[e-med] Ouverture d'une première usine de fabrication d'ARV pour l'Afrique centrale

Ouverture d'une première usine de fabrication d'ARV pour l'Afrique
centrale
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http://fr.allafrica.com/stories/200502150507.html

15 Février 2005
Publié sur le web le 15 Février 2005

Libreville

- Le Gabon vient de se doter de la première usine de fabrication de
médicaments contre le sida et le paludisme d'Afrique centrale, une unité
à vocation sous-régionale qui commercialisera ses produits dans les six
pays de la Communauté économique et monétaire d'Afrique centrale
(CEMAC).

«Une bataille est gagnée dans la lutte contre la pandémie du sida : la
réduction de la dépendance de notre pays vis-à-vis de l'extérieur en
matière de médicaments", a dit la ministre gabonaise de la Santé,
Paulette Missambo, lors de l'inauguration de l'usine samedi à Owendo,
dans la banlieue de la capitale gabonaise Libreville.

"Cette usine constitue une réponse appropriée aux besoins en médicaments
d'autres pays de la CEMAC", a ajouté Missambo.

Quelque 30 millions d'individus vivent dans les pays de la Cemac dont
sont membres le Gabon, le Cameroun, le Congo, la Guinée Equatoriale, la
Centrafrique et le Tchad.

Les principaux médicaments qui seront fabriqués par cette unité
pharmaceutique soulageront notamment du paludisme, de la tuberculose et
du sida. Six combinaisons antirétrovirales (ARV) seront commercialisées
au profit des trois millions de séropositifs qui vivent en Afrique
centrale.

Le prix des tests de dépistage et des ARV qui améliorent les conditions
de vie des personnes qui vivent avec le VIH/SIDA, a considérablement
chuté au Gabon. Les ARV ne coûtent qu'entre quatre et dix dollars par
mois, contre 800 à 1 000 dollars avant avril 2003, date à laquelle le
gouvernement gabonais a mis en place un fonds de solidarité
thérapeutique d'environ trois millions de dollars destiné à aider les 38
000 séropositifs du pays.

La solidarité thérapeutique prend également en charge les maladies
opportunistes qui se développent sur des organismes affaiblis par le
virus.

Selon le ministère de la Santé, les médicaments contre le paludisme
seront fabriqués à base d'Artemisia Annua, une plante originaire de la
Chine et du Viêt Nam qui permet de contourner les résistances aux
médicaments dérivés de la quinine et de la chloroquine.

Environ 15 millions de cas de paludisme ont été soignés en 2003 grâce à
une trithérapie fondée sur l'artemisinine qui, en trois jours, anéantit
le parasite.

L'usine, réalisée par le groupe belge Propharex et entièrement financée
par le Gabon à hauteur de 647 000 dollars, sera gérée par la Société
gabonaise de fabrication de médicament (Ogafram).

Le Brésil, un pays qui produit déjà des antirétroviraux pour les pays en
développement, envisage d'accroître les transferts de technologies afin
de permettre au Gabon de bénéficier des compétences requises pour
fabriquer des médicaments à grande échelle, a précisé le ministère de la
Santé.

Selon la dernière étude sentinelle réalisée en 2003, le taux de
prévalence est en hausse dans ce petit pays de 1,2 millions d'habitants,
où 8,1 pour cent de la population adulte vit avec le VIH/SIDA.