[e-med] Province Orientale: les paludéens manquent de médicaments à Isangi

http://radiookapi.net/actualite/2013/02/20/province-orientale-les-paludeens-manquent-de-medicaments-isangi/

Province Orientale: les paludéens manquent de médicaments à Isangi

Dans la moustiquaire, un enfant victime de paludisme reçoit des soins dans un hopital à Kinshasa. Radio Okapi/ Ph. John Bompengo
Le médecin chef de la zone de santé d’Isangi, docteur Charles Lobanga, a lancé, mardi 19 février, un nouvel appel à l’assistance en médicaments pour faire face à la recrudescence du paludisme à Weko, village est situé à 125 km à l’ouest de Kisangani. Selon lui, en un mois et demi, plus de mille neuf cents cas dont quarante-neuf décès ont été enregistrés faute de médicaments.
Près de la moitié des cas ont été enregistrés la semaine dernière. Le stock de produits pharmaceutiques fournis par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) s’est épuisé en moins d’une semaine, à cause de l’afflux des malades aux centres de santé.

«Actuellement, la plupart des malades sont à la maison», a indiqué Dr Charles Lobanga.

Hormis l’assistance en médicaments, a poursuivi la société civile du secteur Turumbu, il faut également procéder au plus vite à la distribution des moustiquaires imprégnées d’insecticide pour tenter de limiter les nouvelles contaminations.

L’OMS, la division provinciale de la santé et les autres partenaires se concertent déjà pour répondre à cette demande de la zone de santé d’Isangi, a fait savoir le chef du bureau provincial OMS, Dr Marie José Kikoo.

Les autorités sanitaires locales avaient appelé, au début du mois, le Gouvernement et ses partenaires à une intervention d’urgence pour sauver les enfants en danger à Weko. Vingt-trois enfants de 0 à 5 ans étaient en effet morts de paludisme sur les deux cent soixante-quatre cas enregistrés, en l’espace d’un mois dans cette localité.

Touchées par les inondations entre novembre et décembre 2012, cinquante huit localités du territoire d’Isangi sont confrontées au problème d’eau, de la malnutrition, du paludisme et de la hausse des prix de denrées alimentaires. Les organisations de la société civile locale l’ont indiqué dans leur rapport présenté, vendredi 8 février, à une délégation d’agences de Nations unies.

Lire aussi sur radiookapi.net:

Province Orientale: 63 enfants sont morts de paludisme en 2 mois à Yabongonda
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Envoyé par
Simon KABORE
Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)

Cher Simon,

Nous venons de terminer une étude des besoins nationaux en médicaments y compris les antipaludiques avec l'appui de l'OMS,les conclusions qui transparaissent sont que les besoins nationaux en médicaments de la RDC sont couverts à moins de 10% (les apports du gouvernement et partenaires confondus) dans un pays ou la pauvreté affecte 71% de la population. Cela n'est pas donc étonnant d'avoir des ruptures de stock "de longue durée"

Franck Biayi
Pharmacien
Kinshasa/RDC

Cher Franck

Je trouve l'initiative de cette étude très pertinente. Je me demande si une
telle étude est réalisée dans beaucoup de pays, parce que le problème
majeur que nous avons pour apprécier l'efficacité de nos politiques d'accès
aux médicaments est la maitrise des besoins et des niveaux atteints.
L'OMS peut-elle appuyer ce type d'étude dans les pays? Au cas où des
rapports de telles études existent, merci d'avance à ceux qui accepteront
le partager avec moi.
Cordialement!

--
Simon KABORE
PCA du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
04 BP: 8038 Ouagadougou 04 Burkina Faso
Tel: bur (226) 50 37 70 16
         Cel: (226) 70 24 44 55
E-mail alternatif: simonkabore@rame-int.org

Cher Simon,

Cette étude sera incessamment partagée notamment dans notre forum

Cordialement

Franck Biayi
Kinshasa/RDC

Confrère Franck,
je pense que le Pharmacien Inspecteur Provincial de la Province Orientale peut nous éclaircir sur cette affaire. Alors, il reste a savoir que cette manque des antipaludeens est due au financement ou a la mauvaise gestion. Vous êtes sans ignorer que la Province Orientale est la plus grande Province de la RDC et aussi la seule Province ou les Pharmaciens sont rares comme le diamant et les assistants en Pharmacie comme de l'Or. Je vous confirme que même Isangi (District de Tshopo Lindi), n'a ni pharmacien de District ni assistant en Pharmacie. J'en ai vu des histoires, les médicaments périment dans les structures de cette province parce que les préposés ne maîtrisent pas les outils des gestions des médicaments. Nous avons sollicité a les former mais en vain (manque de financement).
Confraternellement votre
John MBALA
Pharmacien Inspecteur de District de Kisangani/ Province Orientale

