Le gouvernement burkinabè a donné des médicaments antirétroviraux, d'une
valeur de deux cent cinq millions de F CFA, à la Centrale d'achat des
médicaments essentiels génériques (CAMEG), le mercredi 18 janvier 2012 à
Ouagadougou.
Suite à l'interpellation des acteurs de la société civile quant à une
éventuelle rupture de stocks des médicaments de lutte contre le SIDA,
notamment les ARV, le gouvernement du Burkina Faso « a engagé une action de
déblocage rapide des fonds pour sécuriser les stocks et surtout permettre de
nouvelles acquisitions », a dit le secrétaire général du ministère de la
Santé, Dr Souleymane Sanou.
Il a indiqué que le gouvernement a levé « un milliard de nos francs » afin
d'éviter la rupture des produits ARV.
Le traitement contre le SIDA est « gratuit » et près de « 35 000 personnes
sont prises en charge », a signalé le secrétaire permanent du Conseil
national de lutte contre le VIH/SIDA et les IST, Dr Joseph André
Tiendrebéogo.
Le coordonnateur national du REGIPIV, un regroupement d'associations de
personnes vivant avec le VIH- SIDA, Mamadou Sawadogo, a précisé que c'est «
52% des personnes déclarées atteintes du VIH qui sont prises en charge ». Le
don du gouvernement burkinabè servira à l'approvisionnement en ARV des
personnes sous-traitement , à la prise en charge des nouveaux malades
recensés , à l'acquisition des réactifs pour la poursuite des opérations de
dépistage ,ainsi qu'au suivi des malades sous-traitement.
En attendant une réaction plus officielle et plus complète de la
société civile burkinabè par rapport à cette initiative
gouvernementale, je réagi à chaud sur quelques éléments. Il est en
effet à saluer que le gouvernement burkinabè s'engage ainsi dans la
prise en charge des PVVIH. Mais il faut malheureusement noter que 1
milliard de franc CFA est loin de pouvoir sécuriser les stocks d'ARV
et autres intrants au Burkina Faso. Les besoins uniquement pour 2012
sont dix fois plus élevés.
Il est important de faire remarquer également que le traitement contre
le SIDA n'est pas "gratuit" au Burkina Faso. Seul les ARV et les
médicaments contre les infections opportunistes sont gratuits. Le
bilan initial et les examens de suivi-biologiques sont toujours
payants, tantôt subventionnés mais très souvent à prix coutants.
Nous avons l'impression que la période où le Burkina Faso était cité
comme bon exemple dans la lutte contre le VIH/Sida est révolue.
Apparemment le leadership du Chef de l'Etat dans la lutte n'a pas pu
nous éviter des situations de ruptures de réactifs et médicaments
contre les infections opportuniste, ainsi que des menaces de ruptures
d'ARV. Son leadership dans le foot (il serait le 1er supporter
burkinabè) semble être plus concret avec les engagements qu'il a pris
récemment avec l'équipe nationale à l'occasion de la CAN. Nous gageons
que cela coutera plus d'un milliard au budget national.
Comme quoi devant notre Président, entre le VIH/Sida et le Foot, il
n'y a pas match.
Bonne CAN aux Étalons!
Voeux de santé à toutes les personnes infectées!