[e-med] Fondation Pierre Fabre fait la guerre aux faux m�dicaments

E-MED: Fondation Pierre Fabre fait la guerre aux faux m�dicaments
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[Mod�rateur: un soutien pour "l'intelligentsia dynamique" b�ninoise qui a
d�j� fait de nombreuses actions dans ce domaine.CB]

Le Quotidien du M�decin
Journal N� 7146 du 14-Jun-2002 Page 01-17

http://www.sidanet.asso.fr/fr/html/actu/default.htm

Fondation Pierre Fabre : la guerre aux faux m�dicaments est d�clar�e

Une facult� de pharmacie toute neuve � Phnom Penh (Cambodge) avec un cursus
p�dagogique revu de A � Z ; un laboratoire national du m�dicament r�habilit�
� Cotonou(B�nin) et une centrale d'achat des m�dicaments essentiels remise
sur pied ; un programme de recherche sur la trypanosomiase qui ravage
l'Afrique noire intertropicale : les premi�res actions de la jeune fondation
Pierre Fabre ont �t� lanc�es dans la plus totale confidentialit�. La guerre
contre le faux m�dicament et pour l'acc�s aux m�dicaments essentiels ne se
paie pas de mots.

Pierre Fabre : une fondation pour la sant� dans les pays �mergents

     De notre envoy� sp�cial

     Carla. Le saint des saints des Laboratoires Pierre Fabre, � Castres
(Tarn). Le fondateur et P-DG du groupe pharmaceutique, pour la premi�re
fois, �voque publiquement sa � guerre �.
     Le mot sonne d'autant plus fort dans sa bouche que celui qui le
prononce n'est gu�re coutumier de l'emphase ni de l'hyperbole oratoire. � Je
suis parti en guerre contre les faux m�dicaments, explique-t-il
tranquillement, de sa voix basse un peu rocailleuse, en d�visageant son
interlocuteur d'un regard aigu. L'ennemi ? � Les mafias, les corrupteurs,
les corrompus.
Bref, tout un syst�me qui prive les pays �mergents de l'acc�s aux
m�dicaments essentiels. �

Le march� aux � m�dicaments � de Cotonou : souvent faux ou devenus
inactifs(photo DR)

     L'�v�nement qui a tout d�clench� remonte � une quinzaine d'ann�es.
Pierre Fabre est en voyage au Nigeria. � J'�tais, raconte-t-il, avec mon ami
Jean-Baptiste Doumeng (industriel de l'agroalimentaire aujourd'hui disparu,
c�l�bre sous le surnom de � milliardaire rouge �, en raison de ses liens
avec le Parti communiste, NDLR). A Lagos, la capitale, nous avons vu des
enfants que l'on vaccinait sur un march� contre une �pid�mie avec des faux
vaccins.
Au lieu du principe actif, on avait mis de l'eau distill�e ! Et comme nous
avons �t� rep�r�s par la mafia qui menait l'op�ration, nous n'avons d� notre
salut qu'� la fuite, sous la protection des gardes du corps de Doumeng ! �
Aujourd'hui encore, Pierre Fabre se d�clare � sous le choc � devant cette
situation qui perdure partout dans le tiers-monde. � Vous retrouvez la m�me
mafia � l'euvre dans des pays comme le Cambodge, o� on ne compte que 400
pharmacies pour une population de 11 millions d'habitants �, observe-t-il.
Le Cambodge, c'est pr�cis�ment l� qu'il commencera de livrer sa guerre
contre les faux m�dicaments et pour l'acc�s des pays �mergents aux
m�dicaments essentiels. Pour la mener, Pierre Fabre a mis sur pied la
fondation qui porte son nom. Il l'a dot�e d'un statut non pas de fondation
d'entreprise, mais de fondation reconnue d'utilit� publique (d�cret du
Conseil d'Etat publi� au � Journal officiel � du 6 avril 1999). � Une
mani�re juridique, insiste-t-il, de montrer ma volont� de dissocier cette
activit� de celle des laboratoires. � Tra�ant devant lui une ligne
verticale, les mains jointes, comme pour bien marquer la s�paration �tanche
entre les deux mondes. La fondation, une machine de guerre, en quelque
sorte.
Sans effet d'annonce : jusqu'� ce jour, aucun communiqu�, aucun reportage
dans aucun m�dia.
Sans pr�bendes ni structure ostentatoire : tout repose sur un homme seul,
Philippe Bernagou, 47 ans, directeur g�n�ral (Sciences-Po, HEC, ex-jeune
loup de la finance internationale, qui a gagn� la confiance de Pierre Fabre
en redressant des filiales du groupe, notamment en Italie).
Et si la fondation dispose d'un somptueux manoir au fond d'un parc ombrag�,
au coeur de Castres, c'est que, en lui en faisant donation, Pierre Fabre lui
fournit ainsi les revenus tir�s de sa location. Et qui viennent s'ajouter au
pot financier (voir encadr�).

