Bonjour,
Le centre OMS de recherches sur le cancer (CIRC) de Lyon vient de
reconnaître les gaz des moteurs diesel cancérigènes.
La question était posée depuis 1998, l'OMS s'est décidée sur les résultats
d'une grande étude portant sur des mineurs très exposés. En matière
environnementale quand de tels résultats sont validés ils sont toujours
extrapolables à la population générale.
Cette question est grave pour les pays à ressources limitées car les moteurs
responsables sont plus nombreux (véhicules mais aussi groupes électrogènes
de plus en plus nombreux à cause des problèmes d'approvisionnement
électrique) et le plus souvent mal réglés.
Il faut souhaiter que ces pays prennent en compte le problème en appliquant
les règlements concernant les normes de moteurs diesel et en améliorant
l'approvisionnement électrique ce qui fera diminuer le nombre de groupes.
Il faut rappeler que la pollution aérienne est un problème grave dans les
pays à ressources limitées ; en zone rurale à cause des foyers domestiques
et en zone urbaine à cause de la densité des moteurs diesel, souvent mal
réglés ou alimentés par des gazoles de mauvaise qualité, d'origine illicite.
Dr Jean Loup Rey (santé publique)
COMMUNIQUE DE PRESSE N° 213 12 Juin 2012
LES GAZ DECHAPPEMENT DES MOTEURS DIESEL CANCEROGENES
http://www.iarc.fr/fr/media-centre/pr/2012/pdfs/pr213_F.pdf
A lissue dune réunion dune semaine regroupant des spécialistes
internationaux, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC),
qui fait partie de lOrganisation mondiale de la Santé (OMS), a aujourdhui
classé les gaz déchappement des moteurs Diesel comme étant cancérogènes
pour lhomme (Groupe 1), sur la base dindications suffisantes prouvant
quune telle exposition est associée à un risque accru de cancer du poumon.
Introduction
En 1988, le CIRC a classé les gaz déchappement des moteurs Diesel comme
étant probablement cancérogènes pour lhomme (Groupe 2A). Un groupe
consultatif qui examine et préconise les futures priorités pour le Programme
des Monographies du CIRC recommandait avec une priorité élevée que soient
réévalués les gaz déchappement des moteurs Diesel dès 1998.
Le potentiel cancérogène des gaz déchappement des moteurs Diesel fait
lobjet dune préoccupation croissante, fondée notamment sur les résultats
détudes épidémiologiques de travailleurs exposés dans différents milieux
professionnels.
Cette préoccupation sest trouvée encore accentuée par la publication en
mars 2012 des résultats dune grande étude sur les expositions
professionnelles à de telles émissions chez des mineurs de fond, étude menée
par le National Cancer Institute / National Institute for Occupational
Safety and Health des Etats-Unis, qui a mis en évidence un risque accru de
décès par cancer du poumon chez les travailleurs exposés (1).
Evaluation
Les données scientifiques ont été examinées à la loupe par le Groupe de
Travail qui a globalement conclu quil disposait dindications suffisantes
de la cancérogénicité pour lhomme des gaz déchappement des moteurs Diesel.
Le Groupe de Travail a constaté que les gaz déchappement des moteurs Diesel
provoquaient le cancer du poumon (indications suffisantes) et a également
noté une association positive (indications limitées) à un risque accru de
cancer de la vessie (Groupe 1).
Le Groupe de Travail a conclu que les gaz déchappement des moteurs à
essence étaient peut-être cancérogènes pour lhomme, un résultat qui demeure
inchangé par rapport à lévaluation précédente de 1989 (Groupe 2B).
Santé publique
Dimportantes populations sont exposées aux gaz déchappement des moteurs
Diesel au quotidien, soit de par leur travail, soit dans lair ambiant. Ces
expositions ne sont pas uniquement dues aux gaz déchappement des véhicules
à moteur, mais également aux émissions dautres moteurs Diesel, y compris
ceux dautres modes de transport (ex : trains et navires à moteurs Diesel)
et de générateurs électriques.
