L'OMS appelle à utiliser des seringues «intelligentes» partout dans le
monde
Communiqué de presse
http://www.who.int/mediacentre/news/releases/2015/injection-safety/fr/
23 FÉVRIER 2015 | GENÈVE - Partout dans le monde, l¹utilisation de la même
seringue ou de la même aiguille pour faire des injections à plusieurs
personnes contribue à la propagation d¹un certain nombre de maladies
infectieuses meurtrières.
Des millions de personnes pourraient être protégées contre les infections
transmises par des injections à risque si tous les programmes de soins de
santé utilisaient des seringues à usage unique. Voilà pourquoi
l¹Organisation mondiale de la Santé (OMS) lance une nouvelle politique de
sécurité des injections dans le but d¹aider tous les pays à parer au
problème universel des injections à risque.
Injections risquées
D¹après une étude réalisée en 2014 avec le parrainage de l¹OMS sur les
toutes dernières données disponibles, on estime que jusqu¹à 1,7 million de
personnes ont été contaminées par le virus de l¹hépatite B, jusqu¹à 315
000 par le virus de l¹hépatite C et pas moins de 33 800 par le VIH à la
suite d¹une injection à risque.
Dans les nouvelles lignes directrices et la nouvelle politique de sécurité
des injections qu¹elle publie aujourd¹hui, l¹OMS fait des recommandations
détaillées et insiste sur l¹utilité des dispositifs de sécurité des
seringues, y compris ceux qui protègent les agents de santé contre les
piqûres d¹aiguille accidentelles et, partant, contre le risque d¹infection.
L¹OMS souligne également la nécessité de réduire le nombre d¹injections
superflues pour réduire le risque d¹infection. Chaque année, 16 milliards
d¹injections sont effectuées. Environ 5% de ces injections sont destinées
à vacciner les enfants et les adultes et 5% servent à d¹autres actes comme
la transfusion sanguine et l¹administration de contractifs injectables.
Les 90% restants des injections sont pratiquées dans le muscle (voie
intramusculaire) ou dans la peau (voie sous-cutanée ou intradermique) pour
administrer des médicaments. Dans bien des cas, elles ne sont pas
nécessaires et pourraient être remplacées par l¹administration par voie
orale.
Réduire les injections superflues«On connaît les raisons de cette
situation», explique le Dr Edward Kelley, Directeur du Département de
l¹OMS Prestation de services et sécurité. «L¹une d¹entre elles est que,
dans beaucoup de pays, les gens s¹attendent à ce qu¹on leur fasse une
injection et croient que c¹est le traitement le plus efficace. Une autre
raison est que, pour beaucoup d¹agents de santé des pays en développement,
faire des injections à une clientèle privée est un moyen de compléter un
salaire parfois insuffisant pour faire vivre leur famille.»
La transmission d¹infections à l¹occasion d¹une injection à risque
s¹observe partout dans le monde. On a ainsi établi qu¹une flambée
d¹hépatite C en 2007 dans l¹État du Nevada (États-Unis d¹Amérique),
résultait des pratiques d¹un seul médecin qui avait injecté un
anesthésiant à un patient atteint d¹hépatite C. Ce médecin a ensuite
utilisé la même seringue pour prélever des doses supplémentaires
d¹anesthésiant dans le même flacon, dès lors contaminé par le virus de
l¹hépatite C, et pour faire des injections à plusieurs autres patients.
Au Cambodge, un groupe de plus de 200 enfants et adultes vivant près de
Battambang, la deuxième ville du pays, se sont révélés positifs au VIH en
décembre 2014. Depuis, la flambée a été imputée à des pratiques
d¹injection à risque.
Protéger contre les hépatites et le VIH
«Il est absolument indispensable d¹adopter des seringues sécurisées pour
protéger les gens partout dans le monde contre le VIH, l¹hépatite et
d¹autre maladies. Ce changement doit être une priorité urgente pour tous
les pays», a insisté le Dr Gottfried Hirnschall, Directeur du Département
de l¹OMS VIH/sida.
