DISCOURS DU PRESIDENT DE L'ISPHARMA
Excellence Monsieur le Président de la République du Togo ;
Monsieur le Président de l'Assemblée Nationale du Togo ;
Monsieur le 1er Ministre Chef du Gouvernement ;
Messieurs les Ambassadeurs ;
Monsieur le Président de l'IOPA ;
Monsieur le Président de l'ACAME ;
Monsieur le Président du Comité d'Organisation du 8e Forum ;
Chers Collègues ;
Chers Invités,
C'est avec beaucoup de gratitude que je prends au nom de l'intersyndicale des pharmaciens d'Afrique et en mon nom propre la parole pour remercier son Excellence Monsieur le Président de la République et le Gouvernement togolais d'avoir le 5 Octobre 2006, après notre sollicitation acceptée d'apporter un appui logistique à l'organisation du 8e Forum Pharmaceutique International.
Les pharmaciens d'Afrique vous en seront durablement reconnaissants.
Nous remercions le Comité d'organisation et tous les pharmaciens togolais pour la qualité du thème choisi à débattre et de l'accueil chaleureux qui nous a été réservé.
Monsieur le Président de la République, l'Afrique aujourd'hui en proie à des guerres fratricides, ployant sous le poids de la dette extérieure a fortement besoin de paix, de solidarité et d'esprit d'abnégation. Grâce à votre pragmatisme et esprit de dialogue, le Togo retrouve sa cohésion sociale et s'engage résolument vers un développement harmonieux durable, nous vous encourageons et vous en félicitons.
Le Togo, votre pays a été distingué pour abriter le 8e Forum Pharmaceutique International après bien d'autres pays, le thème choisi « LA VENTE ILLICITE DES MEDICAMENTS » est fort révélateur des conséquences et ravages causés par ce fléau.
La crise économique des années 1980, suivie de la dévaluation du francs CFA en 1994 a exacerbé la vente illicite de médicaments. Il faut ajouter que l'interprétation erronée de l'initiative de Bamako par les fossoyeurs de la santé des populations et la violation flagrante des réglementations pharmaceutiques ont enrichi les idées saugrenues des réseaux maffieux.
Malgré les appels répétés des professionnels du médicament depuis le Forum de Dakar sur les dangers de la vente illicite de médicaments,
Malgré les campagnes de sensibilisation annuelles organisées par l'IOPA, l'ISPHARMA et nos partenaires Fondation Pierre Fabre et Remed que nous saluons,
Malgré les efforts faits par les pays africains à promouvoir l'accès à des médicaments génériques et d'améliorer l'image du circuit formel du médicament ; la vente illicite de médicaments va crescendo.
Plus préoccupant est que la plupart de ces produits sont des produits de la contrefaçon en provenance de tous les continents.
Quelle catastrophe !
L'Afrique devient le grand dépotoir des médicaments avariés, périmés et contrefaits. Le Tsunami sanitaire et économique est en préparation.
Sur le plan économique la contrefaçon des médicaments représente 10% du commerce mondial sur le plan sanitaire nous citons trois types de conséquences
a- la première conséquence est liée à la qualité pharmaceutique des produits : la qualité intrinsèque de ces produits est médiocre ;
b- la deuxième conséquence est liée à la santé des consommateurs : plusieurs cas d'intoxication mortelles consécutives à la prise de ces médicaments sont signalées ;
c- la troisième conséquence est l'ordre moral et psychologique : l'abandon du circuit formel des médicaments et des formations sanitaires par les malades s'accentue.
Les circuits maffieux des complicités des fonctionnaires véreux des douanes, du commerce, de la santé et j'en passe. Le laisser aller et l'apathie des juridictions compétentes à sanctionner les délinquants à fait naître une nouvelle profession à savoir : VENDEURS DES MEDICAMENTS DE LA RUE. Ces usurpateurs au service des gros bras narguent impunément les consommateurs, les impôts et se délectent à faire une concurrence déloyale aux pharmaciens privés souvent harcelés et mal protégés par les pouvoirs publics.
Chers confrères et consoeurs,
Ce fléau qui a des tentacules comme la pieuvre doit être combattu farouchement par nous. C'est pourquoi les Ordres et les Syndicats doivent cesser d'être des associations des copains et des coquins, mais nous avons le devoir impérieux de débusquer et traquer certains confrères en quête d'une ascension sociale fulgurante qui collaborent avec la secte des vendeurs de médicaments.
Loin de mettre pied dans les débats qui vont avoir lieu, nous souhaitons qu'ils soient mis impérativement en place des comités nationaux interministériels de lutte contre la vente illicite de médicament et de criminaliser tous les vendeurs illicites selon le code pénal.
J'ai dit et je vous remercie.
Dr. BONIFACE OKOUYA,
Président de l'ISPHARMA