Bonjour à tous!
J'ai lu avec beaucoup d'attention les interventions
des uns et des autres. Et elles apportent chacune de
l'eau au moulin.
Effectivement, ne faudrait-il pas penser changer cette
expression PTME, même si l'on parle aussi de PTMEplus;
ainsi, l'on comprendrait aisément qu'il s'agit de
prévenir la transmission du VIH et de prendre en
charge la mère VIH séropositive. La femme enceinte VIH
séropositive doit être considérée comme le point
d'entrée de la prise en charge globale de l'infection
à VIH dans la famille. Mais malheureusement, beaucoup
de programmes PTME ne disposent de tests de dépistage
rapide du VIH que pour les femmes enceintes. Et si une
femme accepte de faire venir son mari et les autres
enfants, on risque de lui dire que les tests rapides
du VIH sont exclusivement destinés aux femmes
enceintes. Vous voyez donc là l'un des problèmes qui
peuvent contribuer à freiner le développement d'une
prise en charge globale du VIH. Ma proposition pour
pallier à ce genre de problèmes serait que ces aspects
soient pris en compte dès la mise en place des
programmes mère-enfants, voir parents-enfants.
Comment augmenter le taux d'acceptation du test de
dépistage rapide du VIH en zone rurale africaine?
Selon ma petite expérience de terrain, il faudrait
commencé par la formation de tout le personnel des
centres PTME, du technicien de surface au gynécologue.
Biensûr, chacun à son niveau! Ceci aura l'avantage de
dédramatiser la maladie VIH et de contribuer à
l'instauration ou l'institution des notions de
confidentialité et d'anonymisation; contribuant ainsi
à moins de stigmatisation. Parceque si la femme n'est
pas rassurée d'une probable confidentialité et même
anonymisation, elle acceptera difficilement le test de
dépistage du VIH. De même qu' en l'absence d'accès aux
traitements ARV, ces femmes et ces populations
risquent de ne voir aucun bénéfice, ni individuel ni
collectif dans le dépistage du VIH. C'est ce que
disait déjà le consensus des milieux associatifs,
scientifique, et politique en France et dans les pays
occidentaux depuis les années 1980. Les femmes
enceintes séropositives n'y veraient que de la
stigmatisation...sans prise en charge globale.
Par la même occasion, que faisons-nous des femmes
dépistées séronégatives au VIH? Etant donné que la
séronégativité au VIH à l'un des tests de dépistage
est loin d'être un vaccin immunisant. Je pense pour ma
part qu'un grand travail de sensibilisation doit
continuer au près de ces personnes pour les encourager
à avoir des pratiques en tout genre pouvant les aider
à demeurer VIH séronégatif.
On a constaté sur certains programmes PTME (récents)
que le fait de proposer le test de dépistage rapide du
VIH (aux femmes enceintes) et de le réaliser
directement lors de la CPN (selon un circuit interne
bien défini) par les sages femmes formées au
counseling et à l'usage des tests rapides contribuent
à augmenter le taux d'acceptation du test par la femme
enceinte. Les raisons sont simples, mais je ne peux
pas ici les citer toutes: gain de temps, réduction de
la stigmatisation, instauration d'une vraie
confidentialité et partant d'une anonymisation.
Je me permets de vous donner un exemple de problème
posé dans le cadre de l'anonymisation et de la
stigmatisation: en Afrique, lors d'un bâptème ou d'un
marriage ou alors des funérailles quelconques, la sage
femme ou le médecin rencontrera une patiente qu'il
aura dépisté séropositive au VIH. Cette dernière ne
voudra pas que l'on sache qu'elle connait le personnel
soignant en question (et avec raison) par peur que
l'on la soupçonne.
Après le dépistage, il reste le problème de suivi de
ces femmes séropositives au VIH...en particulier
suivi thérapeutique, sans compter les problèmes social
qui sont aussi importants que la maladie en elle-même.
Il y a un manque de personnel formé à l'usage des
ARV.
Cordialement,
Dr. Léopold TEGNA
tegnal@yahoo.fr
(anciennement Responsable d'un programme Mère-Enfant
en Afrique)
06 64 52 12 37
Service des maladies inf. du Prof. PERRONNE
Hôpital Universitaire de Garches