[e-med] La circoncision réduit le risque des principales infections vénériennes

La circoncision réduit le risque des principales infections vénériennes

WASHINGTON - La circoncision réduit nettement le risque d'herpés génital et
d'infection par des papillomavirus, selon les résultats de deux études
cliniques, publiés mercredi, qui confirment aussi l'efficacité préventive de
cette pratique contre le virus du sida.

Les deux essais cliniques menés en Ouganda sur 3.393 hommes hétérosexuels
âgés de 15 à 49 ans ont montré une baisse de 35% de la prévalence
d'infections à papillomavirus responsables notamment de 70% des cancers de
l'utérus.

Pour l'herpès, le risque d'infection a été réduit de 28% chez les hommes
circoncis, précisent les auteurs de cette recherche publiée dans le New
England Journal of Medicine daté du 26 mars.

En revanche, la circoncision n'a pas d'effet sur l'incidence de la syphilis,
soulignent les auteurs.

"Cela démontre les bienfaits pour la santé publique de la circoncision
médicalement supervisée", souligne le Dr Thomas Quinn, du laboratoire
d'immunorégulation de l'Institut national américain des allergies et des
maladies infectieuses (NIAID), co-auteur de ces travaux.

"Ces résultats confirment les bienfaits importants pour la santé de la
circoncision masculine, y compris pour réduire le risque d'infection du VIH,
l'herpès génital, l'infection par les papillomavirus et les ulcères
génitaux", ajoute-t-il.

Des essais cliniques, conduits précédemment par le NIAID en Afrique, avaient
montré que la circoncision réduisait de plus de 50% le risque d'infection
par le VIH dans le cas de relations hétérosexuelles.

Le Dr David Serwadda, recteur de la faculté de médecine de l'Université de
Makerere en Ouganda et l'un des co-auteurs de cette étude, relève que des
efforts pour étendre la pratique de la circoncision dans la population
"pourrait avoir d'énormes effets positifs sur la santé publique" en Afrique.

"Ces nouvelles données cliniques devraient entraîner un changement majeur du
rôle de la circoncision dans la prévention, non seulement de l'infection par
le VIH mais aussi d'autres infections vénériennes", écrivent dans un
éditorial accompagnant l'étude, Matthew Golden et Judith Wasserheit de
l'Université de Washington à Seattle (ouest).

Ces données pourraient changer la manière dont les médecins conseillent la
circoncision à leurs patients, poursuivent-ils.

Aux Etats-Unis, le taux de circoncision est en baisse parmi les Noirs et les
Hispaniques, groupes avec la plus grande incidence d'infections par le virus
du sida, d'herpès et de cancer du col de l'utérus, notent ces médecins.

Un des deux essais cliniques conduits en Ouganda a été financé par le NIAID
et l'autre par la Fondation de Bill et Melinda Gates.

(©AFP / 25 mars 2009 22h10)