien à Tunis
lmsahli@gnet.tn
Chers collègues,
Il s'agit de médicaments fabriqués dans les mêmes conditions que ceux vendus en Europe.
Vu le faible pouvoir d'achat de nos pays, un prix export a toujours été instauré nettement plus bas que le prix appliqué dans les pays européens.Parfois du simple au triple.
Alors, plus le produit est coûteux et plus la marge est intéressante. De quoi aiguiser l'appétit des trafiquants.
Une entente(illicite bien entendu) se fait entre l'exportateur en Europe et importateur en Afrique par exemple. La commande est faite pour un produit X destiné à l'export. Tout se fait dans les régles de l'art mais la commande ne parviendra jamais à destination.
L'importateur en Afrique reçoit un prix majorée sur le prix export, la marchandise va en Belgique et revient chez l'exportateur. Parfois elle revient de chez le transitaire(un aller et retour trés court).Parfois c'est l'exportateur qui finance l'opération.
Bien entendu, les produits export sont indentifiables à l'étiquetage.
Une opération de ce genre a été décelée en Mauritanie et a même nécessité le déplacement d'interpôle pour les besoins de l'enquête. Et malheureusement comme nous sommes un pays gravement atteint par le trafic illicite de médicaments et que la profession est maîtrisée par des commerçants,les exportateurs véreux ont vite trouvé le chemin d'une des bonnes filières.
Comme quoi, nous ne sommes pas encore au bout de nos peines.
Meilleures salutations
Cheikh Brahim
cbt_mr@yahoo.fr
Il est peut être vrai que ces médicaments avaient comme destination de
départ la Tunisie, toutefois il faut souligner que ces médicaments faisaient
l'objet d'une opération de négoce effectuée dans des entrepôts sous douanes
hors du territoire tunisien et hors de la juridiction des autorités
sanitaires tunisiennes. La réexportation était effectuée par une société
privée qui reste seule responsable de ses actes. Il faut noter que les
opérations de négoce de médicaments ont plusieurs origines telles que la
Grèce, la Belgique, la Hollande, les Etats-Unis, le Royaume-Uni,... Cela
constitue à mon avis la principale raison pour laquelle le concept de
"Marché parallèle" a été prévu et adopté dans l'Accord ADPIC/OMC et ce
n'était pas pour rendre service à un pays en développement. Dans ce contexte
certains opérateurs économiques ont exploité la faille juridique à leur
bénéfice.
Il faut rappeler que l'infraction (la falsification de l'emballage externe)
a eu lieu en France et non en Tunisie. Je trouve étonnante la facilité avec
laquelle on taxe encore les pays en développement et l'on oublie tous les
efforts consentis pour mettre en place un système qui fonctionne
correctement, même si les moyens à disposition sont vraiment limités.
Lassaâd M'SAHLI
lmsahli@gnet.tn
Sur 40.5 millions de personnes vivant avec le VIH dont 25.8 millions vivent
en Afrique subsaharienne soit environ 2/3. Cette proportion très alarmante
sexplique principalement par le faible pouvoir économique des populations
qui a pour conséquences un accès très limité aux informations justes sur la
transmission du VIH, aux moyens de prévention de linfection et de laccès
aux traitements.
Pour minimiser les effets de cette pauvreté dans la propagation du VIH, les
dirigeants des pays de lAfrique subsaharienne et de la communauté
internationales ont entre autres défis, le développement de stratégies
innovantes pour permettre à chaque habitant de ces pays davoir accès aux
services contre le VIH quelque soit son niveau socio-économique.
Compte tenu des limites des stratégies nationales isolées et la
généralisation de lépidémie, le RAME a élaboré un plan stratégique de
plaidoyer pour laccès universel aux services contre le VIH/SIDA pour la
période 2006-2008, dans lequel il est prévu un plaidoyer en faveur dune
politique sous régionale daccès aux ARV en Afrique.
Dans le contexte actuel de la mondialisation, seules les grandes entités
peuvent exploiter les opportunités des nouvelles règles commerciales. Ce qui
n'est pas encore le cas des pays subsahariens à ressources limitées. L'accès
aux médicaments est tributaire des règles du commerce mondial. Alors que le
continent africain regroupe la majorité des personnes infectées dans le
monde, les politiques sectorielles par pays ne lui offrent pas la
possibilité de profiter de l'économie d'échelle et réduisent ses capacités à
pouvoir exploiter les flexibilités des accords internationaux sur le
commerce.
Une politique sous régionale d'accès aux médicaments permettra à
l'Afrique:
- De bénéficier de l'économie d'échelle par les commandes groupées
- D'exploiter les flexibilités des accords commerciaux par des
demandes de licences obligatoires régionales qui éviteront les démarches
individuelles coûteuses et incertaines.
- De potentialiser les capacités de recherche et de production par le
développement d'un partenariat dynamique et une mise en commun des
ressources.
En outre, le succès dune politique sous régionale daccès aux ARV pourra
servir de base au développement dune politique sous régionale en matière de
santé en général.
Dans le cadre de son plaidoyer pour la mise en place de cette politique sous
régionale, le RAME veut élaborer un dossier technique démontrant la
faisabilité dune telle politique.
Pour mener à bien nos analyses nous avons besoins de collecter des
informations relatives à laccès aux ARV dans les pays de la zone UEMOA,
CEDEAO et de lOOAS.
Compte tenu des limites de notre organisation (représentation, ressources
financières et humaines) et des délais, nous sollicitons la collaboration de
volontaires pour le recueil de ces informations qui nous sont capitales. Les
personnes intéressées peuvent nous écrire à : rame@fasonet.bf Une fiche des
informations nécessaires leur sera communiquée.
Laccès des personnes infectées du VIH à des traitements appropriés est
laffaire de tous, nous espérons alors pouvoir compter sur votre
collaboration.
Mimiratou Tietiembou
Chargée de programme RAME
e-mail: rame@fasonet.bf