(autre article intéressant : Ebola : 3 variants du virus identifiés en Guinée
ariants-du-virus-identifies-en-guinee
CB)
GUINEE. Le paludisme a plus tué que le virus Ebola
Publié le 24-06-2015
http://www.sciencesetavenir.fr/sante/20150624.OBS1402/guinee-le-paludisme-a
-plus-tue-que-le-virus-ebola.html
PALUDISME. En Guinée, l'épidémie d'Ebola a conduit à une explosion des cas
de paludisme non traités qui pourrait avoir provoqué un nombre de décès
bien supérieur à ceux dus au virus Ebola, selon une étude publiée mercredi
24 juin 2015 dans la revue The Lancet Infectious Diseases
<http://www.thelancet.com/journals/laninf/article/PIIS1473-3099(15)70167-2/
.
Depuis le début de l'épidémie en décembre 2013, le virus Ebola a provoqué
le décès de plus de 11.000 personnes, dont 2.400 en Guinée. Un chiffre
qui, dans ce pays, pourrait bien être inférieur au nombre de morts dus au
paludisme. Si aucun chiffre précis n'est avancé, le Dr Mateusz Plucinski,
des Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) d'Atlanta qui
a coordonné l'étude, a indiqué que les décès supplémentaires dus au
paludisme étaient "vraisemblablement beaucoup plus importants que ceux
provoqués par le virus Ebola".
Les gens fiévreux ont évité les centres de soins par peur de contracter
Ebola" - Dr Mateusz PlucinskiSelon, leur enquête, cette surmortalité
serait un effet collatéral de l'épidémie d'Ebola qui aurait notamment
conduit nombre de personnes malades à éviter les centres de soins. Ainsi,
durant l'année 2014, les établissements guinéens ont accueilli 74.000 cas
de paludisme en moins par rapport aux années précédentes. « Le paludisme
est l'une des principales causes de fièvre et de consultation en Guinée
<Tags themes - Sciences et Avenir; mais nos données suggèrent que
les gens fiévreux ont évité les centres de soins par peur de contracter
Ebola ou d'être envoyés dans des centres de traitement », explique le Dr
Plucinski.
Un service de santé délabréAutre facteur non moins important : l'épidémie
a touché de plein fouet le personnel soignant, conduisant à la fermeture
de certains centres, tandis que ceux restés ouverts étaient désertés par
les autres malades par crainte d'une contamination. Ainsi, dans les
districts guinéens touchés par l'épidémie Ebola, le nombre total des
soignants a baissé d'un quart l'an dernier tandis que le nombre de ceux
qui s'occupent du paludisme est tombé à moins de la moitié - contre deux
tiers avant l¹épidémie.
Le nombre des patients recevant des traitements antipaludéens oraux a
baissé de 24% (-30% pour les traitements injectables) pendant l'épidémie
Ebola <Tags themes - Sciences et Avenir; en 2014, par rapport à
2013. Les baisses les plus importantes ont été enregistrées après la
troisième vague de l'épidémie qui a débuté en août 2014, avec un nombre
global de consultations pour paludisme inférieur de 42% au niveau
pré-épidémique. Selon le Dr Plucinski, le même phénomène a probablement
aussi eu lieu en Sierra Leone et au Liberia.
Selon des travaux de modélisation publiés en avril dernier dans la revue
The Lancet, le paludisme aurait fait 11.000 morts supplémentaires dans les
trois pays. 3.900 autres décès avaient par ailleurs été attribués aux
ruptures d'approvisionnement en moustiquaires dans ces mêmes pays.
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