[e-med] SÉNÉGAL : Dans la rue, des enfants en grand danger face au sida

[un gros problème dans bcp de pays africains à ne pas sous-estimer...CB]

SÉNÉGAL : Dans la rue, des enfants en grand danger face au sida

DAKAR, le 10 juillet (IRIN) - Dans les rues animées de Dakar, la
poussiéreuse capitale du Sénégal, des milliers d'enfants en haillons errent
en petits groupes, des mineurs à la sexualité précoce, cibles fragiles du
VIH/SIDA.

Environ 6 000 enfants seraient livrés à eux-mêmes à Dakar, des mineurs qui
ne bénéficient d'aucun suivi, d'aucune attention ni information sur les
risques qu'ils courent à multiplier les comportements à risque, comme
l'explique Adjiratou Sow Diallo Diouf, auteur d'une étude sur les enfants de
la rue et le VIH/SIDA parue en juin 2005.

"La sexualité des enfants de la rue est précoce", explique-t-elle. "On voit
des enfants de huit ans qui ont déjà plusieurs partenaires masculins et
féminins, en général trois ou quatre, plus âgés qu'eux."

Les 30 enfants âgés entre huit et 17 ans qui ont été interrogés dans le
cadre de cette étude ont fait état d'une sexualité précoce, pas toujours
consentante, à la fois homosexuelle et hétérosexuelle.

Les rapports sexuels sont rarement protégés et placent ces mineurs dans une
situation de grande vulnérabilité par rapport aux infections sexuellement
transmissibles (IST), dont le sida.

Le multipartenariat est une des caractéristiques de la sexualité des enfants
de la rue : près de 70 pour cent d'entre eux disent avoir des relations
sexuelles avec plusieurs partenaires, souvent d'autres enfants, selon
l'étude.

Un tiers des enfants a reconnu que ces rapports n'étaient pas toujours
consentants. "Il y a parfois des rapports forcés, des viols des plus âgés
vers les plus petits", affirme Mme Diouf.

Occasionnellement, les enfants se prostituent avec de jeunes femmes, qui
lavent le linge dans le quartier populaire de la Médina, à Dakar. "Certaines
dames leur donnent travail, mais leur demandent en contrepartie de coucher
avec elles", constate Mme Diouf.

Socialement exclus, les enfants des rues, les 'Fakhmans' comme ils se
nomment eux-mêmes - un mot issu du verbe 'fakh', qui signifie 's'enfuir' en
wolof, la langue la plus parlée à Dakar --, sont extrêmement vulnérables et
exposés aux maladies, précise-t-elle.

On les retrouve dans les recoins les plus sombres du grand marché Sandaga de
la capitale. Ils y déambulent avec la maladresse des ivrognes, mettant sans
cesse sous leur nez leur t-shirt imbibé de 'guinze', un diluant industriel
qu'ils respirent pour échapper quelques instants au poids de leur quotidien.

<b>Le sexe dès huit ans, de la drogue pour tenir</b>

Selon Mme Diouf, les 'Fakhmans' se droguent systématiquement : c'est une
règle pour intégrer le groupe. Pour quelques centaines de francs CFA,
mendiés ou chapardés, ils peuvent ainsi s'acheter leur dose quotidienne de
drogue et oublier la violence - et les risques -- de leur existence.

Plus de la moitié des 'Fackhmans' ont leur première expérience sexuelle
avant l'âge de 14 ans, souvent autour de huit ans, et rares sont ceux qui
appréhendent leur vulnérabilité par rapport aux IST et au VIH/SIDA.

Le système sénégalais de santé public est de toute façon incapable de les
prendre en charge : ils sont exclus des services de soins et de traitements,
faute de tuteurs, et la plupart des programmes actuels d'information et de
prévention ne les prennent pas en compte comme groupes vulnérables
prioritaires, souligne l'étude, qui décrit leur trajectoire en dents de
scie.

La plupart des enfants seraient issus de couples divorcés ; ils auraient
quitté volontairement le domicile familial à la suite de violences ou se
seraient enfuis d'écoles coraniques où ils étaient maltraités.

Le rapport souligne que 60 pour cent des 'Fackhmans' ne sont jamais allés à
l'école ; ils ignorent par conséquent tout des questions liées à la santé de
la reproduction, en particulier ce qui touche aux IST et au VIH.

