[e-med] (6)" L'émergence d1Ebola est un reflet de la dégradation des systèmes de santé " - interview Dominique Kerouedan

bonjour,

Effectivement si on fait un point rapide

Les Etats africains n¹ont pas consacré 10% de leur budget à la santé comme
ils l'avaient promis à Abuja il y a 13 ans : c¹est une erreur.

La verticalisation des programmes, en particulier ceux du FMSTP, est un
fait et perturbe le système de santé de base.

Mais le « génie épidémique » des virus et autre agents pathogènes existe
et la situation actuelle n'est pas uniquement due aux dysfonctionnements
des systèmes de santé des pays concernés.

Dans le cas présent,

La prévention primaire d¹une épidémie d¹Ebola en Afrique de l¹Ouest
n¹était pas réaliste.

La réaction aux premiers cas était logique on pensait que cela se
passerait comme en Afrique centrale : une flambée de courte durée.

Les conduites irrationnelles dues à cette maladie sont courantes, d¹où la
diffusion (Nigéria en particulier).

L¹atteinte des soignants est courante, quelque soit le pays (RSA,
Allemagne).

L¹absence de médicaments est logique : il n¹y a pas, non plus, de
médicaments contre les 150 arboviroses tropicales ni même contre les
dizaines d¹adénovirus et rhinovirus ubiquitaires et, il n¹y a pas non plus
de médicaments contre les dizaines d¹entérovirus qui tuent beaucoup plus
que Ebola.

Bonne journée

Jean Loup Rey, médecin de santé publique

Bonjour,

je remercie Jean Marie-Milleliri d'avoir diffusé l'interview que le journal Le Figaro a souhaité diffuser,
il faut néanmoins la replacer dans sa dimension: c'est un tout petit commentaire qu'il n'est pas utile de commenter indéfiniment, il est forcément incomplet compte tenu de la situation et de la nature de la communication et de sa brièveté

le titre aurait été meilleur si le mot "propagation avait remplacé l'émergence"

je souhaite relever dans la contribution de JL Rey les éléments suivants:

la promesse d'Abuja était de 15% des budgets publics

l'émergence de cette maladie dans cette région exprime quelque chose qui n'est pas analysé, travail qui reste à faire

la réactivité à l'émergence de l'épidémie à virus Ebola en Afrique de l'Ouest a été trop longtemps faible ces derniers mois et semaines, tant du côté de la partie nationale qu'internationale, tout le monde ayant sous-estimé le phénomène depuis son début

il est curieux de constater combien nous avons du mal à réagir en professionnels de santé publique face à ce phénomène, il eut fallu imposer les mesures de restriction des déplacements dès le début, comme cela avait été autrefois fait en Afrique centrale, ce qui a réduit la flambée à une courte durée; ces mesures n'ont pas été mises en place dans le cas présent en Sierra Leone, Guinée et Liberia, elles le sont je crois maintenant

lorsque le choléra a sévi à Madagascar à la fin des années 1990, on a dû faire intervenir l'armée pour faire cesser le déplacement des dépouilles infectées, qui était le mode principal de propagation de la maladie dans la région de Tuléar,
c'est à ce prix, que l'épidémie a cessé

il semble qu'on en soit là également,
tout cela est très compliqué, essayons tout de même de se demander pourquoi l'épidémie émerge à cet endroit, et pourquoi elle a du mal à être contenue, et comment on peut tout de même prévenir l'émergence de phénomènes infectieux plus transmissibles

amitiés
Dominique

Cher JL,
Quel espoir? On ne peut quand meme pas rester les bras croises. Tirons des lecons et construisons courageusement et sans complaisance pour le futur. Et j'espere qu' on saura tous regarder dans la bonne direction.
Arsene.

Bonsoir

Merci Dominique de cette réflexion rigoureuse et positive
Je pense que l'on peut poursuivre

15% à Abuja je n'y ai jamais cru et c'est pourquoi je parle de 10%

Il y a beaucoup de recherches à faire
Pourquoi une émergence dans cette région? En effet
Pourquoi un taux de létalité plus bas? Souche identique ou non?
Comment se fait la diffusion? Ici et la bas...
etc.

La réactivité a été basse mais c'est facile à dire après.

Et il ne faut pas laisser tomber les autres causes de décès : 2000 pour
Ebola c'est le chiffre des décès par diarrhées tous les jours dans la même
région? Ou plus?

La densité épidémique est forte mais c'est logique les épidémies antérieures
se passaient dans des régions où la densité démographique était de l'ordre
de 1 Hab / KM2 en Guinée c'est 10 fois plus au minimum
D'où plus de cas
   et plus de déplacements donc plus de diffusion
Il faudra évaluer et analyser tout cela

Les actions de contraintes en santé ne sont pas toujours efficaces elles ont
souvent des effets pervers donc doucement avec l'armée et la police.

Amitiés

Jean loup

Je pense que le tauX de mortalité plus bas est du au fait qu'il est calculé
sur le total des cas et non seulement sur les cas confirmé... Si j'ai bien
compris...

Dr Sergio Giani
Chargé des programmes
Aidemet Ong

Bonsoir

Il s'agit d'un taux de létalité plus bas que pour les précédentes épidémies
La létalité est le nombre de décès parmi les malades et le taux est calculé
ainsi :
  Nb de décès/Nb de malades x 100
Ces taux de létalité sont donc calculés de la même manière depuis 40 ans.

Après on peut discuter de la définition du "malade"
La définition habituelle est une définition clinique qui est ancienne.

Il faut donc vérifier dans les données publiées s'il s'agit de cas confirmés
ou non

(Le taux de mortalité est le nombre de décès rapporté à la population
générale concernée x 100)

Bonne journée

Jean loup rey