[e-med] Pourquoi le Sénégal n'arrive pas à faire sa commande de Produits contraceptifs depuis trois ans

Sénégal: Produits contraceptifs - Pourquoi le Sénégal n'arrive pas à faire
sa commande depuis trois ans ?

Issa Niang

14 Janvier 2009

http://fr.allafrica.com/stories/200901140673.html

Depuis trois ans, les 45 millions dégagés annuellement par l'Etat pour
l'achat de produits contraceptifs sont retournés au Trésor par la Pharmacie
nationale d'approvisionnement (Pna).Une situation que ne comprennent pas les
agents de la Division de la santé de la reproduction (Dsr) et sur laquelle
le directeur de la Pna s'est expliqué quand nous l'avons interpellé.

Quarante-cinq millions francs. Tel est le montant global dégagé chaque
année, depuis 2005, par l'Etat du Sénégal pour l'achat de produits
contraceptifs dans le cadre de la planification familiale. Seulement, depuis
trois ans, cet argent est retourné en fonds libre ou déployé dans une autre
grille budgétaire.

Pour cause, la Pharmacie nationale d'approvisionnement (Pna) qui a signé un
accord avec la Division de la santé de la reproduction (Dsr) du ministère de
la Santé et de la Prévention médicale pour l'achat de produits
contraceptifs, tarde à s'exécuter. Une situation que l'on déplore à la
Division de la santé de la reproduction.

Les agents de cette division du ministère de la Santé ne comprennent surtout
pas que les bailleurs qui soutiennent la planification familiale,
parviennent à faire leur commande alors que le Pna éprouve des difficultés à
le faire.

'La grande équation pour nous se résume au fait que les bailleurs continuent
d'acheter les produits contraceptifs alors que la Pna ne peut le faire',
s'inquiète Aïssatou Sanoi Coly de la Division de la santé de reproduction.

Répondant à l'interpellation des journalistes lors de l'atelier
sous-régional Population reference bureau (Prb)/Africa consultant
international (Aci) sur la Sécurité contraceptive, elle a expliqué que la
Dsr à elle seule ne peut pas faire la commande des produits contraceptifs.

Selon elle, l'accord avec la Pna permet d'avoir une assurance qualité par
rapport au contrôle des médicaments et des produits contraceptifs qui
entrent dans notre pays.

Ces produits vont emprunter le même circuit que les médicaments essentiels.
Destinés aux femmes, ces produits doivent être sécurisés, assure la Dsr.

Pour autant, les agents de la Dsr ne baissent pas les bras. Ils espèrent que
la Pna va s'exécuter pour cette année. En le faisant, elle indiquera au
moins la voie au gouvernement et l'inviterait à augmenter le montant alloué
pour l'achat de produits contraceptifs.

En effet, l'Etat débourse, depuis 2005, 45 millions par an destinés à
l'achat de produits contraceptifs. Comparée à l'apport des bailleurs dans ce
domaine, cette somme est jugée dérisoire.

D'ailleurs, ces bailleurs, à l'image de la Jica, se sont retirés du
programme Pf. Cette dernière, après avoir eu le vent en poupe dans les
années 80 et au début des années 90, en étant un des axes forts des
politiques de population, est en perte de vitesse.

Presque partout au Burkina Faso, au Mali et au Sénégal, la mobilisation en
faveur de la planification familiale a fortement baissé.

La réponse au Vih et les programmes de lutte contre le paludisme et la
tuberculose qui ont polarisé davantage d'énergie et de ressources serait une
des causes de la baisse de l'intérêt pour la planification familiale.

Cet atelier de trois jours, qui réunit des journalistes burkinabé, maliens
et sénégalais, permettra, dans un premier temps, aux professionnels des
médias de mieux se familiariser avec le concept de sécurité contraceptive.

Il s'agira également, lors de cette rencontre, de procéder à des exercices
pratiques pour mieux valoriser l'information sur le thème de l'atelier, en
usant notamment de toutes les possibilités qu'offrent les techniques
journalistiques.

PAPA Birama NDIAYE (Directeur de la Pharmacie nationale
d'approvisionnement): 'La Pna ne peut acheter un produit s'il n'a pas
d'adjudicataire'

Un produit, même s'il existe sur le marché, ne peut être acheté par la Pna,
s'il n'a d'adjudicataire suite à l'appel d'offres lancé.

C'est la réponse servie par le directeur de la Pna, Papa Birama Ndiaye, que
nous avons joint par téléphone hier. Interpellé sur le retard enregistré par
la commande des produits contraceptifs, il a expliqué que 'l'appel d'offres
lancé pour l'année 2007 n'avait pas trouvé de soumissionnaire.

Et il a fallu faire un appel d'offres de relance et ce dossier de relance
est aujourd'hui sur la table de la Direction centrale des marchés. Avec les
procédures administratives qui sont longues, nous attendons de trouver un
soumissionnaire pour l'achat du produit demandé'.

Pour Papa Birama Ndiaye, l'essentiel des produits destinés à la Division de
la santé de la reproduction existe dans le lot des produits traditionnels de
la Pna. Seuls deux produits font l'objet d'appel d'offres actuellement. Il
s'agit du Norplan et d'un autre dont il se souvient vaguement du nom.

Par ailleurs, le directeur de la Pna ne manque pas de déplorer les lourdeurs
administratives qui entourent les procédures de commandes des molécules.
'Avec le Code des marchés publics, nous avons les mains liées', regrette le
directeur de la Pna.