[e-med] Lutte contre le marché illicite en Guinée

Santé/Lutte anti pharmacie parallèle : le marché Madina, prochaine cible du Syndicat des pharmaciens
Sam, 10 Déc 2016, 18:09
http://guineenews.org/santelutte-anti-pharmacie-parallele-le-marche-madina-prochaine-cible-du-syndicat-des-pharmaciens/

A Conakry, la lutte contre la pharmacie parallèle n'aura été qu'un feu de paille. Depuis l'incinération de 96 tonnes de faux médicaments en mars dernier, les hommes de Moussa Tiégboro Camara, Secrétaire à la Présidence de la République chargé de la lutte anti drogue et du crime organisé, sont absents sur le terrain – du moins sur celui de la lutte contre les faux médicaments.

Pendant ce temps, la vente illicite de médicament reprend de plus belle. Le trafic de faux médicaments prospère de nouveau comme en témoigne la saisie en novembre dernier de deux camions remplis de produits pharmaceutiques prêts à débarquer au marché de Kankan.

Dr Manizé Kolié, Secrétaire général du syndicat des pharmaciens de Guinée a confirmé à Guineenews qu'il s'agit de faux médicaments. «Je ne sais pas comment ces camions ont pu être chargés et par qui pour aller servir de cercueil à nos compatriotes de Kankan », a dénoncé Dr Kolié, stupéfait par l’opiniâtreté des trafiquants.

Alors que les professionnels semblent être impuissants devant les clandestins, Dr Manize Kolié veut rassurer que la lutte n'est pas abandonnée. « Ce n'est que partie remise. La réalité, c'est que les habitudes ont la peau dure », a fait savoir Dr Kolié. Le syndicat des pharmaciens guinéens a annoncé pour très bientôt la reprise de la lutte qui a complètement perdu son intensité.

En découdre avec Madina

La prochaine étape, selon Dr Manize Kolié, sera Madina. Sauf qu'en découdre avec Madina paraît difficile pour le Secrétariat à la présidence chargé de la lutte contre la drogue, d'autant plus qu'aucune des menaces contre les grossistes de ce nid des clandestins n'a jamais été mise en œuvre.
D'ailleurs, en mars 2016, le service dirigé par le colonel Moussa Tiégboro Camara s'est heurtée à une résistance des vendeurs de médicaments au marché Matoto.

S'attaquer à Madina, ce serait attaquer au business de certains pharmaciens règlementaires. Dr Manizé Kolié reconnaît que les pharmacies n'ont pas la même taille et que certains pharmaciens vont s’y approvisionner. «Nous devons aller jusqu'au bout et nous sommes sur le point d'y arriver », s'est néanmoins résolu Dr Manize Kolié. Car, le marché parallèle « fait tuer au moins un Guinéen chaque jour.» En plus, indique Dr Kolié, la Guinée est le seul pays dans la sous-région à se trouver dans la situation.

Les pharmaciens guinéens déplorent que les clandestins détiennent des faux médicaments d'une valeur de plus de 800 milliards de francs guinéens. Si la situation est arrivée là, c'est le fait des différents gouvernements qui se sont succédé à la tête de ce pays, estime Dr. Fodé Oussou Fofana, président de l'Ordre des pharmaciens de Guinée.

«Il y a eu un laisser-aller total dans ce secteur. On ne sait pas qui fait quoi en Guinée. Or, tout le monde sait qu'en Guinée, la loi 094 du 22 mars 1994 confère la vente de médicament aux pharmaciens », affirme Fodé Oussou Fofana. En revanche, Mamadou Danhè Diallo, porte-parole du Collectif des vendeurs de médicaments, confiait récemment à un site de la place que la vente illicite de médicament a sa place dans un pays où l'Etat n'assure pas totalement la couverture sanitaire…

Bonjour

A la limite je me demande si ces informations nous intéresse encore.
Pourquoi doit-on faire semblant de lutter contre les faux médicaments? Ne
trouvons nous pas lassant de parler tout le temps d'un phénomène dont tous
les déterminants sont connus et dont rien de conséquent n'est fait contre;
pire beaucoup de ceux qui condamnent même l'encouragent? "Dr Manizé Kolié
reconnaît que les pharmacies n'ont pas la même taille et que certains
pharmaciens vont s’y approvisionner." Qu'est-ce qu'ils ont à foutre que le
marché parallèle « fait tuer au moins un Guinéen chaque jour.» Comme l'a
dit des syndicats de la santé lors de leur grève sans service minimum au
Burkina récemment, même sans cela les gens mourront. Et ce sont les
gouvernements seuls qu'on accuse. Est-ce qu'on ne devrait pas commencer à
lutter contre la vente des faux médicaments par les pharmaciens et autres
personnels de santé?
Cordialement!

