[e-med] (9)Suspension des visites des délégués médicaux dans les pharmacies au Congo- Brazzaville

Cher Monsieur,

Bien sûr, nous sommes tous d'accord sur le fait que les autorités locales doivent organiser la règlementation et mettre tout en oeuvre pour assurer la santé publique des populations, devoir régalien s'il en est.

Ceci étant posé, si on veut avoir un soupçon de pragmatisme, on peut considérer les choses autrement, et changer d'axe de réflexion. Par exemple, il serait bon d'admettre que la mise en place de règlementations ne suffit malheureusement pas, si les acteurs tirent profit des systèmes, et peut-être de s'interroger au regard de l'éthique.
Par exemple, nous vivons aujourd'hui dans une époque où la mondialisation est un élément important : mondialisation des échanges de biens, mais aussi des contrats. Les laboratoires pharmaceutiques n'ont pas attendu les règlementations des Etats pour employer les délégués médicaux avec des contrats réalisés dans divers pays, dont la caractéristique majeure est d'être assez peu regardants vis à vis des droits des travailleurs. Je sais bien que ce genre de considération n'est plus politiquement correcte de nos jours, et que l'on va me taxer de rétrograde, mais je ne peux m'empêcher de penser que si les délégués médicaux ont des comportements mercantiles, c'est aussi parce que leurs conditions d'emploi ne sont pas tout à fait de nature à garantir leur avenir professionnel, et à préserver leur sérénité économique.
Ainsi, le fait de laisser à disposition des délégués des produits à haute valeur fiduciaire pourrait bien passer par l'idée d'une nécessaire compensation informelle du statut précaire de ces personnels. Ceci est probablement économiquement justifié, mais éthiquement ?

Les exemples sont nombreux, et je trouve toujours assez facile de dire d'un côté qu'il faut plus de règlementation, et de l'autre tout faire pour s'en exonérer.

Au final, personne n'est assez optimiste pour penser que la bonne volonté seule suffit à rendre plus "juste" ou plus "éthique" des comportements, par ailleurs préjudiciables aux patients. Simplement, on pourrait imaginer que des règles de bonne conduite, associées à une véritable volonté d'améliorer les soins, et auxquelles participe l'ensemble des acteurs, permettent dans un premier temps de faire le point sur un problème réel. Il existe des exemples de chartes de bonne conduite, qui ont permis de faire évoluer les comportements collectifs sans pour autant faire intervenir les Conseils Constitutionnels des différents Etats. De mon point de vue si le LEEM ne souhaite pas s'engager dans une approche de ce type, préférant se consacrer aux actions de lutte contre les médicaments de la rue (lol), peut-être que le Groupement des exportateurs, au moment de ses multiples réunions avec les directeurs des pharmacies pourrait en faire un point
d'ordre du jour, qui pourrait remplacer avantageusement la balade sur les bords de Seine. Mais je m'arrête, je suis en plein rêve : attendons que les Etats fassent des Lois !

Hélène DEGUI, hdeguifr@yahoo.fr
tel : 06 62 40 29 84

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