Les nouvelles seringues «intelligentes» recommandées par l¹OMS pour les
injections dans le muscle ou la peau sont pourvues de dispositifs qui
empêchent leur réutilisation. Sur certains modèles, le piston présente une
partie frangible qui se casse si l¹on essaie de tirer sur le piston après
l¹injection. D¹autres ont un clip métallique qui bloque le piston une fois
qu¹il est enfoncé, et sur d¹autres modèles encore, l¹aiguille se rétracte
dans le corps de la seringue à la fin de l¹injection.
Les seringues sont aussi équipées de dispositifs qui protègent les agents
de santé contre les piqûres d¹aiguille à l¹origine d¹infections. Une gaine
ou un capuchon descend le long de l¹aiguille et la recouvre entièrement
après l¹injection pour éviter que l¹utilisateur ne se blesse
accidentellement et ne s¹expose ainsi à un risque d¹infection.
Utiliser des seringues «intelligentes» d'ici 2020
L¹OMS exhorte les pays à passer, d¹ici 2020, à l¹usage exclusif des
nouvelles seringues «intelligentes», sauf dans les rares circonstances où
une seringue autobloquante empêcherait d¹effectuer un acte médical, par
exemple lorsque qu¹une personne est sous pompe intraveineuse utilisant une
seringue.
L¹Organisation incite aussi à adopter des politiques et des normes en
matière d¹achat, d¹utilisation et d¹élimination sans risque des seringues
réutilisables pour les cas où leur usage reste nécessaire, y compris pour
les programmes d¹échange de seringues destinés aux personnes qui
s¹injectent des drogues.
Une formation continue pour les agents de santé
La formation continue des agents de santé à la sécurité des injections,
que l¹OMS soutient depuis plusieurs dizaines d¹années, est une autre
stratégie essentielle recommandée. L¹OMS appelle les fabricants à, dès que
possible, commencer ou augmenter la production de seringues
«intelligentes» répondant aux normes de performance, de qualité et de
sécurité de l¹Organisation.
«La nouvelle politique et la campagne mondiale sont des étapes décisives
d¹une stratégie à long terme visant à améliorer la sécurité des injections
en collaborant avec les pays du monde entier. Des progrès considérables
ont déjà été faits», commente le Dr Kelley.
Entre 2000 et 2010, à mesure que les campagnes de sécurité se sont
amplifiées, la réutilisation de dispositifs d¹injection dans les pays en
développement a diminué d¹un facteur 7. Dans le même intervalle, le nombre
d¹injections inutiles a lui aussi baissé: le nombre moyen d¹injections par
personne dans les pays en développement est passé de 3,4 à 2,9.
En outre, depuis 1999, date à laquelle l¹OMS et ses organisations
partenaires ont pressé les pays en développement de vacciner les enfants
seulement au moyen de seringues autobloquantes à usage unique, la grande
majorité d¹entre eux ont adopté cette méthode.
Les seringues non sécurisées coûtent entre 0,03 et 0,04 dollar (US $)
quand elles sont achetées par un organisme des Nations Unies pour un pays
en développement. Les nouvelles seringues «intelligentes» coûtent au moins
le double. L¹OMS lance un appel aux donateurs pour qu¹ils facilitent
l¹adoption de ce matériel, comptant que les prix baisseront à mesure que
la demande augmentera.
Note aux rédacteursL¹étude mentionnée dans ce communiqué, Evolution of the
Global Burden of Viral Infections from Unsafe Medical Injections,
2000-2010 a pour auteurs J. Pépin et al. et a été publiée dans PLoS ONE
9(6): e99677. doi:10.1371/journal.pone.0099677.
Pour plus d¹informations, prière de contacter:Judith Mandelbaum-Schmid
Consultante en communication, OMS
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Portable: +41 79 934 1672
Courriel: schmidj@who.int <mailto:schmidj@who.int>
Tarik Jasarevic
Chargé de communication, OMS
Téléphone: + 41 22 791 5099
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