     Parti de z�ro

Au Cambodge o� tout a donc commenc�, � l'avantage, raconte Philippe
Bernagou, c'est que, pour la pharmacie, on est parti carr�ment de z�ro. On
n'a pas � colmater les br�ches. Tout est � construire �. A commencer par les
b�timents de la facult�, cofinanc�s avec Alain M�rieux. Ils ont pignon sur
le boulevard Monivong, la c�l�bre art�re de Phnom Penh qui concentre toutes
les structures de sant� du pays : facult�s de m�decine et de chirurgie
dentaire, institut Pasteur, institut du ceur (du Pr Deloche), h�pital.
� Jusqu'� pr�sent, nous �tions h�berg�s par la facult� de m�decine, explique
au "Quotidien" Tea Sok Eng, la doyenne de la facult� de pharmacie. Le nombre
de nos �tudiants ne peut aujourd'hui d�passer la trentaine, avec un corps
enseignant surtout compos� de vacataires sous-pay�s et une petite quinzaine
de permanents. Gr�ce � la fondation, nous allons changer de rythme, avec
l'�quipement de quatre salles de travaux pratiques, un nouveau cursus
p�dagogique correspondant � nos besoins de sant� publique, la cr�ation de
deux DESS, la refonte du contenu des �tudes du deuxi�me cycle.
� A terme, ce sont 50 pharmaciens dipl�m�s qui sortiront chaque ann�e de la
toute neuve facult�. A franchement parler, cela change tout pour les
enseignants comme pour les �tudiants. �
Une action sur le terrain qui b�n�ficie de renforts en France : � La
fondation distribue des bourses pour former � Marseille les futurs
formateurs cambodgiens �, explique Hot Bun, ma�tre de conf�rence en
pharmacocin�tique � la facult� de Marseille, lui-m�me ancien �tudiant au
Cambodge et qui milite b�n�volement dans les rangs de la fondation.
� D'autres universit�s fran�aises se mobilisent aussi gr�ce � la fondation,
pr�cise le Pr Jean-Jacques Santini, qui dirige les �tudes de l'universit�
des sciences de la vie de Phnom Penh : Limoges, Toulouse et Tours. En plus
de six salles de cours, d'une biblioth�que, la nouvelle fac sera dot�e d'un
laboratoire de phytoth�rapie, pour �tudier les plantes m�dicinales, si
nombreuses ici, et d'un laboratoire en biologie mol�culaire dans les
maladies infectieuses (h�patites et VIH) si pr�occupantes dans tout le
pays. �
La premi�re pierre a �t� pos�e en janvier 2001 ; l'inauguration aura lieu au
d�but de la prochaine ann�e universitaire, en septembre.

Deuxi�me champ de bataille, l'Afrique. Avant de s'y aventurer, Philippe
Bernagou a men�l'enqu�te aupr�s de la plupart des sp�cialistes du continent
noir (ONG, politiques, hauts fonctionnaires). � C'est le B�nin que nous
avons retenu en d�finitive, explique le Pr Bernard Guiraud-Chaumeil, qui
pr�side le comit� scientifique de la fondation, parce que, dans ce pays
francophone, qui b�n�ficie d'une intelligentsia dynamique, nous pensons
pouvoir restaurer avec le temps et la rigueur n�cessaire une pharmacop�e
compl�tement vacillante. �
Ici aussi, tout est � faire. � Nous sommes all�s sur le march� aux
m�dicaments de Cotonou, t�moigne le DG de la fondation. C'est indescriptible
! A perte de vue, un enchev�trement d'�choppes o� s'entassent, en vrac, des
cartons de m�dicaments.
Parfois, le principe actif a �t� remplac� par de la chaux. Et quand les
mol�cules sont "vraies", les conditions de stockage sont telles qu'elles
leur retirent toute efficacit�. �
En prenant des photos du march�, Philippe Bernagou s'est vite fait rep�rer
par les parrains de ce juteux trafic qui l'ont pris en chasse. Des r�seaux
violents qui n'h�sitent pas � s'en prendre, par exemple, au directeur des
pharmacies du pays, Idriss Abdoulaye, plusieurs fois menac� de mort, qui ne
se d�place plus qu'en voiture blind�e.
La fondation et le gouvernement b�ninois vont signer � la fin du mois un
protocole d'action sur trois ans. Au programme, la r�habilitation du
laboratoire national de contr�le de la qualit� des m�dicaments, la
r�organisation de la centrale d'achat des m�dicaments essentiels, des
campagnes d'information du public sur le bon usage du m�dicament et l'octroi
de bourses et de mat�riels p�dagogiques � l'�cole de pharmacie de Cotonou.

     Retour sur investissement

La FPF est encore � l'oeuvre en France, o� elle permet � l'Institut de
neurologie tropicale de Limoges, du Pr Michel Dumas, de poursuivre ses
recherches sur la trypanosomiase. Mais, l� encore, c'est d'Afrique qu'il est
question, puisque cette affection s�vit en Afrique noire intertropicale.
Nous comptons 300 000 nouveaux cas par an, pr�cise le Pr Dumas, mais le
sujet ne mobilise gu�re les labos, plus soucieux de retour sur
investissement en travaillant sur des �pid�mies comme le sida et le
paludisme. �
La bataille pour l'acc�s au m�dicament, toujours depuis Castres, se livre
sous d'autreslatitudes encore, comme au Liban, o� la fondation apporte sa
contribution � un centre m�dico-social g�r� par l'Ordre de Malte, �
Khaldieh, dans le nord. Et, pour le coup, la guerre est � deux pas. Le
terroir du Sud-Ouest fran�ais a vue sur le monde.

     Christian DELAHAYE

     Le nerf de la guerre

Les ressources de la fondation sont constitu�es d'un don de 458 000 euros
effectu� par Pierre Fabre, de 5 % des actions du groupe pharmaceutique, d'un
don de 380 000 euros par Pierre Fabre M�dicament, ainsi que d'une subvention
annuelle de 305 000 euros (Pierre Fabre M�dicament et Pierre Fabre
Cosm�tique). S'y ajoutent la donation de la propri�t� du centre Th�ron
P�ri�, � Castres, et un certain nombre de dons priv�s. Comme fondation
reconnue d'utilit� publique, la fondation Pierre-Fabre peut aussi lancer des
appels � la g�n�rosit�
publique.

Fondation Pierre-Fabre, centre Th�ron-P�ri�, 15, rue Th�ron-P�ri�, 81106
Castres. Courriel: fondation.pfabre@wanadoo.fr

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