AFRIQUE DE L'OUEST: La confiscation dune cargaison de médicaments menace
laccès aux ARV
Photo: IRIN
LAGOS, 18 mars 2009 (PlusNews) - Les douanes néerlandaises ont saisi une
cargaison dantirétroviraux (ARV) génériques à destination du Nigeria,
suscitant des inquiétudes pour la santé des personnes séropositives qui
requièrent ces médicaments qui prolongent lespérance de vie.
Stipulant que les médicaments étaient contrefaits ou portaient atteinte à la
propriété intellectuelle, les autorités néerlandaises ont saisi la cargaison
à la fin du mois de février, alors quelle transitait à laéroport Schiphol
dAmsterdam, à destination du Nigeria, où les médicaments devaient être
distribués par la Fondation Clinton, un partenaire du programme national de
lutte contre le VIH/SIDA.
Le gouvernement nigérian a insisté sur le fait que les médicaments nétaient
pas des contrefaçons, mais des ARV de seconde génération destinés aux
patients ayant développé une résistance aux traitements de première ligne.
Ibrahim Umoru, directeur du bureau de Réseau des personnes vivant avec le
VIH au Nigeria (NEPWAN en anglais) dans lEtat de Lagos, a confirmé que les
personnes séropositives étaient de plus en plus nombreuses au Nigeria à
avoir besoin de traitement de seconde génération en raison dune mauvaise
observance médicamenteuse et de labsence dune thérapie ARV de base
préconisée par les différents partenaires engagés dans la lutte contre le
VIH/SIDA au Nigeria.
« De plus en plus de personnes séropositives ont besoin dun traitement de
seconde ligne et devraient bénéficier des médicaments saisis », a-t-il
déclaré à IRIN/PlusNews. « Le gouvernement néerlandais devrait rendre
immédiatement la marchandise et cesser de faire de la politique avec la vie
des gens. »
Le Nigeria, à linstar de nombreux pays en développement, dépend des
médicaments génériques, qui sont beaucoup plus abordables que leurs
équivalents de marque, pour le traitement des maladies mortelles.
La cargaison était financée par UNITAID, une facilité internationale
d'achats de médicaments contre le VIH/SIDA, le paludisme et la tuberculose
dans les pays en développement.
Dans une publication sur son site Web, UNITAID a expliqué que la cargaison
ne contenait pas de médicaments contrefaits, mais consistait à 49
kilogrammes de comprimés de sulfate d'abacavir, des médicaments de seconde
génération fabriqués par le laboratoire pharmaceutique indien Aurobindo. Ces
médicaments ont été présélectionnés par l'Organisation mondiale de la santé
(OMS).
« UNITAID est gravement préoccupée pour les patients qui sont dans un besoin
urgent de ces médicaments », peut-on lire sur le site Web. « L'interruption
de la thérapie anti-VIH est extrêmement dangereuse et peut causer une
résistance médicamenteuse. Nous exhortons donc le gouvernement néerlandais à
libérer les médicaments pour qu'ils puissent atteindre les patients dès que
possible. »
Les défenseurs des droits de lhomme locaux et internationaux ont également
condamné la confiscation et ont enjoint le gouvernement néerlandais de
rendre la marchandise sur-le-champ.
Dans une déclaration conjointe, Oxfam International, Health Action
International et Knowledge Ecology International ont qualifié la saisie d«
inacceptable » et ont exhorté lUnion européenne de réviser et de modifier
instamment la réglementation relative aux médicaments génériques.
En 2001, lOrganisation mondiale du commerce (OMC) avant déclaré que les
règles de propriété intellectuelle ne devaient pas entraver les capacités
des pays en développement de protéger et de promouvoir la santé publique.
Niyi Ojuolape, porte-parole du ministère de la Santé du Nigeria, a déclaré
que le ministère avait engagé des pourparlers avec la Fondation Clinton,
afin de déterminer si la saisie affecterait la chaîne dapprovisionnement en
ARV du pays.
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