--
Simon KABORE
Directeur Exécutif du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
04 BP: 8038 Ouagadougou 04 Burkina Faso
Tel: bur (226) 50 37 70 16
         Cel: (226) 70 24 44 55
E-mail alternatif: simonkabore@rame-int.org

Bonjour Simon,

Cela doit encore nous intéresser. Voir la décision dans un message
précédent du Ministre de la Santé de mettre de l'ordre au niveau des
grossistes agréés. Si cette décision n'est pas suivie d'une action, nous
pourrons mettre en cause le gouvernement.

Il est évident qu'avec plus de 100 grossistes plus rien n'est contrôlé.
Lutter contre le marché illicite en Guinée comme ailleurs , c'est mettre
de l'ordre dans le secteur pharmaceutique pour le rendre crédible.

D'autre part, il faut que le Ministère de la justice mette en
application dans ses condamnations les catégories de peines inscrites
dans la convention Médicrime.

Certains pharmaciens sont responsables dans les dérives constatées, mais
c'est le gouvernement qui a la clé pour faire évoluer la situation.

Serge

Merci Serge
Je ne nie pas le rôle des gouvernements, mais j'insiste sur le rôle des
acteurs de la profession et de leurs différents regroupements : ordres,
syndicats, associations de pharmaciens.
Cordialement!

--
Simon KABORE
Directeur Exécutif du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
04 BP: 8038 Ouagadougou 04 Burkina Faso
Tel: bur (226) 50 37 70 16
         Cel: (226) 70 24 44 55
E-mail alternatif: simonkabore@rame-int.org

Cher Simon

je partage tout a fait l'avis de notre collegue Serge car le role des Gouvernements est primordial et fondamental dans l'assurance de la qualite des produits de sante debites dans les pays. La ou la regulation se fait de la maniere optimale ou presque, c'est la ou nous observons moins de problemes de marches paralleles. je connais un pays ou le marche parallele n'existe pas en tant que tel mais la complicite entre l'ANR et le secteur prive des grossistes prives fait que l'existence de ce type de marches est notoire. Ce sont les grossistes qui font importer des produits de qualite douteuse, non enregistres et qui ne respectent pas la voie reglementaire d'importation. Ainsi, le marche des faux medicaments existe et prospere et les autorites techniques et politiques le connaissent bien.

Alors l'action des partenaires et de la socite civile ne donneront aucun resultat si la volonte expresse des Gouvernements pour changer, developer et ameliorer les situation (legislation, gestion, coordination et suivi a travers les inspections) est manifeste et se traduit de maniere concrete.

Il est aussi des responsabilites morales et politiques des Gouvernements de le faire et bien car la sante est un droit.

Eby

Cher Eby

Le rôle des organisations des professionnels du médicament est de pousser
pour obtenir cette volonté des gouvernements. Mais que peuvent elles faire
si elles sont composés de membres impliqués dans les faux médicaments ou
qui ont peur de s'engager ouvertement dans la dénonciation ? N'imaginez pas
qu'une volonté politique nait toute seule sans pression conséquente,
souvent au risque de perdre certains conforts.
Cordialement !

Simon

Salut Simon,Chers tous,

Le premier moyen pour lutter contre les faux médicaments est de rendre disponible des médicaments de qualité, sécurité, efficace et de sécuriser le circuit légal défini contre l'infiltration de faux médicaments. Je pense que le RAME, ne dira pas le contraire. C'est le rôle régalien de tout Etat à travers les ANR. De ce point de vue, il faut donc saluer la démarche des autorités sanitaires guinéennes. Oui Simon, ce qui se passe en Guinée est important.

Seulement dans cette démarche, les professionnels du médicament ont effectivement un rôle important à jouer. C'est l'autre volet de ton intervention que je comprends également.

Effectivement, comme nous dit l'adage, "le linge sale se lave en famille". Autrement dit, comment dire à un individu lambda d'aller en pharmacie, si ce même individu croise le pharmacien au marché parallèle...?

Cordialement

Dr SAWADOGO Windégoudi Casimir
Sce Inspection Phceutique (SIP)DGPML /Ministère de la Santé
cel : 70442942/78211152 bur : 50324660swcasi@yahoo.fr
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