[e-med] (8)Afr.centrale, "Un laboratoire de contrôle de qualité doit

Je pense au contraire que les centrales d'achat en particulier en Afrique sont loin de posséder les compétences et l'indépendance pour juger de la qualité des médicaments dont elles assurent la distribution et que le rôle des laboratoires de contrôle qualité est fondamental. En Europe ils sont les garants de cette qualité qui est finalement basée sur une politique du gendarme. C'est parce que les fabricants craignent l'éventualité d'un contrôle qu'il existe une stabilité de la qualité. D'autre part je ne vois très bien dans quelle mesure un fabricant pourrait être déclaré sûr sur un pannel variés de médicaments dans la fabrication desquels entre des matières premières qui peuvent être d'origines et de qualité très différentes, surtout quand on prend en compte la qualité des dossiers d'AMM déstinés au marché Africain qui servent à leur évaluation. On peut par exemple signaler que la liste des médicaments préqualifiés par l'OMS est régulièrement mise à jour et qu'il arrive que certains soit retirés de la liste pour défaut de qualité, donc même dans un système "sécurisé", les contrôles sont indispensables. La notion de qualité du médicament reste en Afrique une notion délicate à traiter car elle est souvent mis en opposition avec leur disponibilité, alors qu'il est clair qu'elle doit passer en priorité. Combien d'antipaludéens dépourvus de toute substance active ont-ils été distibués par des centrales d'achat en Afrique ? Si on suit l'étude du Lancet (et de nombreuses autres depuis) qui estimaient qu'une très forte proportion des antipaludéens circulant en Afrique était des contrefaçons sans effet, il y a fort à parier sans avancer de chiffre précis que celui ci est probablement très élevé. Quelle autre solution qu'un réel laboratoire de contrôle qualité avec des moyens adaptés pour garantir la qualité de ces médicaments. Si il est évident que toutes les solutions "Européennes" ne sont pas transposables ailleurs, le système de surveillance des marchés des médicaments en Europe est extrêmement efficace et sa base est la qualité. Enfin,je pense que la diversité des centrales d'achat, leur fonctionnement, leur relations avec les fournisseurs, en dehors des centrales "gouvernementales" ne garantissent aujourd'hui en Afrique aucune sécurité quand à la qualité des médicaments mis sur le marché.

Yann Le vaillant
Scientifique
AFSSAPS
Yann.LEVAILLANT@afssaps.sante.fr

A mon avis, laissons aux centrales d'achat leurs rôles qu'ils ont bien joué jusqu'à ce jour : selection, acquisition, distribution, gestion de l'accessibilté géographique et financière des MEG dans nos pauvres pays d'Afrique.
  Et comme le dit Yann, pensons gendarme quand nous pensons qualité pour notre propre securité et celle des populations.
  Maintenant, tout le monde est d'accord pour un laboratoire de contrôle de qualité, mais où et dans quel paysage, politique surtout?
  Nos échanges, riches et scientifiques, doivent aboutir à des lignes directrices capables d'inspirer l'action afin de stopper la circulation des médicaments de mauvaise qualité en Afrique.
  je rapelle donc que le debat est parti de l'Oceac qui reste sous l'influence "du politique"...
  Dr Ermus MUSAMA
  Pharmacien
  Kinshasa
  RDC
ermuswin@yahoo.fr

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Très bonne analyse [e-med n°8].
  L'assurance de qualité des médicaments ne saurait en effet être liée seulement à une liste de fournisseurs pré-qualifiés, même suivant des critères d'évaluation sévères.
  Il faut en plus que le produit fini qui sort de ces laboratoires passe par un contrôle de qualité externe pré et post-marketing.
  Les moyens d'assurer ces différents contrôles peuvent parfois faire défaut, mais on ne saurait transiger sur leur nécessité dans la chaîne de distribution et de dispensation des produits pharmaceutiques.
   
  Dr Bérenger B. KIEMA
  Ancien DPM, BURKINA FASO
  kbasga@yahoo.fr

Chers amis,
   
  Le contrôle qualité est un élément essentiel pour garantir l'inocuité, la sûreté et l'efficacité d'un médicament... mais soyons raisonnable, rationnel et pragmatique.
   
  Il ne serait pas sérieux de promouvoir un laboratoire de CQ dans chaque pays. Que les pays africains et leurs partenaires s'engagent à soutenir des stratégies sous-régionales, me semble être la meilleure solution.
  Les investissements, le fonctionnement et la pérennité d'un laboratoire CQ représentent des montants importants.
  Aujourd'hui, de nombreux laboratoires ne sont pas en mesure de réaliser la totalité des contrôles, soit par manque de réactifs, soit par une maintenance des instruments non réalisées... alors soyons pragmatique.
   
  Ce dossier (parmi tous les autres !!) pourrait être traité par l'ACAME afin de déterminer la meilleure stratégie, en collaboration avec les centrales d'achats.
   
  Je tenais, aussi, à réagir à des propos disant que les partenaires considéraient que "les pharmaciens étaient des artisans de la santé"... ne le disons pas trop fort, à l'heure où les partenaires tels que l'UE et la France s'engagent aux côtés d'initiatives telles que l'ACAME et soutiennent la remise à niveau de nombreuses centrales en terme de gestion.
  A nous de veiller à ce que nous restions de véritables professionnels et encadrions nos homologues à le devenir par un transfert de compétences réel.
   
  Très confraternellement
   
Christophe ROCHIGNEUX
Pharmacien - Conseiller Technique CPA / DPML
Projet Santé 8ème FED - CGP
Ministère de la Santé - TCHAD
Tel : 00 235 46 46 24

Attention, le contrôle qualité dans un pays, c'est aussi pour les médicaments sous AMM, parfois pour les visas d'importation. Cela concerne tous les
approvisionnements aussi bien publics que privés.
Qu'en est-il au Congo Démocratique ou me semble t-il les contrôles sont faits
dans des labos privés??

Serge Barbereau
serge.barbereau@wanadoo.fr

Certes l'étape de Contrôle de qualité est cruciale dans tout système
   d'assurance qualité mais ne mettons pas les charres devant les boeufs.

   L'orientation doit être vers des médicaments de qualité mais avant
   cela, il faudrait renforcer les autorités de regulation et faire
   adopter les lois pharmaceutiques avec de lourdes amendes pour les
   traffiquants de médicaments.

   A quoi sert un laboratoire quand en aval:

   1-Les mécanismes des santions exemplaires ne sont pas appliquées
   (surtout que derrière les traffiquants il y'a des "intouchables")

   2-La traçabilité des médicaments n'est pas respectée (les frontières
   sont poreuses)

   Au moins les centrales assurent aussi bien avant, pendant et aprés la
   qualité au cours des divers processus d'acquisition des médicaments
   qu'ils commandent en attendant le renforcement des autorités de
   régulation (DPL et inspéctions), l'adoption de lois et politiques
   pharmaceutiques et le developpement de laboratoire homologués

   Dah Ould El hadj Sidi
   Pharmacien
   dhajs@hotmail.com