[e-med] OMS:liste des actions essentielles pour Brundtland avant son d�part

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E-MED:OMS:liste des actions essentielles pour Brundtland avant son d�part
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Act Up-Paris
Communiqu� de presse � 28 janvier 2003

OMS: liste des actions essentielles pour GH Brundtland avant son d�part

� L'OMS est bien engag�e dans la voie n�cessaire pour r�pondre � tout ce
qu�on attend d'elle. Le r�le critique que joue la sant� dans le
d�veloppement est d�sormais largement reconnu. Nos priorit�s sont maintenant
bien comprises. � dixit Gro Harlem Brundtland.

Le Conseil ex�cutif de l�Organisation Mondiale de la Sant� vient
d'identifier le successeur de Gro Harlem Brundtland � la t�te de
l'organisation. Ce nouveau mandat devra �tre valid� par l'Assembl�e mondiale
de la Sant� en mai, et d�butera en juillet prochain. L'heure est donc au
bilan, notamment en ce qui concerne la politique mise en oeuvre par l�OMS
pour lutter contre l'�pid�mie de sida, une �pid�mie responsable de la mort
de plus de trois millions de personnes par an et qui repr�sente une crise
sanitaire internationale sans pr�c�dent.

Dans de son allocution de d�part de novembre dernier, Gro Harlem Brundtland
d�clarait avoir � mis l'accent sur la priorit� � accorder � l�am�lioration
de la sant� des pauvres �. Rappelons pourtant que l'OMS, se soumettant � la
volont� am�ricaine, a �t� l'un des principaux freins � l'acc�s aux
traitements contre le sida pour les malades des pays en d�veloppement.
Malgr� l'explosion de l��pid�mie et le nombre toujours plus important de
morts, Gro Harlem Bruntland a longtemps refus� d'inscrire l'acc�s aux
traitements antir�troviraux parmi les priorit�s de l'OMS, pr�f�rant
promouvoir une politique focalis�e sur la pr�vention des contaminations - ce
alors que l'arriv�e des g�n�riques et la mise en place de programmes pilotes
t�moignaient de la faisabilit� � moindre co�t de la mise sous traitement
dans les pays � ressources limit�es. Par ailleurs, il aura fallu plusieurs
ann�es de lutte pour qu'enfin l'OMS inscrive les traitements antir�troviraux
dans sa liste des m�dicaments essentiels. De m�me, alors qu'il existe des
traitements g�n�riques beaucoup moins co�teux que les produits des
multinationales, l�OMS fait preuve d'une lenteur extr�me pour valider la
qualit� de ces produits et favoriser ainsi leur utilisation dans les pays en
d�veloppement.

Cette attitude s�explique en partie par le fait que l'OMS est en permanence
sous la menace de coupes budg�taires des pays riches et est de plus en plus
d�pendante de bailleurs priv�s, qui financent 2/3 de son budget actuel. Une
situation nettement renforc�e par les multiples partenariats public/priv�
encourag�s par Gro Harlem Brundtland.

L�initiative � Accelerating Access � en est une parfaite illustration.
Lanc�e en 2000 par l'ONUSIDA et plusieurs laboratoires pharmaceutiques, ce
programme, repris par l'OMS en 2001, devait permettre de d�velopper l�acc�s
aux antir�troviraux dans les pays pauvres. Apr�s deux ann�es, seules 25 000
personnes dans le monde ont � un moment ou � un autre b�n�fici� de
traitement � travers cette initiative. En outre, cette derni�re a g�n�r�
nombre d'effets pervers que l'OMS a cautionn�s : instrumentalisation des
institutions internationales de sant� par les compagnies pharmaceutiques,
discrimination entre pays, contr�le et monopolisation des march�s,
court-circuitage des syst�mes nationaux d'approvisionnement en m�dicaments,
d�veloppement de prescriptions irrationnelles et dangereuses.

Gro Harlem Brundtland souhaitait mettre l'accent sur la priorit� � accorder
� l�am�lioration de la sant� des pauvres. Pourtant, lors des derni�res
n�gociations � l'OMC, alors que les pays riches menaient une v�ritable
politique d�intimidation et de pression sur les pays en d�veloppement pour
emp�cher le recours aux g�n�riques, la Directrice g�n�rale de l�OMS n�a �
aucun moment d�fendu la primaut� du droit � la sant� sur les int�r�ts
commerciaux.
Durant le mandat de Gro Harlem Brundtland, l'�pid�mie de sida n'a fait que
prendre plus d'ampleur. 42 millions de personnes sont aujourd'hui
contamin�es par le VIH/sida, un quart d�entre-elles devraient �tre mise sous
traitement imm�diatement. Au terme de cinq ann�es de mandat il reste
d�sormais 6 mois � Gro Harlem Brundtland pour rattraper un partie du temps
perdu.
Pour cela plusieurs mesures s'imposent :
- Publier les sommes que chaque pays (et en particulier ceux du G8) devrait
consacrer a la lutte mondiale contre le sida en 2003 pour �tre en conformit�
avec les engagements pris � l�ONU et � G�nes en 2001
- Produire enfin un plan d�action pour atteindre l�objectif que Gro Harlem
Brundtland s'est fix� � Barcelone, en juillet 2002 : permettre la mise sous
traitements antir�troviraux de 3 millions de personnes d'ici � 2005.
- Imposer la r�int�gration des n�gociations sur les effets du respect de la
propri�t� intellectuelle sur la sant� dans le cadre de l'Assembl�e Mondiale
de la Sant� et non � l'OMC.
- Reconna�tre publiquement que le r�gime de propri�t� intellectuelle
pr�valant dans les pays riches sur la sant� est incompatible avec les
imp�ratifs de sant� publique dans les pays en d�veloppement et l'ampleur de
la crise sanitaire actuelle.
- Appeler � la lev�e des brevets sur toutes les technologies de sant�.
- Mettre � la disposition des d�partements de l'OMS charg�s de la lutte
contre le sida et l'acc�s aux m�dicaments les moyens de valider dans les
plus brefs d�lais la qualit� des diff�rents m�dicaments g�n�riques
existants.
- Mettre en place un v�ritable travail d�assistance technique dans les pays
en d�veloppement, en mati�re de mise en place de programmes de prise en
charge m�dicale.

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