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Message-Id: Les collectes humanitaires de m�dicaments pourraient �tre
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E-MED: Les collectes humanitaires de m�dicaments pourraient �tre restreintes
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Les collectes humanitaires de m�dicaments pourraient �tre restreintes
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� LE MONDE | 16.01.02 | 15h34
VA-T-ON RESTREINDRE l'usage � des fins humanitaires des m�dicaments
r�cup�r�s dans les pharmacies ? Le d�bat est actuellement engag� par le
minist�re de la sant� et suscite les craintes de
plusieurs organisations non gouvernementales. Ces derni�res redoutent
de se voir priv�es de tout ou partie de leur source d'approvisionnement.
La discussion est n�e � l'occasion de la pr�paration d'un d�cret,
pr�vu pour l'�t� 2002, ayant pour objet de renforcer le statut juridique de
Cyclamed. Cette association agr��e, plac�e sous l'�gide du conseil national
de l'ordre des pharmaciens et financ�e par les laboratoires pharmaceutiques,
organise depuis 1993 la collecte par les officines des m�dicaments qui n'ont
pas �t� utilis�s par les particuliers. Plus de 11 000 tonnes de d�chets
issues de m�dicaments ont ainsi �t� r�cup�r�es en 2000 sur les quelque 70
000 tonnes que jettent chaque ann�e les Fran�ais.
La majeure partie de ce stock est incin�r�e. Mais douze associations,
les plus actives �tant Pharmaciens sans fronti�res et l'Ordre de Malte, sont
autoris�es � effectuer un tri pr�alable. Elles piochent gratuitement et
redistribuent tout aussi gratuitement dans diff�rents pays pauvres ou dans
des dispensaires fran�ais les m�dicaments r�utilisables. 713 tonnes, soit
l'�quivalent de 11 millions de bo�tes, ont ainsi �t� recycl�es en 2000. La
valeur marchande potentielle de ces dons se chiffre en millions d'euros,
m�me s'ils sont destin�s � des malades n'ayant pas les moyens de se payer un
traitement.
une g�n�rosit� d�sordonn�e
Mais la collecte humanitaire a donn� lieu � des abus qui posent un
probl�me d�ontologique. "Des bonnes volont�s envoient parfois n'importe
quoi", regrette Marie-Agn�s Cros, directrice g�n�rale de Pharmaciens sans
fronti�res. Qu'elle s'exerce � l'�gard de l'Alg�rie ou de la Roumanie, la
g�n�rosit� europ�enne est parfois d�sordonn�e. De la Nivaquine ou des patchs
antitabac ont ainsi �t� envoy�s en Bosnie et des cr�mes contre les coups de
soleil en Afrique noire. Ailleurs, des stocks ont �t� d�tourn�s par les
bellig�rants ou des potentats locaux qui les revendent sur des march�s
parall�les.
En juillet 2001, le minist�re de la sant� a convoqu� les organisations
humanitaires agr��es pour discuter du syst�me. Il appuie sa volont� de
r�forme sur une charte de l'Organisation mondiale de la sant� (OMS) qui
pr�conise un usage s�ri� de la redistribution gratuite, la d�conseillant
notamment dans les pays en guerre. "Notre position n'est pas d'interdire le
r�emploi mais d'en resserrer l'application", explique-t-on au minist�re. Un
des principes serait qu'aucun envoi ne se fasse sans demande pr�alable d'une
autorit� m�dicale du pays. "Il faut que la redistribution s'appuie sur un
contr�le pharmaceutique, en partenariat par exemple avec des dispensaires de
brousse", confirme Jacques Aumonier, secr�taire g�n�ral de Cyclamed.
Mais certaines pr�ventions � l'encontre des redistributions
humanitaires ne tiennent pas qu'� l'�thique. Des acteurs pharmaceutiques
r�prouvent pareilles largesses. "Certains laboratoires voient d'un mauvais
�il ces dons et pr�f�reraient que tout soit d�truit", explique Marie-Agn�s
Cros. "Les craintes des associations ne me paraissent pas fond�es", assure
M. Aumonier. Malgr� ces propos rassurants, ces derni�res restent vigilantes.
Elles viennent de lancer une p�tition, partant du principe que mieux vaut
pr�venir que gu�rir.
Benoit Hopquin