E-MED : Soins de sant� primaires
Bonjour,
Ci-joint cet article tir� du Forum Mondial de la Sant�, vol 18, 1997, p349,
pour votre information... et pour lancer le d�bat...
Certain pays africains ont constat� des insuffisances et des erreurs dans
la mise en oeuvre des soins de sant� primaires, nptamment lorsqu'on
"verticalisait" un programme dont la conception �tait horizontale. Les
communaut�s locales n'�taient pas convenablement associ�es aux activit�s et
�taient donc jug�es incapables de g�rer leurs services de sant�. Ces pays
ont r�orient� leur approche en adoptant en 1987 l'initiative de Bamako, qui
avait deux objectifs principaux : renforcer l'organisation et la gestion
des services de sant� en vue d'am�liorer l'accessibilit� et la qualit� des
prestations, et assurer la participation des communaut�s � la
planification, la mise en oeuvre et l'�valuation des soins de sant�
primaires.
Un programme de soins de sant� primaires � assise communautaire, appuy� par
des professionnels polyvalents, pr�sente tant pour les services de sant�
que pour les communaut�s des avantages certains, notamment l'ad�quation et
l'efficience des r�ponses aux probl�mes de sant�, l'am�lioration de la
qualit� des prestations gr�ce � la participation �troite et � la
disponibilit� des dispensateurs de soins de sant�, et la d�l�gation de
t�ches moins techniques (en particulier l'�ducation sanitaire et la
pr�vention) aux structures communautaires.
Si l'on ne pr�te pas suffisamment attention, les �l�ments suivants risquent
de compromettre le succ�s de l'initiative de Bamako.
1. L'aire de responsabilit� des formations sanitaires doit couvrir des
communaut�s qui ont les m�mes int�r�ts en mati�re de d�veloppement. Toutes
les dimensions politiques, �conomiques, sociales et culturelles doivent
�tre prises en compte.
2. La mise en place des comit�s de gestion au niveau communautaire peut
comporter des �l�ments "import�s". Il faut veiller � ce que la forme de
d�mocratie propos�e corresponde � celle souhait�e par les populations
locales, car celles-ci acceptent souvent, sans l'int�grer, le mod�le offert
par les agents de sant�.
3. Les agents de sant� sont parfois r�ticents � instaurer le dialogue avec
les communaut�s locales. Traditionnellement, ils sont charg�s de r�soudre
les probl�mes de sant�, et la mise en place de comit�s appel�s � g�rer les
formations sanitaires avec les professionnels pose des probl�mes de
"leadership" et d'int�r�ts financiers. En outre, la formation des agents de
sant� les pr�pare mal � s'accomoder � ce type de partenariat.
4. Un approvisionnement suffisant en m�dicaments essentiels sous forme
g�n�rique est consid�r� comme un pr�alable � la mise en oeuvre des soins de
sant� primaires; or il arrive que des firmes pharmaceutiques et des
pharmaciens priv�s ne voient pas les choses de la m�me fa�on. Ils acceptent
mal qu'un stock de m�dicaments soit confi� � une communaut� charg�e de le
g�rer au travers de comit�s de sant� �lus en son sein, m�me si les g�rants
ont re�u une formation sommaire et sont supervis�s par des agents de sant�
qualifi�s. Des lobbies s'opposent ainsi � l'initiative, pr�texant que les
d�p�ts de m�dicaments pr�sentent un danger pour les populations et que
certains m�dicaments sont inefficaces.
Les soins de sant� primaires offrent � tous l'occasion de participer � un
d�veloppement durable. Quelle que soit la strat�gie adopt�e pour leur mise
en oeuvre, tous les enjeux devront �tre pris en compte si l'on veut qu'elle
aboutisse.
Salifou Konf�
District sanitaire de Bogant�
BP 2370
Burkina Faso
(CB-ReMeD)
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