[j'ai hésité à mettre ce message car il contient un peu de publicité...
mais sur le plan technique, qu'en pensent les e-mediens ? est-ce que cela peut faciliter le travail des gestionnaires ? CB]
Technologies de linformation
Une meilleure santé à la portée d'un simple « clic »
http://www.lemessager.net/details_articles.php?code=142&code_art=23582
Les technologies de l'information aident les dispensaires du Rwanda à
élargir leur rayon d'action.
Mayange, un petit village aux ruelles poussiéreuses situé à 20 kilomètres de
Kigali, la capitale du Rwanda, est doté d'un dispensaire qui dispose de
moins de 40 lits pour s'occuper d'une population locale estimée à 35 000
habitants. Ce dispensaire est probablement ainsi à l'image de milliers
d'autres à travers le continent qui s'efforcent de traiter leurs patients
malgré l'insuffisance de leurs ressources et de leur personnel.
Aujourd'hui, grâce à un partenariat novateur entre le gouvernement, des
organisations non gouvernementales et des entreprises privées, le
dispensaire de Mayange a la possibilité d'utiliser la téléphonie mobile pour
fournir un meilleur traitement à ses patients. A l'aide de logiciels mis au
point par Ericsson et de portables, don de la filiale rwandaise de Mobile
Telephone Networks (MTN), une société sud-africaine, le personnel de santé
peut consulter le dossier médical d'une femme enceinte qui a été enregistré
dans une base de données disponible en ligne; ensuite en cas d'urgence,
toujours par téléphone portable, guider les gens qui s'occupent de cette
femme. La mémoire de chacun de ces téléphones [
] inclut un manuel de
formation aux soins maternels et infantiles qui comprend des images et des
conseils oraux enregistrés qui peuvent être envoyés aux nouvelles mères et à
leur famille.
Ce projet, bien qu'ayant démarré il y a seulement quelques mois, « aura des
effets très importants », a déclaré le Dr. Joseph Ryarasa à Afrique
Renouveau. « Pour réduire la mortalité maternelle et infantile, il faut
éduquer les mères et le personnel de santé. Maintenant, nous pouvons leur
envoyer des messages éducatifs grâce à leur téléphone ou les informer sur
les vaccinations. »
Un financement du gouvernement du Rwanda et le soutien du Earth Institute de
l'Université de Columbia de New York a permis d'équiper le dispensaire de
Mayange d'un chargeur solaire [
permettant] d'alimenter 30 téléphones. Il
dispose aussi d'une base de données informatique accessible par téléphone
portable qui contient les dossiers médicaux des familles du village, ce qui
permet au personnel de suivre l'évolution de leur état de santé.
Une adaptation facile
Carl-Henric Svanberg, Directeur général d'Ericsson, explique que lancer des
projets similaires ailleurs en Afrique serait facile et peu coûteux. «
Différentes localités voudront appliquer le logiciel à des choses
différentes la santé, l'agriculture, s'informer des prix sur le marché au
poisson. Pas besoin d'être un super génie pour adapter le logiciel.
Les informaticiens africains peuvent le faire facilement », explique-t-il.
Pour commencer, l'institut et Ericsson ont l'intention de lancer le projet
dans 10 autres villages africains.
Selon Joanna Rubenstein, une directrice du Earth Institute, ces technologies
de la communication et de l'information (TCI) sont un important instrument
pour permettre à l'Afrique de faire face à ses problèmes sociaux. « Nous
pensions initialement que nous devions attendre de faire parvenir
l'électricité dans ces endroits pour pouvoir introduire de telles
technologies. Mais grâce aux panneaux solaires, c'est possible immédiatement
», affirme-t-elle. Cette avancée technologique a ouvert la voie à « des
applications pour lesquelles nous n'utilisons pas normalement nos téléphone
mobiles dans les pays développés. »
Suivre le traitement du sida
Le dispensaire de Mayange n'est pas le seul à utiliser les réseaux de
téléphonie mobile pour améliorer les soins de santé. Aujourd'hui au Rwanda,
143 dispensaires publics et cliniques privées qui offrent des médicaments
antirétroviraux aux personnes touchées par le VIH/sida font usage de
Tracnet, un système qui emploie des portables pour recueillir des
informations sur l'état des patients infectés. Il aide aussi le centre
national de fourniture des produits pharmaceutiques à suivre les stocks de
médicaments qui sont disponibles dans chacun de ces établissements et à les
renouveler en temps voulu, réduisant ainsi la fréquence des pénuries
d'antirétroviraux.
« C'est une technologie simple qui a changé la manière dont nous faisons
face au VIH au Rwanda, explique le Dr. Tom Mushi, de la Polyclinique de
l'Espoir à Kigali. Auparavant, il arrivait fréquemment que les petits
centres de santé manquent de médicaments essentiels et de fournitures. Les
délais nécessaires pour renouveler leurs stocks pouvaient interrompre leur
capacité de remplir les ordonnances. « Désormais, si les médicaments ne
peuvent pas être obtenus assez rapidement à partir des stocks nationaux, ils
peuvent s'adresser à un centre de santé voisin qui a des stocks suffisants
pour satisfaire leurs besoins », déclare-t-il.
Tracnet est un projet conjoint d'une société privée, Voxiva, et du ministère
de la Santé au Rwanda; il est financé en partie par la Banque mondiale. Des
partenariats similaires entre sociétés privées, gouvernements et agences de
l'ONU existent en Ouganda et au Mozambique. Au Burkina Faso et au Burundi,
des communautés rurales reçoivent une formation aux soins pour les patients
du VIH/sida dispensée par le moyen des technologies mobiles.
Albert Butare, ministre d'Etat, ministre de l'Energie et des communications
au Rwanda, appelle les bailleurs de fonds à soutenir les solutions
technologiques susceptibles de résoudre certains problèmes sociaux. « Quand
nous avons entrepris d'adopter les TCI, nous avons en fait eu des problèmes
avec nos partenaires de l'aide au développement, explique-t-il. Ils nous ont
dit, vous êtes trop ambitieux. Est-ce que vous avez vraiment besoin
d'ordinateurs et de l'Internet ou plutôt d'assez d'eau potable, de bons
abris et de nourriture? Nous avons répondu que ces ressources ne
s'excluaient pas les unes les autres, qu'elles nous étaient toutes
nécessaires. »
* Auteur du texte, rédigé de Kigali, la capitale du Rwanda, pour Afrique
Renouveau, un magazine de lOrganisation des Nations unies consultable sous
www.un.org/AR. Des commentaires peuvent lui être communiqués à
africarenewal@un.org.