Traitement de l’obésité De faux médicaments vendus en ligne
par Audrey Vaugrente
Publié le 21 novembre 2025
Plusieurs sites Internet proposaient de faux traitements de l’obésité,
dits agonistes du GLP-1. L’Agence nationale de sécurité du médicament
(ANSM) a fait un signalement à la justice et obtenu le retrait de
certains d’entre eux.
Des traitements de l’obésité étaient vendus sur Amazon, eBay ou encore
Cdiscount. Ces plateformes de vente en ligne font partie des 10 sites
épinglés par l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM). Leur
tort : proposer aux clients des médicaments censés contenir du
sémaglutide, une molécule favorisant la perte de poids. Une pratique
illégale et dangereuse à laquelle Amazon, eBay et Cdiscount ont mis
fin.
En France, la vente de médicaments en ligne n’est permise que dans
certains cas. Depuis 2013, les pharmacies peuvent proposer des
médicaments non soumis à prescription, à condition de disposer d’une
officine physique. Elles doivent, pour cela, se déclarer auprès de
leur Agence régionale de santé (ARS). La liste des sites autorisés,
elle, peut se trouver sur le site de l’Ordre national des pharmaciens.
Hors de ce cadre, la vente en ligne est prohibée.
Patches au sémaglutide sans sémaglutide
Mais selon l’Institut de recherche anti-contrefaçon de médicaments
(IRACM), 96 % des pharmacies en ligne seraient illégales. De fait, les
faux sites de pharmacie pullulent sur le web, parfois en utilisant les
anciennes URL (adresse Internet) de vrais établissements. Prudence,
donc, avant d’acheter : l’Organisation mondiale de la santé (OMS)
estime qu’un patient a une chance sur deux d’acheter un médicament
falsifié par ce biais. Cette affaire le confirme. L’ANSM a analysé des
patches censés contenir du sémaglutide, sans en retrouver la trace. Ce
sont parfois d’autres molécules qui sont utilisées par les
malfaiteurs. En Italie, une femme est ainsi tombée dans le coma après
s’être injecté de l’insuline en lieu et place du sémaglutide commandé
en ligne.
« Nous avons demandé aux sites marchands identifiés de retirer sans
délai ces produits de la vente », précise l’ANSM. Les 7 sites qui
n’ont pas obtempéré ‒ gérés par Hamjouy Limited et Zongest Limited –
font l’objet d’un signalement à la justice et de décisions de police
sanitaire. Elles permettront la saisie des produits par les douanes.
L’accès à ces sites n’est également plus possible.