Gabon : Les pharmaciens sur le pied de guerre
Le syndicat des pharmaciens gabonais (SYPHARGA) a tenu une assemblée
générale extraordinaire ce 19 mai à Libreville, au terme de laquelle le
syndicat lancé un préavis de grève générale illimitée du secteur
pharmaceutique privé, public et parapublic courant jusqu'au 27 mai prochain.
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Face à l'apathie des autorités de tutelle concernant de nombreuses
revendications, dont certaines datent de plusieurs années, le Syndicat des
pharmaciens gabonais (SYPHARGA) a décidé de lancer, ce 19 mai à Libreville,
un préavis de grève générale illimitée courant jusqu'au 27 mai prochain.
Les pharmaciens gabonais ont énuméré une longue liste de revendications qui
devront trouver un écho favorable du côté de l'administration sous peine de
voir se fermer les rideaux de fer des pharmacies privées, publiques et
parapubliques du pays.
Le SYPHARGA réclame notamment la lutte effective des autorités contre le
fléau des «médicaments de la rue» et dénoncent avec force la taxe toujours
perçue par les autorités municipales auprès de ces commerçants.
«Les autorités sont toujours bienveillantes avec ces commerçants puisqu'ils
perçoivent toujours les taxes alors que c'est un commerce de la mort»,
dénonce une pharmacienne membre du SYPHARGA s'exprimant sous le sous couvert
de l'anonymat.
Le syndicat réclame également la révision de la loi régissant la profession,
car la «loi que nous avons date de plus de 50 ans. Elle est très incomplète
et elle a besoin d'être révisée. Depuis plus de 10 ans nous essayons de
mettre en ouvre une nouvelle loi mais il y a beaucoup de blocages», explique
la même pharmacienne.
Au titre des revendications, on note également la reprise des travaux de la
commission tripartite avec les ministères des Finances, de la Santé et les
pharmaciens, notamment sur le dossier de la revalorisation de 25 à 42 % de
la marge bénéficiaire des pharmaciens, qui est bloquée depuis la dévaluation
du franc CFA en février 1994.
«Depuis la dévaluation, le prix des médicaments augmente mais la marge
bénéficiaire du pharmacien est la même», poursuit le membre du SYPHARGA.
Le syndicat réclame enfin la suspension des inspections ; l'adoption et la
publication de la carte pharmaceutique nationale ; l'arrêt des ouvertures et
transferts anarchiques des établissements pharmaceutiques ; la fermeture
immédiate des établissements pharmaceutiques sans arrêtés d'ouverture
valides et sans pharmaciens ; la fermeture des dépôts pharmaceutiques dans
les villes ayant déjà des pharmacies ; l'adoption d'un plan de carrière pour
les pharmaciens ; la réflexion sur le statut particulier des pharmaciens des
secteurs public et parapublic ; la participation de l'Ordre et du Syndicat
dans toutes les prises de décisions concernant le médicament au Gabon
(coopération, don, création d'industrie pharmaceutique, etc.) ; l'accompagnement
dans le financement et/ou la restructuration des établissements
pharmaceutiques, ou encore la mise en place d'un numéro vert.
Pour le secrétaire général du SYPHARGA, le docteur Ange Mibindzou Mouele, ce
préavis de grève vient sanctionner l'«absence de culture de dialogue entre
le corps pharmaceutique et les pouvoirs publics».
«On privilégie le sabordage des PME/PMI dont nous faisons partie sans aucun
état d'âme avec pour conséquences immédiates un désastre de la santé
publique gabonaise», a-t-il enfin fustigé.