Etant donné lévaluation rigoureuse et indépendante des données
scientifiques effectuée par le Groupe de Travail, les gouvernements et
autres décideurs disposent à présent dune base factuelle sur quoi se fonder
pour envisager des normes environnementales relatives aux émissions des gaz
déchappement Diesel et ainsi continuer à travailler avec les fabricants de
moteurs et de carburants pour réaliser ces objectifs.
Au cours de ces vingt dernières années, les préoccupations environnementales
croissantes ont abouti à ladoption de réglementations en Amérique du Nord,
en Europe et ailleurs avec des normes démission de plus en plus strictes à
la fois pour les moteurs Diesel et les moteurs à essence. Il existe une
forte interaction entre les normes et la technologie - les normes guidant la
technologie et la nouvelle technologie permettant ladoption de normes plus
strictes. Pour les moteurs Diesel, des changements soufre, des modifications
dans la conception des moteurs pour brûler le carburant plus efficacement,
et la réduction des émissions grâce à des technologies de contrôle des gaz
déchappement.
Toutefois, bien que lémission de particules et de produits chimiques soit
réduite grâce à ces changements, on ne sait pas encore clairement si ces
modifications quantitatives et qualitatives peuvent se traduire par un effet
différent sur la santé ; la recherche doit travailler sur cette question. En
outre, il faudra des années pour remplacer les carburants et les véhicules
actuels, dépourvus de ces modifications, en particulier dans les pays les
moins développés, où les mesures réglementaires sont également moins
rigoureuses aujourdhui. Il convient de rappeler que de nombreuses régions
du monde en développement ne disposent pas de normes réglementaires, et que
les données sur lexposition et sur limpact des gaz déchappement des
moteurs Diesel dans ces régions sont limitées.
Conclusions
« Les données scientifiques étaient sans appel et la conclusion du Groupe de
Travail, unanime : les gaz déchappement des moteurs Diesel provoquent le
cancer du poumon chez lhomme » a déclaré le Dr Christopher Portier,
Président du Groupe de Travail du CIRC.
« Etant donné limpact supplémentaire des particules émises par les moteurs
Diesel sur la santé, lexposition à ce mélange de produits chimiques devrait
être réduit à travers le monde », a-t-il ajouté (2).
Le Dr Kurt Straif, responsable du Programme des Monographies du CIRC, a
indiqué que « les principales études qui ont conduit à cette conclusion
portaient sur des travailleurs fortement exposés. Toutefois, nous avons
appris par dautres cancérogènes comme le radon, que les premières études
démontrant un risque chez des groupes professionnels fortement exposés
étaient suivies de résultats comparables dans la population générale. Par
conséquent, les actions entreprises pour réduire les expositions devraient
concerner les travailleurs et la population générale ».
Le Dr Christopher Wild, Directeur du CIRC, a quant à lui déclaré : « Si le
mandat du CIRC consiste à établir les bases scientifiques sur lesquelles
sappuieront les décisions réglementaires aux niveaux national et
international, lévaluation daujourdhui envoie un signal fort justifiant
une action de santé publique. Laccent doit être mis au niveau mondial, y
compris parmi les populations les plus vulnérables dans les pays en
développement, où les nouvelles technologies et les mesures de protection
pourraient à défaut prendre de nombreuses années avant dêtre adoptées.
Résumé de lévaluation
Le résumé de lévaluation paraîtra en ligne dans la revue The Lancet
Oncology, le 15 juin 2012.
(1) JNCI J Natl Cancer Inst (2012) doi:10.1093/jnci/djs034
http://jnci.oxfordjournals.org/content/early/2012/03/05/jnci.djs034.abstract
; et JNCI J Natl Cancer Inst (2012) doi: 10.1093/jnci/djs035
http://jnci.oxfordjournals.org/content/early/2012/03/05/jnci.djs035.abstract
(2) Le Dr Portier est le Directeur du National Center for Environmental
Health et de lAgency for Toxic Substances and Disease Registry des Centers
for Disease Control and Prevention (USA).
