[e-med] GHANA : Forte hausse des dépenses de médicaments

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GHANA : Forte hausse des dépenss de médicaments : de nouveaux
antipaludéens et un accroissement des traitements antirétroviraux (ARV)
GHANA, le 18 janvier (IRIN) - Le gouvernement ghanéen vient de publier
des directives très strictes à l’attention des médecins généralistes en
prévision d’une forte hausse des dépenses de santé.
Il recommande par ailleurs d’opter pour des médicaments plus onéreux
mais plus efficaces pour traiter le paludisme et prévoit un
accroissement important des traitements antirétroviraux (ARV) en faveur
des personnes vivant avec le sida.

Ces directives, contenues dans un document de 517 pages, ainsi que la
nouvelle liste de médicaments essentiels visent à fournir des
traitements efficaces, mais à moindre coût, alors que le gouvernement
prévoit une forte hausse de ses dépenses en médicaments par rapport aux
six millions de dollars investis en 2004.

"Je ne peux pas donner de chiffre précis concernant le budget destiné à
l’achat de médicaments cette année”, a indiqué à IRIN Sam Boateng, le
responsable du service d’achat des médicaments au ministère de la Santé.
“Mais les nombreux cas de résistance aux médicaments montrent clairement
qu’il faut s’attendre à des dépenses supérieures à celles de 2004."

Selon le ministère de la Santé, les prescriptions médicales non
réglementaires et l’usage inapproprié de certains médicaments expliquent
l’augmentation des cas de tuberculose multirésistante aux médicaments,
de pneumonie résistante à la pénicilline et de paludisme résistant à la
chloroquine.

Sur les 20 millions d’habitants que compte le Ghana, près de trois
millions se font soigner contre le paludisme chaque année. Selon le
programme de lutte contre le paludisme, les autorités ont décidé de
s’attaquer à cette maladie en remplaçant la chloroquine (utilisée
jusqu’à présent comme traitement de base) par un antipaludique plus
onéreux, l’artesunate-amodiaquine.

"Ce traitement coûtera désormais 1,30 dollars par rapport aux 10 cents
dépensés autrefois pour traiter un cas de paludisme simple”, a indiqué
Boateng. “Nous espérons qu’il y aura moins d’infections paludéennes au
fil du temps et cela devrait réduire le coût de la facture des
médicaments."

Selon les statistiques du gouvernement, le paludisme, une maladie
potentiellement mortelle, représente 40 pour cent des pathologies
traitées dans les services ambulatoires des hôpitaux du pays. Il touche
plus durement les femmes enceintes et les enfants de moins de cinq ans.

La responsable du Programme national des drogues, Martha
Gyansa-Lutterodt, a confié à IRIN que les médicaments essentiels
recommandés par les nouvelles directives de traitement représenteraient
une "part importante" du budget de la santé en 2005.

"Nous veillerons à ce que les médecins généralistes appliquent
scrupuleusement ces directives afin d’assurer une bonne qualité des
soins de santé", a-t-elle ajouté.

Pour traiter la pneumonie, une association de médicaments sera désormais
utilisée à la place de la pénicilline. Les médicaments contre la
tuberculose ne changeront pas, mais les médecins continueront de
rechercher des souches résistantes de la maladie.

"La panoplie de médicaments actuelle devrait être suffisante pour le
moment, à moins qu’un nouveau cas de résistance majeure ne soit révélé.
Mais nous surveillons de très près la situation et dès que nous serons
informés qu’un changement de thérapie s’impose, nous l’appliquerons", a
indiqué Boateng.

Les autres médicaments ARV pour les personnes vivant avec le VIH/SIDA
augmenteront aussi considérablement le montant de la facture des
médicaments du gouvernement ghanéen. En 2004, le Ghana a dépensé près de
1,5 millions de dollars pour fournir à 2 100 personnes des médicaments
antirétroviraux.

Les traitements sont largement subventionnés par l’Etat qui dépense 600
dollars par mois pour chaque personne sous traitement antirétroviral, le
patient ne payant que cinq dollars.

Selon le ministère de la Santé, les ambitieux programmes visant à
accroître le nombre de personnes sous traitement dans les deux
prochaines années multiplieront par quatre le montant des dépenses
destinées aux ARV, qui s’établiront à six millions de dollars en 2006.

La liste de médicaments essentiels et les directives de traitement ont
été publiées en prévision du nouveau plan d’assurance nationale
universelle obligatoire qui entrera en vigueur à la fin de l’année.

Jusqu’à présent, les patients devaient payer à l’avance leurs soins dans
les hôpitaux publics, mais les sommes exigées dépassaient souvent les
moyens financiers des citoyens moyens.

Désormais, pour une cotisation comprise entre huit dollars (dans le cas
de personnes ayant un faible revenu) à 53 dollars (dans le cas des
personnes aisées), les adhérents au plan d’assurance peuvent bénéficier
d’une assurance médicale couvrant près de 90 pour cent des soins
médicaux dans les hôpitaux publics.

Toutefois, le plan d’assurance ne couvre pas certains types de
traitement très complexes tels que la chirurgie cardiaque.

Tout le personnel médical, les hôpitaux et les cliniques affiliés à ce
plan devront se conformer à la nouvelle liste des médicaments essentiels
et aux directives de traitement édictées par le gouvernement.

"Le gouvernement ne remboursera les institutions que sur la base des
traitements et des prescriptions recommandés", a indiqué
Gyansa-Lutterodt.

La liste de médicaments et les directives de traitement seront revues en
2006.

J'ai lu avec intérêt ce mail mais je me suis posé la question de savoir pour quelle raison les autorités ghanéennes ont décidé de changer le protocole thérapeutique du traitement du paludisme?
En fait la chloroquine sera remplacée par l'artesunate-amodiaquine mais pouvez-vous donner le niveau de resistance de la chloroquine qui a été à la base de cette décision ?

Gaby BUKASA KALEKA
Pharmacist
Master in Public Health
S/C ECC - IMA/PMURR
75, av. de la justice
Knshasa/Gombe
DRC
tél. +243 97312502