[e-med] Les bailleurs donnent la priorité à la recherche de base et pas aux applications

[remerciement à CR pour la traduction de ce message de e-drug.CB]

E-DRUG : Les bailleurs donnent la priorité à la recherche de base et pas aux
applications
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Lien vers le rapport complet
http://www.policycures.org/downloads/g-finder_2010.pdf (7.53 MB)

Londres : selon un important rapport annuel, les financements pour la R&D
des maladies négligées ont glissé du développement de produits nouveaux -
médicaments et vaccins - pour revenir à la recherche de base.

La troisième étude sur le financement de l'innovation pour les maladies
négligées (Global Funding of Innovation for Neglected Diseases G-FINDER)
lancée ce jour, le 16 février au Royaume Uni, a trouvé que la majorité des
financements a augmenté de seulement un peu plus de huit pour cent en 2009
par rapport à 2008 et qu'ils ont été mieux répartis entre les maladies, le
SIDA, la malaria et la tuberculose qui prennent habituellement la part du
lion recevant cinq pour cent de moins. De plus les financements pour le
développement des produits en partenariat DPP ont baissé de 50 millions de
dollars USA.

Le partenariat, établi ces dernières années pour partager les risques de
trouver u produit qui sera mis sur le marché, a maintenant dans le pipeline
plus de 140 produits, médicaments, vaccins et diagnostics, comme le RTS,S de
GlaxoSmith Kline, un vaccin contre la malaria qui en est aux dernières
études cliniques.

Mary Moran, directrice de Policy Cures, un groupe indépendant qui
cherche à accélérer la sortie de nouveaux produits et qui a publié le
rapport a annoncé que le glissement vers la recherche de base locale est en
partie du aux organisations publiques nationales qui contribuent plus en
proportion à ces fonds.

En 2009, leur contribution a atteint les deux tiers des financements à
comparer au cinquième venant des organisations philanthropiques comme la
Fondation Bill & Melinda Gates.

Quatre organisations sont à l'origine de l'augmentation des financements:
les National Institutes of Health des Etats Unis, Le ministère de la défense
des Etats Unis, la coopération du Royaume Uni (DFID) et le centre pour la
recherche médicale du Royaume Uni (UK Medical Research Council).

Pour Moran, avant l'année 2000, on pouvait voir ce glissement, l'attention
était alors concentrée sur les chercheurs nationaux plutôt que sur la
recherche appliquée. Pour elle, que cela se produise maintenant est honteux
car il y a un portefeuille d'études de produits (sous la main NDLR).

"Les gouvernements ont augmenté leur contribution mais pour une utilisation
nationale à cause de la crise financière, a déclaré Moran sur SciDev.Net.
"Ils les emploient dans des domaines où ils se sentent à l'abri. En
agissant ainsi, on arrête d'envoyer des fonds au DPP et on arrête de se
concentrer sur le développement de produits.

"L'une des choses que nous cherchons à comprendre est de savoir si il
existe une approche structurée pour évaluer le retour sur investissement -
quels produits seront capable de rapporter le plus gros lot. Nous pensons
que les bailleurs seraient heureux de connaître la réponse, mais y
arriverons nous? Je ne sais pas".

Malcolm McNeil, expert-conseil en santé au DFID, avertissait lors du
lancement que le prochain rapport pourrait révéler plus de coupes parce
qu'en 2009 on n'avait pas atteint le pire de la crise économique.

"On doit se concentrer pas seulement à obtenir plus de fonds mais à obtenir
plus de résultats des fonds utilisés";

Tido von Schoen-Angerer, directeur exécutif de la Campagne pour l'Accès aux
médicaments essentiels de l'ONG Médecins Sans Frontieres déclare pour sa
part : "Le rapport confirme que nombre de DPP sont sous pression pour leurs
financements, alors qu'ils sont au moment d'engager le développement
clinique très coûteux. C'est donc un sujet préoccupant mais cela met aussi
le DPP face au besoin de montrer des résultats".

"Je pense que le rapport contient de bonnes nouvelles, comme par exemple
l'augmentation claire des financements . . . c'est très positif à la
lumière de la crise financière. En particulier, il est très bon de voir
cette augmentation de la part des fonds publics Nous avons toujours dit que
c'était une responsabilité publique".

"Les bailleurs donnent la priorité à la recherche de base et pas aux
applications"
Sans contester la réalité du risque exposé dans cet article, je voudrais
suggérer de relire le document de Marc Rousset du CNRS : "Recherche Fondamentale
et Recherche Appliquée, des notions qui ne veulent rien dire.
Un malaise depuis longtemps annoncé"
http://sauvonslarecherche.fr/spip.php?article514
[...] sans recherche il ne peut y avoir d’innovations, et sans innovation il ne
peut y avoir d’applications [...]

Bonne lecture
Edouard Guévart

Bonjour

Je trouve ce passage particulièrement scandaleux :

La troisième étude sur le financement de l'innovation pour les maladies négligées (Global Funding of Innovation for Neglected Diseases G-FINDER) lancée ce jour, le 16 février au Royaume Uni, a trouvé que la majorité des financements a augmenté de seulement un peu plus de huit pour cent en 2009 par rapport à 2008 et qu'ils ont été mieux répartis entre les maladies, le SIDA, la malaria et la tuberculose qui prennent habituellement la part du lion recevant cinq pour cent de moins.

Comment peut-on continuer à entretenir la concurrence entre les causes de cette façon ? Des milliers de milliards de dollars ont été consentis aux traders et aux banquiers pour sauver les bénéfices qu'ils avaient perdus dans une crise financière créée par eux-mêmes. Il y a donc assez d'argent pour couvrir tous les besoins.

Cessons de laisser croire que le sida, le paludisme et la tuberculose prennent l'argent des autres causes. C'est insupportable à lire pour les séropositifs, les malades du sida, et les personnes qui vivent avec une autre maladie grave.

Battons nous pour que les moyens soient à la hauteur des besoins, et combattons le discours qui tend à nous faire croire qu'il y aurait un gâteau restreint à se partager.

Jérôme Martin
Act Up-Paris