[e-med] (5)Campagne/programme d'information sur les dangers du marché illicite des médicaments

Le problème du marché illicite de médicaments est
certes en rapport avec les insuffisances de
l'application de la réglementation, de la justice et
de la surveillance des frontières.
Mais il faut surtout travailler à rendre le
médicament plus accessible aux populations.
Personne ne payera un médicament avec les "enfants" s'il
a un bon médicament au même prix, plus faible où à un prix
acceptable avec les conseils, les guides
thérapeutiques qu'il a réellement besoin.

Il y a une responsabilité professionnelle pour chaque
Pharmacien de voir où il dois agir pour que le
médicament soit plus accessible. Si on fait le total
des actions, on le rassemble dans les régions et on
pousse un journaliste à faire l'investigation.

Si le travail est fait correctement pour que les
populations aient réellement accès aux médicaments,
un bon journaliste et un juge pouront démasquer les
grands trafiquants de médicaments. La cible sera le
sommet et non la base de ce fléau.

Il y a vraiment une nécessité d'action commune mais il
faudra évaluer à quel niveau il faudra agir. Rien ne
pourra stopper ce marché, sinon que par une bonne
disponibilité, un accès équitable aux médicaments
essentiels. Ce qui n'est pas pour demain dans les pays
où ce marché se développe.
Quand je prend l'exemple d'un paysan qui n'a que 200
fcfa dans la journée, s'il présente un état fébrile,
il aura de la peine à dépenser 100 f cfa. Ce problème
n'est pas que chez le plus pauvre, multiplions le
facteur pour nos moyens respectifs et voyons la
décision individuelle.

Si l'action commune ne recherche pas les vrais causes,
les cibles et les sites d'actions, il n'y aura jamais
de résultats. Ce sera beaucoup d'argent dépensé pour
un résultat inférieur à zéro.

      Dr Christian Donald Hamado SAOUADOGO

  Pharmacien, Etudiant Master II
  Santé Internationale
  Université SENGHOR
  1, Place Ahmed Orabi
  El Mancheya
  BP : 21 111 - 415
  Alexandrie
  Egypte
  Tel : (02)0128517817 (Portable);
  Télécopieur : + (203) 48 43 374
christdonaldh@yahoo.co.uk

Je me réjouis de la tendance actuelle des débats sur le marché illicite des
médicaments. Maintenant que l'on est tous d'accord qu'il faut la combinaison
de plusieurs mesures pour endiguer le fléau, peut-on réfléchir sur une
démarche possible?

La démarche que je propose est que Remed ou une autre organisation
d'envergure rassemble un certain nombre d'acteurs avisés pour élaborer un
programme d'action contre les médicaments illicites, intégrant les
propositions du Dr Dah Ould El hajd Sidi. Ce programme doit allier enquêtes,
dénonciations, activisme, information et sensibilisation du public à long
terme. La volonté politique, qui est une pierre angulaire dans cette lutte,
ne pourra s'obtenir de soi: une pression est forcement nécessaire.

Simon KABORE
Coordonnateur RAME
Burkina Faso
simonkabore@rame-bf.org>

Ce fléau nous ne le dirons jamais assez préoccupe tous les professionnels du médicament, les propositions certes divergentes ne visent qu'un seul but c'est l'éradication à terme de ce fléau qui n'a que trop affecté les populations africaines démunies, et sous informées.
La précarité de nos populations ne doit pas justifier un engouement de celles-ci à consommer des médicaments avariés, contrefaits, et mal conseillés.
Ce fléau devient une grande pieuvre à plusieurs tentacules qu'il nous faut combattre; les campagnes de sensibilisation menées en collaboration avec remed, la fondation fabre les années passées ont rendu le pharmacien visible, acteur de santé incontournable dans la politique sanitaire et non complice comme le prétendent ceux qui alimentent le marché illicite auprès des pouvoirs publics.

