En Afrique du Sud, un ministre accuse l'industrie pharmaceutique de «
génocide »
Le Monde.fr | 17.01.2014 à 17h23 Mis à jour le 17.01.2014 à 17h27
nistre-de-la-sante-sud-africain-denonce-un-genocide_4350206_3212.html
Après la publication d'un rapport détaillant le lobbying sans pitié que
les industriels entendent déployer
<http://cdn.mg.co.za/content/documents/2014/01/16/skmbt36314011511040.pdf>
pour contrer un projet qui faciliterait la production de médicaments moins
chers, le ministre sud-africain de la santé a dénoncé, vendredi 17
janvier, un complot « de dimension satanique » et « génocidaire ».
Aaron Motsoaledi a accusé dans un entretien avec l¹hebdomadaire
Mail&Guardian
<Motsoaledi: Big pharma's 'satanic' plot is genocide - The Mail & Guardian
les multinationales pharmaceutiques de conspirer contre son
projet de réforme du droit des brevets, qui vise à faciliter la
fabrication de médicaments génériques. Sa finalisation légale pourra
prendre deux à trois ans.
UNE RÉFORME POUR 6,4 MILLIONS DE SÉROPOSITIFS
Le système actuel permet aux compagnies pharmaceutiques de multiplier les
demandes de brevets, sous prétexte d'innovation, pour protéger de
nouvelles versions du même médicament et rentabiliser les lourds
investissements en recherche et développement par un prix de monopole plus
élevé, en interdisant la fabrication de génériques par d'autres
entreprises, selon les ONG.La réforme mettrait fin à cette pratique et le
gouvernement espère ainsi pouvoir distribuer à moindre coût des
traitements anti-rétroviraux aux quelque 6,4 millions de séropositifs du
pays. Les traitements contre le cancer et la tuberculose pourraient aussi
être mieux pris en charge par les assurances-santé.
L'industrie pharmaceutique, puissante en Afrique du Sud, et l'association
Ipasa, qui représente les filiales sud-africaines de la plupart des grands
laboratoires mondiaux, projettent une campagne de pression sur Pretoria.
Selon leMail&Guardian, l'Ipasa a engagé la société de lobbying américaine
Public Affairs Engagement pour sa campagne. Interrogée par l'hebdomadaire,
Val Beaumont, porte-parole d'Ipasa, a indiqué que l'association « étudiait
diverses stratégies de communication et propositions ».