Selon Mme Diouf, si la quasi-totalité des enfants interrogés ont affirmé
savoir de quoi il s'agissait, la moitié d'entre eux ne connaissait pas les
modes de transmission du VIH et 40 pour cent ignoraient comment se protéger
contre l'infection.

Alors que les deux tiers des enfants ont reconnu avoir des relations
sexuelles, moins de 10 pour cent d'entre eux utilisaient un préservatif.
Quant aux autres, "ils ne savaient pas comment les utiliser", déplore Mme
Diouf.

"Les Fakhmans ont des pratiques à risque et n'utilisent pas de préservatifs,
sauf lorsqu'ils vont voir des prostituées qui leur en fournissent", explique
ainsi Isabelle de Guillebon, qui dirige le Samu Social Sénégal, la seule ONG
offrant aux enfants de la rue un suivi socio-médical.

Vêtus de haillons aux couleurs passées, délavées par la crasse, ils
attendent, tapis dans la nuit, en petits groupes d'une douzaine d'enfants,
le passage de la camionnette du Samu social qui, deux fois par semaine, leur
apporte un peu de nourriture et des soins pour panser les blessures de la
rue.

<b>Parler aux enfants à défaut de pouvoir les soigner</b>

Entre ces mineurs réputés violents et les équipes du Samu social se sont
créés de solides liens de confiance et d'amitié: l'année dernière, alors que
des voyous tentaient d'agresser des membres de l'ONG au cours d'une ronde,
le groupe d'enfants présents s'est spontanément porté à leur secours,
s'interposant en bloc.

Grâce à ce rapport de confiance qui a pu s'établir avec les équipes
médicales, les enfants parlent désormais sans tabou de leur sexualité. Même
si, reconnaît Isabelle de Guillebon, "les enfants traumatisés en parlent
comme s'il ne s'agissait pas d'eux".

"Ils ne sont pas totalement conscients du problème ; ils sont tout le temps
shootés, dans un état second. Ce n'est pas dans ces moments-là qu'on pense
aux dangers", précise-t-elle, en faisant référence au diluant industriel que
les enfants inhalent.

Dans le cadre de son étude, Mme Diouf a organisé des ateliers dans les
locaux du Samu social, pour renforcer les connaissances des enfants sur les
IST et le VIH.

Informer pour prévenir les infections, parler pour éviter les violences et
les pratiques dangereuses sont les seules armes que ces femmes peuvent
utiliser pour protéger les enfants : selon la législation sénégalaise, comme
dans de nombreux pays, ils ne peuvent être dépistés au VIH qu'avec l'accord
de leurs parents.

Or par définition, les enfants de la rue n'ont ni parents ni responsables
légaux pour les accompagner dans les centres de santé, une situation que Mme
Diouf juge scandaleuse.

"Il n'y a pas de programme qui cible les enfants et les enfants des rues ne
disposent pas de prise en charge médicale" adéquate, déplore-t-elle. En cas
d'infection au VIH, "si on ne peut pas faire le dépistage, on interviendra
trop tard. Et si les enfants ne souffrent pas du VIH, ils peuvent être
infectés par diverses IST".

Sans savoir de quoi ils souffrent, il est aujourd'hui difficile de prendre
en charge ces enfants, constate Mme Diouf, rejointe sur ce point par
Isabelle de Guillebon : "Il y a un combat à mener sur le dépistage des
mineurs, il faut changer la législation", reconnaît-elle, tout en admettant
la difficulté qu'il y aurait à mettre sous traitement à vie des enfants très
mobiles, en mauvaise santé et psychologiquement fragiles.

En attendant, grâce aux films, aux photos, aux discussions et aux
démonstrations pratiques, les enfants, qui étaient un peu sur la réserve au
début des ateliers, ont commencé à comprendre. Ils se sont surtout, et
progressivement, ouverts aux autres.

"Les ateliers ont été une très bonne chose : ils ont pu exprimer des choses
et les expliquer à des adultes", raconte Mme de Guillebon, qui note que les
questions liées à la sexualité les intéressent.

"Au début, ils ne parlaient pas. Mais après nous sommes devenus amis et ils
étaient à l'aise et se défoulaient. Ils m'ont raconté des choses qu'ils ne
disaient pas avant", poursuit-elle. "Un enfant m'a par exemple confirmé les
pratiques homosexuelles dans le groupe, alors que jusque-là c'était un sujet
tabou pour les enfants."