Dans un pays comme la RDC, il est loin de penser au désengagement de
l'Etat dans le domaine de l'approvisionnement des médicaments. Notre
pays n'a pas de politique réelle de couverture de soins de santé. Il
faut mettre en place en RDC des politiques sectorielles de
couverture des soins de santé, tout comme il y a plusieurs
institutions financières ayant chacun une politique financière
spécifique qui concourent à la réalisation de même objectif mais
selon le palier choisi par chaque institution. Nos autorités doivent
imaginer des systèmes des mutualités qui permettent de financer les
soins de santé. Il faut des systèmes qui soient compatibles avec
chaque couche de la population pour permettre à chaque couche
d’accéder aux soins de santé. C'EST LE GOUVERNEMENT QUI DOIT ETRE LE
MONTEUR de mise en route de ces mutualités. Dans tous les cas il faut
les état généraux de la santé pour permettre au pays de revisiter
tous les systèmes de santé depuis l’époque coloniale. Il ne faut pas
que les blabla de l'OMS nous endorment, il ya pas lieu d'appliquer un
système "prêt à porter" pour notre pays.
Il y a des situations qui exigent des stratégies qui nous soient
spécifiques. La Rdc dispose des ressources humaines en matière de
santé capables de mettre sur pied des systèmes spécifiques des
mutuelles pour résoudre en 80% nos problèmes sanitaires
Il y a lieu de créer plusieurs mutuelles par exemple: au niveau de la
fonction publique, au niveau des entreprises du portefeuilles, etc
Nous sommes tout simplement entrain de rêver. On nous a fait croire que
la mise en place de plusieurs centrales d'achat résoudra le problème
de disponibiliser les médicaments mais on a oublié que
l'approvisionnement est fonction des disponibilités financières. Il
faut que les patients soient à même d'acheter les médicaments
autrement il n y a rien qui marche.
En tout cas, il faut penser à organiser les états généraux de la
Santé.
Il faut des stratégie sanitaires spécifiques pour notre pays.

Alexis Likango Liselele,
Pharmacien

Cher Jean Luc,

Je vous remercie pour ces éléments que vous apportez qui constituent aussi des causes de ruptures de stock, je voudrais cependant souligner que les informations en ma possession indique que les principales sources de financement des antipaludiques sont le Fonds Mondial de lutte contre le VIH,le paludisme et la tuberculose( 219 ZS) et le projet PMI(environ 60 ZS) sur 516 ZS pour tous le pays. Il est clair que dans ces conditions les ruptures sont inévitables. Mais lorsqu'on constate qu'il y a des péremptions; il y a lieu de s'interroger sur les questions que vous venez de soulever.
Je vous demande donc de documenter les péremptions observées dans votre zone de couverture et j'imagine que le Pharmacien Inspecteur Provincial qui a les prérogatives légales de détruire les médicaments peut nous fournir les informations sur les quantités détruites en 2012 en particulier les ACT et ARV.
C'est à travers la documentation de ces faits que les plaidoyers peuvent être menés pour obtenir le financement des formations et suivi de la gestion

Meilleures salutations

Franck Biayi
Pharmacien
Kinshasa/RDC

Bonsoir Dr Alexis

J'ai suivi votre développement mais j'aimerais me rassurer de certains
éléments. Vous semblez faire des reproches aux recommandations de l'OMS,
qui ne seraient pas adaptées à votre situation en RDC. A ce que je sache,
les recommandations de l'OMS sont généralement des suggestions soumises aux
autorités des pays membres. La question ne serait donc pas liée au
leadership que les autorités locales ont sur la gouvernance du système
national de santé?
Que pensez vous précisément du leadership actuel du gouvernement de la RDC
à "imaginer des systèmes des mutualités qui permettent de financer les
soins de santé" et à tenir des "états généraux de la santé pour permettre
au pays de revisiter
tous les systèmes de santé depuis l’époque coloniale"?
Nous sommes en relation avec des acteurs de la société civile intervenant
dans le domaine de la santé en RDC, qui sont très investis dans le
plaidoyer pour l'accès aux soins. Nous pensons pouvoir les encourager à
s'investir dans les revendications que vous exprimez. Mais un leadership
fort des autorités nationales est nécessaire.
Cordialement!

--
Simon KABORE
PCA du Réseau Accès aux Médicaments Essentiels (RAME)
04 BP: 8038 Ouagadougou 04 Burkina Faso
Tel: bur (226) 50 37 70 16
         Cel: (226) 70 24 44 55
E-mail alternatif: simonkabore@rame-int.org

Merci Pharmacien Franck,
je suis dans les pourparlers avec le Pharmacien Inspecteur Provincial pour qu'ensemble effectuons un déplacement urgent vers Isangi afin d'avoir toutes les informations dues a cette rupture qui nous préoccupe tous.
Pharmacien John MBALA
Pharmacien Inspecteur/District de Kisangani/ Province Orientale et secrétaire Provincial de l'Ordre des Pharmaciens de la Province Orientale

Il est en effet important de caractériser la pénurie de médicaments d'Isangi
mais comme le dit Franck, la situation n'est pas spécifique ni à Isangi ni à cette Province.
Surtout je me dis que les responsables en place devraient eux-mêmes fournir les premières informations et analyses : le médecin chef de zone, le médecin chef de district (tant que cela existe encore), les équipes cadres de la DPS.
Au vu de leurs analyses, il sera alors temps pour le pharmacien inspecteur, en concertation avec le MIP, d'effectuer une descente.
Entre temps, il est peut-être important que le pharmacien inspecteur, en concertation avec le MIP et avec la centrale de distribution régionale, étudie la situation au niveau provincial.
Qu'en pensez-vous ?
Merci
Edouard Guévart

Le flux d'informations dans un système de gestion des médicament
entre la centrale d'achat et les dépôts auxiliaires doit être bien
tenu et si les gestionnaires des Pharmacies des hôpitaux et centres de
santé, comme dans le cas d'Isangi, n'ont pas eu une formation adéquate
il faut en organiser une. Autrement les ruptures de stock
existeront toujours. Le pharmacien inspecteur provincial doit
organiser cette formation à défaut qu'il fasse appel aux experts
commis à cet effet.

Alexis Likango Liselele Pharmacien

Je suis allergique à trop de ruptures de médicaments dans nos pays
africains, cela veut dire que nos structures pharmaceutiques ne jouent pas pleinement
leur rôle d'approvisionnementen produits pharmaceutiques. On doit élaboerer un Sytème d'Information Pharmaceutique. Ce système prendra en compte tous les aspects d'informations autour des produits pharamaceutiques.
Je pense que chaque acteur doit son rôle pour minimiser la rupture.