[e-med] "Prescrire" plaide pour une signalisation des médicaments sous surveillance

"Prescrire" plaide pour une signalisation des médicaments sous surveillance

"Prescrire" plaide pour une signalisation des médicaments sous surveillance
LEMONDE.FR avec AFP | 17.01.11 | 20h33 . Mis à jour le 17.01.11 | 21h16
http://www.lemonde.fr/planete/article/2011/01/17/prescrire-plaide-pour-une-signalisation-des-medicaments-sous-surveillance_1466951_3244.html#ens_id=1440622
Bruno Toussaint, le 17 janvier à Paris. AFP/MIGUEL MEDINA

Le directeur de la revue médicale indépendante Prescrire, Bruno Toussaint, a
estimé lundi 17 janvier lors d'une conférence de presse qu'un avertissement
clair pour les patients devrait être mis sur les boîtes de médicaments qui
font l'objet d'une surveillance particulière sur le plan des effets
indésirables.

Selon lui, un signalement très apparent, par exemple un logo sur les
boîtes, permettrait aux patients, mais aussi aux professionnels de santé,
d'être plus vigilants. Bruno Toussaint a souhaité plus généralement que le
ministre de la santé, Xavier Bertrand, mette en ouvre "rapidement et
fermement" les changements annoncés dans la foulée du scandale lié au
Mediator. Le "désastre sanitaire" du Mediator marque un "moment historique
pour avancer", a dit le docteur Toussaint.

Le ministre de la santé a estimé que pour obtenir l'autorisation de mise le
marché, il faudrait qu'un nouveau médicament soit au minimum équivalent au
produit de référence déjà commercialisé, alors qu'actuellement il peut
simplement faire mieux qu'un placebo (substance inactive). Prescrire appuie
cette proposition du ministre, puisqu'elle la propose "depuis 2001". "Mais
ça ne sera pas facile au niveau de l'Europe", a prévenu le Dr Toussaint.

UN EMPILEMENT DES MÉDICAMENTS

Il a d'ailleurs rappelé que l'"on retrouve dans l'agence européenne les
mêmes problématiques qu'on a vues à l'Afssaps (agence française)", évoquant
notamment des "conflits d'intérêts". "Il y a encore beaucoup de médicaments
sur le marché trop dangereux", a-t-il rappelé. "Il arrive 15 à 20
médicaments sur le marché chaque année, et il en sort seulement 3 à 4 pour
des raisons de pharmacovigilance, alors forcément ça s'empile", a poursuivi
le Dr Toussaint, partisan d'"un grand ménage".

Il a cité à titre d'exemple des médicaments dans le collimateur de sa revue
comme Actos (antidiabétique oral), Ketec (antibiotique) ou encore la
nimésulide (anti-inflammatoire, Nexen et ses génériques) ainsi que le
buflomédil (vasodilatateur). A ce titre, il s'est montré favorable à l'idée
de créer un corps de visiteurs médicaux indépendants de l'industrie
pharmaceutique.
Interrogé sur son éventuel participation au travail des commissions sur le
médicament, il a souligné que sa revue passait avant tout le reste.
"Prescrire participera au cas par cas. Mais nous n'allons pas devenir des
apparatchiks des commissions", a-t-il ajouté.