Pour Isabelle de Guillebon, cette confiance s'explique par le fait que le
Samu social représente l'unique lien qu'ont ces enfants avec le monde
adulte, parce que le personnel médical qui tourne la nuit est le seul à se
préoccuper de leur sort : "malgré la brutalité de leur environnement, ils
demeurent des enfants."

Le problème des enfants des rues au Sénégal est incontournable pour tout le
monde associatif qui cherche à apporter une aide quelconque aux enfants en
général.
Les enfants des rues (talibés, "fakhmans"...) sont purement et simplement
ignorés par les autorités sénégalaises...ils semblent qu'ils fassent partie
du décor dans toutes les artères dakaroises et cela pour encore
longtemps....
Pas d'accès aux besoins élémentaires: nourriture, scolarisation...pas
d'accès au soins, ils ne sont même pas enregistrés... Bref ils n'existent
pas...
Pour des raisons politico-religieuses, par peur de se mesurer à nos chefs
spirituels et de froisser nos superstitions ancestrales, nous, les
sénégalais nous préférons fermer les yeux et se dire qu'au fonds "c'est là,
la volonté de Dieu...." Nous sacrifions nos enfants, ici nous parlons de
6000...mais il doit bien en avoir le double...
Il est temps d'arrêter de nous voiler la face et de nous atteler à porter
secours à ces enfants, et cela commence une prise de conscience des
sénégalais eux-mêmes et des autorités avant tout!
Je suis intimement persuadée que prendre la peine de discuter avec les chefs
religieux, marabouts et autres en leur expliquant quels sont les dangers de
la rue: prostitution, drogues, abus sexuels...et en leur montrant les
conséquences de ces dangers sur leurs petits talibés fera changer les
mentalités...
Jamais au Sénégal, il n'a été fait de campagne suivi sur les risques et
dangers de la rue pour ces enfants....pas de messages forts pour mettre les
parents en face de leurs responsabilités: "Vous ne pouvez pas faire mendier
vos enfants dans la rue,vous ne pouvez pas leur exiger une somme d'argent à
la fin de leur journée sous peine de les rouer de coups; parce que ayant
peur de la sanction ces enfants sont alors prêts à tout pour ramener le
petit 500 CFA exigé...."
Mais ces propos ne peuvent être tenus par nous même....on préfère tout
simplement les occulter...

Anna NDIAYE
Programmes internationaux
228, rue du Faubourg Saint Martin
75010 Paris - FRANCE

tel : +33 1 53 26 45 31
fax : +33 1 53 26 45 75

a.ndiaye@sidaction.org

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Les enfants de la rue ?
Au Sénégal ou au Mali ?
J'ose espérer que dans les autres pays d'Afrique cela est bien différend.
Que les enfants là bas, à défaut d'être rois, sont tous simplement des
enfants
Des enfants de nous tous, à prendre par la main, à prendre pour le sien
(vous connaissez la chanson ci dessous!!) et à ramener le soir à la maison
car dehors il se fait tard et les jeux sont finis !
Car demain il va falloir aller à l'école (Eh oui !! en pensant peut être à
Guy Tyrolien -- Vous vous en souvenez !! mais il va falloir y aller mon
petit gars !!)

Au lieu de cela, j'ai constaté que leur nombre augmente sans cesse, dans les
rues de Bamako, et chacun nous passons devant eux, en sachant très bien que
demain ce petit ange sera soit mort, soit violé, soit drogué soit battu !!!
Et s'il s'en sort, s'il arrive à grandir un peu, il m'a promis d'aller lui
aussi en France car personne ne l'aime ici, et que mourir pour mourir, il
est prêt désormais à tout !!
Car ici il n'a plus d'espoir!

Pourtant je lui ai dit que dans cette grosse Mercedes noire à
l'immatriculation bizarre qui tous les soirs passe comme moi à ce carrefour
sans jamais s'arrêter, il y'a quelqu'un de l'autorité, et qu'il est en train
de prendre les dispositions afin que cela n'arrive plus jamais.
Je lui ai dit que demain tout ira mieux car ici au Mali, on est prêt à
mourir pour nos enfants, pour qu'ils soient heureux le plus simplement du
monde.

