[e-med] 'Avoir une structure régionale identifiée' contre les faux médicaments (JM Trapsida)

‘Avoir une structure régionale identifiée’ contre les faux médicaments
Publié le : 16 septembre 2011

Le Dr. Jean-Marie Trapsida, Coordonnateur du Programme Médicaments
essentiels et Politiques pharmaceutiques du Bureau régional de l’OMS pour
l’Afrique/Brazzaville, espère voir émerger avec la table ronde de
Ouagadougou des 27 au 29 septembre sur les faux médicaments une plateforme
des partenaires techniques et financiers capable de coordonner la lutte
contre ce fléau.

Dr. Jean-Marie Trapsida, Coordonnateur du Programme Médicaments essentiels
et Politiques pharmaceutiques du Bureau régional de l’OMS (DR)
J’en vois quatre principaux : tout d’abord, la poursuite du plaidoyer de
haut niveau pour la lutte contre les médicaments falsifiés ou de qualité
inférieure, initié par la fondation Chirac, à Cotonou, en octobre 2009. Il
est important que la mobilisation ne faiblisse pas avec le temps.
Ce rendez-vous régional permettra des échanges d’expériences en matière de
lutte contre les médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. Ils
permettront d’identifier ce qui fonctionne ou non.

La participation d’experts aux compétences différentes permettra de
consolider et d’adopter techniquement le plan d’action de lutte contre les
médicaments contrefaits, élaboré par l’Organisation Ouest africaine de la
Santé pour qu’il serve de feuille de route à tous les pays de l’Afrique de
l’Ouest.

Enfin, cette table ronde devrait contribuer à l’élaboration d’une plateforme
des partenaires techniques et financiers dédiée à la question des
médicaments falsifiés ou de qualité inférieure en Afrique de l’Ouest

Quelles sont les conditions de réussite du travail d’une telle plateforme ?

Celle-ci manquera du crédit nécessaire si nous ne parvenons pas à amener les
partenaires techniques et financiers à s’impliquer dans son élaboration. De
même, il conviendra que chacun mette en commun les ressources dont il
dispose. Enfin, sans une structure d’ancrage du plan d’action pour assurer
la coordination de toutes les interventions, cette plateforme risque de
péricliter.

Dans ce cadre, quel rôle l’OMS peut-elle avoir pour la pérennité de ce
travail ?

L’Organisation mondiale de la Santé tire sa légitimité de son expertise
technique dans les domaines de l’évaluation de la situation des faux
médicaments dans les pays. Cette institution internationale a les moyens
d’élaborer des stratégies, de définir des mesures pour assurer la
disponibilité des médicaments de qualité à des coûts abordables. Un autre de
ses atouts tient à sa capacité à prévenir. Elle pourrait en outre contribuer
au suivi-évaluation de la plateforme.

Selon vous, quelles contraintes régionales font obstacle à la lutte
régionale contre ce trafic ?

Le premier obstacle vient du manque d’engagement politique, seul capable
d’impulser une véritable dynamique. L’implication des Etats et de leur
gouvernement est décisive. Mais en matière de lutte contre les faux
médicaments, la région Afrique de l’Ouest gagnerait, c’est certain, à avoir
une structure régionale identifiée comme étant en charge de cette lutte.

Elle éviterait de se retrouver face à une multitude d’actions indépendantes
: la coordination intersectorielle ferait la différence. A cela s’ajoutent
le manque de ressources humaines compétentes de tous les secteurs impliqués
et le manque de ressources financières et matérielles.

Bonjour à tous!
cette table ronde permettra certainement de voir et de recentrer les modes d'actions utilisées par différentes associations professionnelles y compris les associations des consommateurs que nous devons avoir dans nos structures de lutte et c'est ce qui a été fait au Congo après la déclaration de Cotonou.

Un plan de lutte a été rédigé et présenté aux autorités, ce plan a été présenté aussi à la fondation jacques Chirac le 6 mars 2010. Au niveau national, nous sommes confrontés à un manque de volonté politique malgré la participation de la plus haute autorité nationale à la signature de l'appel de Cotonou et son appel à tous de combattre "l'industrie du crime".

L'engagement de l'Oms régional sera aussi d'un précieux secours et c'est ici le lieu de créer une véritable synergie entre l'Oceac,le gouvernement,les pharmaciens, la société civile et l'OMS pour qu'un plan d'action cohérent soit établi et adopté.

Il est vrai qu'en trois jours l'on ne peut tout faire mais l'initiative est à louer pourvu qu'au finish l'on secoue le manguier pour mettre enfin une structure dotée  d'hommes et moyens conséquents.

Ensuite si le combat est le meme, il est aussi vrai qu'il subsiste quelques différences entre ce qui se passe en Afrique centrale et l'Afrique de l'ouest d'où notre souhait de voir cette réunion se tenir aussi en Afrique centrale pour une meilleure sensibilisation des pouvoirs publics, des populations et harmoniser les plans de luttes entre les deux parties de l'Afrique.

Dr Boniface OKOUYA