[e-med] Les députés français votent l'arrêt de la réutilisation des médicaments inutilisés collectés par les pharmaciens

TEXTE ADOPTÉ n° 649
ASSEMBLÉE NATIONALE
CONSTITUTION DU 4 OCTOBRE 1958
DOUZIÈME LÉGISLATURE
SESSION ORDINAIRE DE 2006-2007
11 janvier 2007

PROJET DE LOI ADOPTÉ PAR L'ASSEMBLÉE NATIONALE
EN PREMIÈRE LECTURE, APRÈS DÉCLARATION D'URGENCE,
portant diverses dispositions d'adaptation au droit communautaire dans le domaine du médicament.
http://www.assemblee-nationale.fr/12/ta/ta0649.asp

L'Assemblée nationale a adopté le projet de loi dont la teneur suit :

Article 28 ter (nouveau)

I. - Le premier alinéa de l'article L. 4211-2 du code de la santé publique est ainsi rédigé :

« Les officines de pharmacie et les pharmacies à usage intérieur sont tenues de collecter gratuitement les médicaments à usage humain non utilisés apportés par les particuliers qui les détiennent. »

II. - À compter d'une date fixée par décret et au plus tard dix-huit mois après la date d'entrée en vigueur de la présente loi, le deuxième alinéa du même article est ainsi rédigé :

« Toute distribution et toute mise à disposition des médicaments ainsi collectés sont interdites. Ces médicaments sont détruits dans des conditions sécurisées. »

III. - Le troisième alinéa du même article est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :

« Un décret en Conseil d'État précise :

« - les conditions de la collecte des médicaments inutilisés mentionnée au premier alinéa du présent article ;

« - les conditions de la destruction des médicaments mentionnée au deuxième alinéa, et notamment les conditions de financement de cette destruction ;

« - les conditions de mise à disposition des médicaments inutilisés aux populations démunies par les organismes à but non lucratif mentionnée au deuxième alinéa. »

IV. - Le cinquième alinéa du même article, tel que résultant du III, est supprimé à compter de la date d'entrée en vigueur du deuxième alinéa de l'article L. 4211-2 du code de la santé publique prévue au II du présent article.

Le présent document est établi à titre provisoire.

Seule la « Petite loi », publiée ultérieurement, a valeur de texte authentique.

Afrique Centrale: Les explications de Jean-Jacques Moka - "Un laboratoire de contrôle de qualité doit être créé"
    
Cameroon Tribune (Yaoundé)

INTERVIEW
6 Mars 2007
Publié sur le web le 6 Mars 2007

Propos recueillis par JRM

Les explications de Jean-Jacques Moka, secrétaire général de l'OCEAC.

Comment l'harmonisation des politiques sanitaires peut-elle permettre l'élimination des endémies qui sévissent en Afrique centrale ?

La première chose est d'arriver à la maîtrise de la situation. Il faudrait qu'on connaisse, quelle que soit la maladie, la mesure du problème pour élaborer des réponses ciblées. Et pour cela, il faut mettre en place des systèmes d'information sanitaire. Il faut également mobiliser les ressources locales et profiter des opportunités offertes par la communauté internationale en matière d'appui technique et de financement des programmes de santé publique. Les programmes examinés avec les ministres lors de cette réunion sont une goutte d'eau dans la mer. Nous avons examiné quatre problèmes dont les plus importants étaient la lutte contre la trypanosomiase humaine africaine et les politiques pharmaceutiques. Le reste était des informations que nous avons tenu à apporter aux ministres en ce qui concerne les activités de l'OCEAC.

En parlant justement de l'harmonisation des politiques pharmaceutiques, pourquoi est-elle indispensable aujourd'hui et comment va-t-elle se mettre en place ?

Le médicament a une dimension marchande, tout en ayant une dimension médicale. Au niveau des pays de la CEMAC, c'est la politique de libre circulation des personnes et des biens qui prévaut. Les pays doivent donc se mettre au même niveau en ce qui concerne la politique d'autorisation de mise sur le marché des médicaments. Car les produits sont mis sur le marché sans un contrôle sur la qualité. Il nous faut mettre en place un laboratoire de référence dans la sous-région pour que désormais, les médicaments qui rentrent chez nous puissent être contrôlés localement, avant d'être vendus.

Que prévoit votre organisme en ce qui concerne le problème des personnels ?

Notre rôle est de sensibiliser les pays sur les enjeux liés aux ressources humaines. Toutes nos structures connaissent des problèmes de manque de personnel, de mauvaise formation, de comportements déviants Il s'agit donc pour nous d'avoir une approche commune pour faire face à ces problèmes et nous nous sommes accordé d'étudier la possibilité de la mise sur pied d'un observatoire régional. Celui-ci nous aidera à recueillir le maximum d'informations afin de les mettre à la disposition des décideurs des pays qui pourront mieux orienter les politiques en la matière.

On observe une série d'activités visant à relancer définitivement l'OCEAC. Est-ce définitif ou alors vous craignez encore des périodes de turbulence ?

Les ministres de la Santé des pays de la sous-région veulent donner une nouvelle impulsion à l'organisme qui est devenu depuis trois ans une organisation spécialisée de la CEMAC en matière de santé publique. C'est un instrument d'intégration. Aujourd'hui, les partenaires s'accordent à faire jouer à l'OCEAC un rôle important dans le domaine de la coordination des politiques et des actions de santé au niveau de notre sous-région. Il n'y a donc plus lieu de s'inquiéter.

Pourquoi recréer un laboratoire qui existe déjà? Il suffit de lui donner les moyens de vivre et de faire du bon travail. Il s'agit du LANACOME à Yaoundé, basé au sein de la CENAME
  Christian LERCH
  SOS PALUDISME
sos_paludisme@yahoo.fr

Je souscris à cette idée de créer un laboratoire de controle de qualité sous régional avec des statuts qui lui confèrent une autonomie réelle. Les ministres de la santé qui depuis la dévaluation du franc cfa, la difficile accessibilité des populations aux médicaments essentiels, la contrefaçon et la piraterie des médicaments n'ont pas toujours trouvé une réponse satisfaisante à la demande des populations africaines, devraient saisir cette initiative de l'oceac aux fins de mettre ces populations à l'abri des comportements déviants de certains laboratoires ou personnes peu scrupuleux.

En attendant que cette initiative ne se concrétise, il faut demander aux DPM, Ordres et autres de voir au niveau national la mise en place des laboratoires de controle de qualité de premier niveau. Le Snip fut un véritable défenseur de cette idée et je crois que le Leem peut explorer la voie et créer les conditions de faisabilité de ce projet.
  
Boniface Okouya
ispharmaf@yahoo.fr

Je propose de renforcer le système d'assurance qualité
en attendant la création de ce laboratoire qui coûte
cher pour son installation et fonctionnement

Ph Jean Nanga
jnanga9@yahoo.fr