Il m'a regardé comme pour me dire "Tu mens Tonton" !
Alors je suis devenu comme un petit enfant et je lui ai dit que je dirai
tout à mon grand frère et qu'il va faire en sorte qu'il n'y ait plus aucun
enfant malheureux dans la rue!
Et j'ai versé une larme en étouffant sa tristesse.

Et il m'a tendu la main en me disant de vous dire à tous de ne pas attendre
après qui que ce soit Et il a entonné cette chanson que nous devons tous
méditer et appliquer :

PRENDRE UN ENFANT

Prendre un enfant par la main
Pour l'emmener vers demain.
Pour lui donner la confiance en son pas
Prendre un enfant pour un roi.
Prendre un enfant dans ses bras
Et pour la première fois
Sécher ses larmes en étouffant de joie
Prendre un enfant dans ses bras.

Prendre un enfant par le coeur
Pour soulager ses malheurs,
Tout doucement, sans parler, sans pudeur,
Prendre un enfant sur son coeur.
Prendre un enfant dans ses bras
Mais pour la première fois
Verser des larmes en étouffant sa joie,
Prendre un enfant contre soi.

Prendre un enfant par la main
Et lui chanter des refrains
Pour qu'il s'endorme à la tombée du jour,
Prendre un enfant par l'amour.
Prendre un enfant comme il vient
Et consoler ses chagrins,
Vivre sa vie des années puis soudain,
Prendre un enfant par la main,
En regardant tout au bout du chemin

Prendre un enfant pour le sien.
YVES DUTEIL

Youssouf Issabré
Directeur Général

Fondation Mérieux Mali
Rue du Docteur Charles Mérieux - Ex base aérienne
BP E. 2283 Bamako - MALI
   
Tél : + 223 490 03 54
Port : + 223 636 75 25
Fax : + 223 222 51 55

youssouf.issabre@fondationmerieux-mali.org

bonsoir,

je viens vous dire mon profond respect pour le texte aux paroles très fortes, celles qui doivent nous interpeller, nous déranger , nous provoquer, pour nous soulever tous ensemble pour dire , jusqu'à quand resterons nous dans notre immobilisme, notre égoisme, aussi bien en AFRIQUE, qu'en Europe.
tout simplement MERCI.
Odette PION vice présidente PSF CI.

Chers collègues,
   
  C'est bien dit et c'est beau. Nul ne veux voir son enfant dans cet état. Malheureusement,il y aura toujours des condamnés et c'est toujours le maillon le plus faible. C'est un fléau qui doit être combattu pour éviter à ces innocents le chaos des jours sans lendemain.
  Lutter contre la pauvreté qui engendre de telles situations par une politique d'autosuffisance alimentaire.
  Il n'y a pas qu'au Sénégal et au Mali que celà se passe, vous en avez partout et même pire. Au Somalie, en Palestine, en Iraq et autres, ils sont tout simplement tués.
   
  Nous compatissons dans la douleur contre ce phénomène. Il y a des actions à faire et nous soutenons toute initiative.
   
  Meillleures salutations

L'utilisation des produits cosmétiques contenant de l'hydroquinone ainsi que des corticoïdes en RDC et dans beaucoup des pays africains par les femmes est devenue un véritable fléau. Les conséquences ne sont plus à démontrer à jour.
   
  En date du 27 juin passé, à l'initiative du Directeur de la Pharmacie et Médicaments, le Ministre de la Santé de la RDC a signé l'arreté ministériel "N° MS. 1250/CAB/S/ 010/EKA/2006 du 27/06/2006 portant interdiction de la fabrication, de la distribution ou de la vente en gros et au détail et de l'utilisation des produits cosmétiques contenant de l'hydroquinone en République Démocratique du Congo".
   
  Cette initiative a été saluée par toutes les personnes préoccupées par les conséquences qu'engendrent l'usage des produits concernés par cet arreté.
   
  Nous pensons que les Pharmaciens Inspecteurs vont se charger de traduire en acte la volonté du gouvernement de la RDC de résoudre de façon durable la problématique de la manipulation de l'hydroquinone.
   
  Par ailleurs, il reste à prendre des mesures efficaces pour la restriction de la vente des corticoïdes comme le clobetasol et autres afin d'épargner nos femmes des graves dangers qui les guettent.
   
  Inspecteurs! A vous de jouer!
   
Gabriel Bukasa Kaleka
  Tél: +243999301015
         +243999005024
g_bukasa@yahoo.com