[e-med] (10)Assurance maladie au Benin

Bonjour,
A mon avis l'assurance maladie ne pourrait etre possible dans les pays de l'UEMOA qu'avec une meilleure implication des collectivites territoriales.
Mais si la grande partie de l'offre et la demande doivent etre sous leur responsabilite, je trouve que le transfert creera plus de problemes.
Nous connaissons les insuffisances du systeme actuel fonde sur l'Initiative de Bamako. Alors, il reste a compenser ce que l'Etat n'a pas pu faire et alleger ses charges tout en renforcant certains indicateurs y compris les RH.
Il existe deja certains decrets d'application de la Loi. Mais je ne suis pas convaincu que les mairies ont en tete de mettre un systeme de gestion different de celui en cours. Alors, je me demande a quoi aura servi la decentralisation et le transfert s'il faut poursuivre le meme chemin sans un mecanisme pour minimiser ces insuffisances ?
En tout cas, pour un financement perenne des medicaments essentiels dans les communes rurales par exemple, il faut une excellente organisation des municipalites afin de travailler au renforcement des pouvoirs d'achat des menages. Je ne suis pas contre le transfert, j'invite seulement les maires sur un terrain vierge ou ils pourront accompagner efficacement ce transfert afin de repondre aux besoins des menages. A defaut, il faut que les Etats demandent un appui exterieur ou des dettes a la banque mondiale pour financer l'assurance maladie. Je crois qu'il faut partager les taches entre l'Etat et les mairies avec des documents referentiels et des standards suffisament decortiques avant de parler des transferts. Si on regarde les plans de developpement communaux, le secteur sante est presque oublie. Alors que c'est de la responsabilite des mairies d'aider les menages a assurer la demande de medicaments et des soins de sante tout en reduisant la part des paiements directs par les menages.
Tous les pays veulent mettre en place l'assurance maladie dans l'espace UEMOA mais qui va pagner ?
Quel role pourront jouer les mairies ?
Merci !
SAOUADOGO Hamado Christian D.
pharmacien de santé publique

Chers e-mediens,

Ce sujet d'assurance maladie est interessant dans le sens qu'il facilite aussi l'acces a des medicaments. J'ai quelques preoccupations (probablement debattues au debut de la discussion):
1. Ce modele d'assurance est-il base sur les cotisations sociales ou professionnelles (modele bismarckien), sur les impots ou taxes preleves par l'Etat (modele beveridgien) ou sur la predominance de l'assurance privee ?
2. Quel est le role de l'Etat beninois dans ces enjeux ?
3. Y-a-t-il eu une etude pour minimiser les aleas moraux et/ou les risques de selection adverse afin d'eviter la faillite de ces compagnies d'assurances ?

Charly Mampuya, PharmD
Kinshasa/RDC

Il y a aussi une autre possibilité (transitoire ??). Au Burundi quand le
Président a décrété "la gratuité" pour les enfants de moins de 5 ans et les
femmes qui accouchent, cela a d'abord été une grande pagaille et un
effondrement du système de santé et de l'approvisionnement en médicements
essentiels.

Comme dans d'autres pays, après l'annonce les techniciens se débrouillent
!!!

Un fond a été créé. L'argent est venu du budget de l'Etat, mais sur ligne
IPPTE (remboursement de la dette). Comme souvent dans d'autres exemple, le
remboursement a tardé (engagement des lignes budgétaires) et le système a
eu du mal a se remettre en route (2 ans pour le circuit du médicament).

En 2010, la banque mondiale a mis en place le financement de la performance.
Une partie de ce financement semble servir pour acheter des médicaments à la CAMEBU. C'est en cours de vérification.

Il reste encore des problèmes avec le contrôle. Abus du système ??

Il existe aussi au Burundi une mutuelle des fonctionnaires avec prélevement
à la source. Cotisations sociales ou professionnelles (modele bismarckien)

Il me semble que tout cela doit être mis en oeuvre avec l'aide
internationale. Comme envisagé en Côte d'Ivoire, le Burundi a signé un
"Compact". L'ensemble des partenaires de la santé dans les pays en voie de
développement ont-il vraiment la volonté pour des actions pérennes ??

Serge Barbereau