[e-med] Le VIH s’adapte et évolue vers des formes moins virulentes (Etude au Botswana et Afr. du Sud)

(l'article original est disponible ici :
http://www.pnas.org/content/early/2014/11/26/1413339111
CB)

VIH: Est-on en train d'éreinter le virus?
Actualité publiée hier
PNAS
http://www.santelog.com/news/medicament/vih-est-on-en-train-d-ereinter-le-virus-_13242_lirelasuite.htm

A-t-on, à force de traitements anti-VIH, éreinté le virus ? Certainement
pas. Cependant cette étude montre que le VIH s’est tout de même adapté et
évolue vers des formes moins virulentes. Les conclusions, publiées dans
les actes de l’Académie des Sciences américaine (PNAS) montrent en effet
une virulence du VIH au Botswana réduite par rapport à celle du virus en
Afrique du Sud, en raison de l’adaptation protéines impliquées dans la
réponse immunitaire et de l'utilisation de médicaments anti-VIH.
Cependant, ces données viro-épidémiologiques ne signifient en aucun cas
que globalement la virulence du VIH est en baisse, et qu’il faut oublier
les mesures de protection, comme le préservatif.

Des chercheurs d'Oxford et de plusieurs instituts au Canada, aux
États-Unis, en Afrique du Sud, au Botswana et au Japon ont examiné
spécifiquement le VIH, au Botswana et en Afrique du Sud, et l’évolution de
sa virulence au fil du temps, c’est-à-dire de sa capacité à déclencher la
maladie.
Ils rappellent que chaque sujet va répondre différemment à l’infection à
VIH et certains vont développer le le sida plus rapidement que d'autres.
Cette variabilité de la réponse en en partie liée aux variations d’un
sujet à l’autre, des gènes HLA qui codent pour des protéines présentes à
la surface de toutes les cellules de l’organisme qui forment « le complexe
majeur d’histocompatibilité » et interviennent dans le contrôle de la
réponse immunitaire. Les chercheurs ont donc examiné le rôle des protéines
HLA dans l'évolution du VIH.

L’étude a donc précisément porté sur la génétique et la virulence du VIH
au Botswana et certaines régions d’Afrique du Sud, 2 pays durement touchés
par l'infection à VIH, avec une antériorité plus importante pour le
Botswana. Pour caractériser la virulence du VIH, les chercheurs ont pris
en compte la prévalence du virus chez les adultes dans les deux pays,
· la charge virale moyenne,
· et le taux de CD4 moyen,
· la capacité de réplication virale.

L’analyse constate que :
Alors que l'épidémie au Botswana a commencé plus tôt qu'en Afrique du
Sud, la prévalence de l'infection à VIH au Botswana s’est avérée, durant
ces 20 dernières années, plus élevée qu’en Afrique du Sud au cours des 20
dernières années.
Cependant, malgré cette prévalence logiquement plus élevée, la charge
virale et la capacité de réplication virale au Botswana apparaissent
significativement plus faibles qu’en Afrique du Sud, suggérant une moindre
virulence du virus au Botswana.

Les protéines HLA ont poussé le virus vers une forme moins virulente :
Cela tient, selon les chercheurs, à l'utilisation massive de la thérapie
antirétrovirale et une adaptation des protéines HLA ayant poussé le virus
à évoluer vers une forme moins virulente. Le VIH « évoluerait rapidement»,
devenant moins virulent avec le temps, en raison de la sélection naturelle
: Explication : Les virus les plus graves tuent leurs hôtes trop tôt pour
être transmis. Ainsi, les souches le plus virulentes meurent, les formes
moins virulentes survivent.

Des résultats passionnants qui contribuent à une meilleure compréhension
des processus d’infection à VIH mais qui ne modifient en rien les
différentes recommandations, que ce soit en matière de prévention ou de
traitement.

Source: PNAS December 1 2014 doi: 10.1073/pnas.1413339111 Impact of
HLA-driven HIV adaptation on virulence in populations of high HIV
seroprevalence.

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Cette actualité a été publiée le 03/12/2014 par P. Bernanose, D. de
publication, avec la collaboration
de P. Pérochon, diététicien-nutritionniste, coordinateur éditorial.