Du rétatrutide de contrefaçon vendu au marché noir
Par Arthur-Apollinaire Daum - Publié le 21/10/2026
Alors que les difficultés d'accès aux médicaments anti-obésité
persistent, des patients se tournent vers un marché noir. Sur les
réseaux sociaux, du rétratutride contrefait, qui n'est pas encore
commercialisé, se vend sous le surnom de King Kong.
Le futur champion de la perte de poids n'est pas encore commercialisé
qu'il se vend déjà au marché noir. Le rétatrutide, développé par
l'américain Eli Lilly et dont la particularité est de cibler les trois
récepteurs des hormones intestinales (GLP-1, GIP et glucagon),
occasionnerait une perte de poids grimpant jusqu'à 28 % de la masse
corporelle en quatre-vingt semaines, selon une étude publiée le 10
octobre 2026 dans le Lancet. Largement au-dessus de ses concurrents,
donc. Plus intéressant encore, ces travaux de phase 3 indiqueraient
que la perte de masse musculaire serait plus faible que celle induite
par les autres molécules. Seulement, bien que le médicament ne soit
pas encore disponible puisqu'il ne devrait arriver que dans quelques
mois outre atlantique et pas avant 2028 en Europe, une rapide
recherche sur le réseau social TikTok permettrait de se le procurer,
explique le Journal of International Medicine.
De nombreux utilisateurs, dont des influenceurs fitness suivis par des
centaines de milliers d'abonnés, présentent la molécule comme le
meilleur médicament pour la perte de poids et pour se dessiner un
corps d'athlète. Surnommé « King Kong », ces produits ni autorisés, ni
contrôlés, sont généralement fabriqués par des laboratoires chinois.
Dès lors, il est difficile de connaître leur véritable composition.
En France, le Journal of International Medicine indique que ce sont
les difficultés d'accès à ces médicaments, qui conduisent les patients
à se tourner vers le marché noir. « Les GLP-1 sont désormais
remboursés en France, mais seulement au-delà d’un IMC de 40, après six
mois de parcours imposé qui va peut-être vous fermer les portes des
ordonnances. La Méthode Azentra, c’est l’autre voie : simple, sans le
parcours de six mois », vante une publicité récemment épinglée par
l'Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé
(ANSM). Cette dernière rapporte par ailleurs la déclaration d'effets
indésirables graves (nausées, fatigue intense, atteintes hépatiques ou
réaction allergique sévère) consécutive à l'utilisation de ces
produits.
Alors que le gendarme du médicament a émis une alerte sur la vente en
ligne de ces produits présentés comme des « peptides » en juillet
dernier, TikTok s'est engagé à faire supprimer toutes les les vidéos
publiées sur sa plateforme contenant les mots « rétatrutide » et «
reta ». Cela suffira-t-il à abattre King Kong ?