Fièvre Jaune
Afrique de l'Ouest
Janvier - 17 Novembre 2005
Institut de Veille Sanitaire (France)
Département International et Tropical
1) RAPPELS
· La fièvre jaune une anthropo-zoonose virale due à un arbovirus, le virus
amaril responsable d'environ 200 000 cas par ans (30 000 décès) dont seule
une petite minorité est notifiée à l'OMS.
· Agent : Flavivirirus.
· Vecteur : Moustiques principalement du genre Aedes.
· Réservoir Singes et moustiques (transmission transovarienne).
· Répartition géographique Afrique-sub-tropicale et Amérique latine (voir
carte).
· Transmission : Uniquement par piqûre d'un moustique infecté (piqûre
diurne).
On distingue trois type de transmission :
Cycle Sylvatique : L'homme se contamine lors d'un séjour en forêt à l'occasion
de piqûres par des moustiques « sauvages » infectés. C'est le type de
transmission majoritaire en Amérique latine.
Cycle Intermédiaire : Des moustiques « semi domestiques » infectent à la
fois l'homme et les singes dans des zones de la savane africaine où les
contacts hommes-singes sont plus fréquents. Ce type de transmission peut
être à l'origine de petites épidémies dans des villages ruraux et en l'absence
de contrôle, peut engendrer des épidémies plus graves de type urbain. C'est
le type de transmission le plus fréquent en Afrique.
Cycle Urbain : Suite à l'introduction du virus en zone urbaine (forte
densité de population), il est transmis entre les humains par les moustiques
« domestiques » : Aedes aegypti. C'est ce type de transmission qui est
responsable des grandes épidémies.
· Incubation de 3 à 6 jours
· Clinique : Les symptômes associant fièvre, myalgies, nausées et céphalées,
disparaissent généralement après 3 ou 4 jours. Pour les formes graves (15%),
une rémission passagère est suivie d'une défaillance multi-viscérale:
insuffisance hépatique avec ictère, troubles rénaux (albuminurie anurie) et,
dans certains cas, un syndrome hémorragique (hématémèse, méléna, épistaxis,
etc.)
· Létalité. 10 à 40%
· Traitement uniquement symptomatique
· Vaccin : En France, le vaccin est disponible uniquement dans les centres
de vaccination agréés
2) EPIDEMIES EN 2005
· MALI
Epidémie actuelle
Depuis le 7 Octobre 2005, 35 cas suspects dont 14 décès survenus dans la
région de Kayes ont été notifiés à l'OMS.
4 de ces cas ont été confirmés par l'Institut Pasteur de Dakar.
Précédentes épidémies
La dernière épidémie de fièvre jaune au Mali est survenue en 1987 dans les
régions de Kayes et de Koulikoro (zone de Bamako), 305 cas et 145 décès
avaient officiellement été notifiés.
De 1990 à 2003 aucun cas n'a été notifié à l'OMS
En 2004, 2 cas confirmés isolés ont été notifiés par l'OMS dont un cas
décédé en novembre dans la région de Kayes.
· GUINEE
9 cas dont 6 confirmés survenus entre le 3 et le 23 octobre 2005 à ont été
notifiés à l'OMS dans les régions de Boké (3 cas), Kankan (2 cas), Faranah
(1 cas), N'Zérékoré (1 cas) et dans la capitale Conakry (2 cas).
En août 2005, 7 cas avaient également été confirmés (4 à Mamou, 3 à Dolaba).
· SENEGAL
2 cas décédés les 25 et 30 septembre, ont été rapportés dans le district de
Goudiri (région de Tambacounda à l'est du Sénégal) situé sur l'axe routier
Bamako-Dakar. Une campagne de vaccination de masse a débuté le 4 Octobre.
· COTE D'IVOIRE ET BURKINA FASO
En septembre, 4 cas confirmés, dont un mortel, ont été notifiés à l'OMS à la
frontière entre la Côte d'Ivoire et le Burkina Faso.
· GHANA :
En Janvier, 10 cas, dont un confirmé ont été signalés dans le district de
Jirapa au nord est du pays. Des cas ont également été signalés dans le sud
du pays (district de Denkyira). Ces cas n'ont pas été notifiés à l'OMS
3) COMMENTAIRES
La Fièvre jaune est endémique dans les pays d'Afrique de l'Ouest. Néanmoins
depuis la mi-septembre on observe une recrudescence du nombre de cas
notifiés. Des équipes du réseau mondial de réponse aux épidémies (GOARN) de
l'OMS vont être déployées au Mali et en Guinée pour assister les autorités
sanitaires et évaluer le risque de transmission aux régions voisines.
Cette période (fin de la saison des pluies) est particulièrement propice à
la propagation de la maladie, L'épidémie qui sévit actuellement dans la
région de Kayes au Mali doit être suivie avec attention. Cette région, lieu
de la dernière grande épidémie au Mali, est en effet la région d'origine de
nombreuses personnes d'origine malienne vivant en France.