Il nous faut donc:
- revoir nos stratégies de lutte en continuant cette campagne.
- élargir le nombre de partenaires pouvant apporter un soutien logistique.
- travailler avec les radios, télévisions africaines, la presse internationale par l'élaboration des campagnes publicitaires.
- au niveau de l'Ispharma nous sommes en train de rédiger un mémorandum à soumettre aux différents chefs d'état africains (c'est l'action politique,sans laquelle nos cris s'évanouiront dans le fond des forets et savanes africaines).
- en dehors des forums pharmaceutiques, il faut créer un cadre de travail qui peut rassembler les idées des uns et des autres, les membres de ce cadre de travail seront: les dpm,les directeurs des centrales, l'Iopa, l'ispharma et quelques individualités, ReMeD, Leem.

Ces réseaux parallèlles illicites bénéficient des grands soutiens, les acteurs à savoir les vendeurs illicites concoctent de très grands plans de destabilisation et de contre propagande contre le pharmacien souvent assimilé aux faiseurs de malheurs des populations.

Intersyndicat pharmaciens
ispharmaf@yahoo.fr

Bonjour à tous,

Je rentre de Kinshasa et entre à nouveau dans le débat sur les marchés
illicite. Vous trouverez ci dessous ce que j'avais écrit en Juin.
Message du 23 Juin 2006 (saisie d'un container à Pointe Noire)
Bravo pour ce résultat. Je me pose quelques questions qui pourraient nous
aider à organiser la lutte contre les marchés illicites.

D'ou viennent ces médicaments, qui sont les importateurs?

Dans les marchés on retrouve des médicaments provenant principalement
d'Inde, de Chine, du Vietnam.... C'est du moins ce qui est écrit sur les
boites, soit le nom du laboratoire fabricant, soit un code. Il existe aussi
une autre catégorie de médicaments, les "Fabriqués pour".

Pour rester sur cet exemple du Congo, où il est dit que les médicaments sont
des copies Nigérianes de médicaments indiens du laboratoire Shalina, a t'on
la certitude de cela? Shalina est aussi copié par un autre Indien dont on
retrouve des productions en Guinée sur le marché de Madina.
Qu'en aux "fabriqués pour", ils portent mentions de sociétés installées en
Europe ou aux États Unis. Qui sont ces sociétés? Parfois des structures
import /export d'agro alimentaire comme constaté en Belgique.
Ne faudrait-il pas revoir le contrôle pharmaceutique de ces structures?

Il me semble qu'il faut s'intéresser aux sources et aux circuits qui amènent
ces produits à travers des "hommes d'affaires" qui profitent de lacunes
aussi bien à l'exportation qu'à l'importation.

En listant les produits vendus sur les marchés, on pourrait envisager de
remonter aux fabricants. En Guinée, en Côte d'ivoire et au moins
partiellement au Congo, on remonte par exemple sur deux principaux
producteurs indiens seulement. Ils sont agréés par les autorités
indiennes...

Essayons de réfléchir à des actions sur les sources. C'est un challenge
difficile, mais celui que vous avez mené ne l'est pas moins et il a abouti.

Serge Barbereau
serge.barbereau@wanadoo.fr

C'est un challenge difficile, dis-tu, cher Serge mais il aboutira si on s'engage ensemble à des actions concrètes et bien réfléchies, cependant nous avons affaire à des hommes d'affaire qui ont des gros moyens, et nous? quels sont nos moyens?
  Nous devons nous organiser à réunir également les moyens nécessaires à cette lutte contre le marché illicite.
  A Kinshasa, nous avons discuté également avec toi sur un aspect important qui s'appelle "le danger ".Tu connais bien le cas du confrère qui a perdu son poste pour avoir dénoncé le marché illicite dans son pays et des nombreux cas de ceux qui sont menacés même au prix de leur vie.
  Il nous faut donc constituer aussi un lobby avec ceux qui sont au pouvoir dans nos gouvernements, car certains parmis eux, nous l'avons dit à Kin, sont bien des complices.
  Oui, c'est difficile mais il est plus que temps de nous organiser.

  Ermus MUSAMA
  Kinshasa
  ermuswin@yahoo.fr