E-MED: RCI:le commerce ambulant des m�dicaments prend de l�ampleur
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Le commerce ambulant des m�dicaments prend de l�ampleur
Fraternit� matin
N�11465
25 janvier 2003
Bouak�
A quelque chose malheur est bon �, semble se dire aujourd�hui la multitude
de � pharmaciennes ambulantes � qui arpentent d�sormais les rues de Bouak�.
Certes, l�activit� n�est pas nouvelle, mais il faut admettre qu�elle prend
une telle ampleur qu�il y a lieu de craindre les intoxications li�es � la
p�remption des m�dicaments, leur mauvaise qualit� et conservation. De m�me
qu�� des prescriptions hasardeuses.
Un autre drame qui se dessine donc avec cela de pr�occupant que ce n�est
certainement pas demain la veille. Car � Bouak� comme dans toutes les zones
occup�es, les officines priv�es classiques de pharmacie sont en rupture de
stock. M�me si la plupart d�entre elles sont d�sormais ouvertes. Les
produits couramment prescrits comme l�aspirine, la nivaquine et autres
anti-palustres manquent cruellement dans les rayons. Selon un pharmacien qui
a requis l�anonymat, Laborex, l�un des principaux grossistes de la place, a
�t� contraint de fermer, faute d�approvisionnement.
Aussi, des r�seaux parall�les de distribution ont-ils pignon sur rue. Dame
A�cha, une vendeuse bien connue qui revendique un chiffre d�affaires
d�multipli� �, cite les fili�res ghan�enne (par Bondoukou), malienne,
burkinab�, nig�riane et guin�enne. � Avant, je gagnais � peine 3000F par
jour, mais aujourd�hui, je peux faire jusqu�� 12.000FCFA�, r�v�le-t-elle
satisfaite. L�affaire marche tant et si bien que dame A�cha emploie
d�sormais une bonne vingtaine de filles. Prenez une moyenne de 5.000 FCFA
seulement et multipliez la par 20 et vous comprendrez l�engouement que
conna�t le secteur. De petites � Nana Benz � du m�dicament, ce n�est donc
plus ce qui manque � Bouak� et dans les zones occup�es, pourtant menac�es de
r�cession (p�nurie de liquidit�).
Le diagnostic ? � Tu dis ta maladie et moi je te propose un m�dicament cens�
te soulager �, explique Mariame, une vendeuse qui d�bute pourtant dans le
m�tier. Comment, par qui et durant combien de temps ces vendeuses
sont-elles form�es ? La r�ponse vous donne de la sueur froide.
� On regarde les autres et on retient les noms, quelquefois l�on improvise
et si apr�s le client nous dit qu�il a �t� soulag�, alors l�on en tient
compte � l�avenir � s��vertue � nous expliquer Korotoum.
Ainsi, le m�me m�dicament peut � soigner � une foultitude de maladies des
plus diverses et quelquefois � oppos�es �. Et le plus grave, fait observer
M. Konan Alphonse un � accro � pourtant de la pharmacie ambulante c�est que
� beaucoup de m�dicaments sont faux �. En fait, en d�autre occasions, l�on
pourrait ainsi parler de placebo. Mais ici, l�on invoquerait plut�t une
tricherie � grande �chelle voire une arnaque. En tout �tat de cause, c�est
de la contrebande.
Des morts ? En l�absence de statistiques fiables, la prudence est de mise.
Mais, des cas d�intoxication venant renforcer le scepticisme et la m�fiance
des uns et des autres sont par contre monnaie courante. Reste que le nombre
de personnes satisfaites est de loin sup�rieur et promet ainsi de beaux
jours aux vendeuses qui n�en demandent pas mieux. La modicit� des prix
pratiqu�s, l�accessibilit� aux produits, la facilit� du diagnostic et l�
accoutumance demeurant des atouts non n�gligeables. Quand la pauvret� s�y
ajoute dans cette situation de guerre persistante, l�on aura tout compris.
DIALLO MOHAMED
Correspondant r�gional
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