Pour plus dinformation, merci de contacter :
Le Dr Kurt Straif, Section Monographies du CIRC, par téléphone au +33 472
738 507, ou par mél à straifk@iarc.fr ;
Le Dr Lamia Tallaa, Section Monographies du CIRC, par téléphone au +33 472
738 385, ou par mél à tallaal@iarc.fr ;
Nicolas Gaudin, Groupe Communication du CIRC, par téléphone au +33 472 738
478, ou par mél à com@iarc.fr ;
Fadela Chaib, Equipe Actualité de lOMS, par téléphone au +41 79 475 55 56
ou par mél à chaibf@who.int.
Les gaz déchappement des moteurs Diesel cancérogènes IARC, 150 Cours Albert
Thomas, 69372 Lyon CEDEX 08, France - Tel: +33 (0)4 72 73 84 85 - Fax: +33
(0)4 72 73 85 75 © IARC 2012 - All Rights Reserved. Le fichier audio est
accessible ci-dessous :
http://terrance.who.int/mediacentre/audio/press_briefings/
A propos du CIRC
Le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) fait partie de
lOrganisation mondiale de la Santé. Sa mission consiste à coordonner et à
mener des recherches sur les causes du cancer chez lhomme et sur les
mécanismes de la cancérogenèse, ainsi quà élaborer des stratégies
scientifiques de lutte contre le cancer. Le Centre participe à des
recherches épidémiologiques et expérimentales, et assure la diffusion de
linformation scientifique au moyen de publications, de conférences, de
cours, et de bourses détudes.
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Les gaz déchappement des moteurs Diesel cancérogènes IARC, 150 Cours Albert
Thomas, 69372 Lyon CEDEX 08, France - Tel: +33 (0)4 72 73 84 85 - Fax: +33
(0)4 72 73 85 75 © IARC 2012 - All Rights Reserved. Annexes
Groupes dévaluation Définitions
Groupe 1 : Lagent est cancérogène pour lhomme.
Cette catégorie est utilisée lorsque l'on dispose d'indications suffisantes
de cancérogénicité pour l'homme. Exceptionnellement, un agent peut être
placé dans cette catégorie lorsque les indications de cancérogénicité pour
l'homme sont moins que suffisantes, mais que lon dispose dindications
suffisantes de sa cancérogénicité pour l'animal de laboratoire et de données
probantes, chez lhomme exposé, selon lesquelles l'agent suit un mécanisme
de cancérogénicité pertinent.
Groupe 2 :
Cette catégorie comprend aussi bien, à lextrême, les agents pour lesquels
les indications de cancérogénicité pour l'homme sont presque suffisantes,
quà lautre extrême, les agents dont aucune donnée concernant l'homme nest
disponible mais pour lesquels on dispose dindications de cancérogénicité
pour l'animal de laboratoire. Lesdits agents sont classés dans le groupe 2A
(« probablement cancérogène pour l'homme ») ou 2B (« peut-être cancérogène
pour l'homme ») sur la base d'indications épidémiologiques et expérimentales
de cancérogénicité de données mécanistiques et d'autres données pertinentes.
Les termes « probablement cancérogène » et « peut-être cancérogène » nont
pas de signification quantitative et sont simplement utilisés comme
indicateurs des différents niveaux de cancérogénicité pour lhomme, où «
probablement cancérogène » correspond à un niveau plus élevé que « peut-être
cancérogène ».
Groupe 2A : Lagent est probablement cancérogène pour l'homme.
Un agent est placé dans cette catégorie quand les indications de sa
cancérogénicité sont limitées pour lhomme et suffisantes pour lanimal de
laboratoire. Dans certains cas, un agent peut être classé dans cette
catégorie lorsque l'on dispose d'indications insuffisantes de
cancérogénicité pour lhomme et dindications suffisantes de cancérogénicité
pour lanimal de laboratoire et dindications fortes que la cancérogenèse
agit par un mécanisme qui fonctionne également chez lhomme.
Exceptionnellement, un agent peut être classé dans cette catégorie si lon
dispose uniquement dindications limitées de cancérogénicité pour lhomme.
Un agent peut également être classé dans cette catégorie si, daprès des
considérations mécanistiques, il appartient clairement à une famille
dagents dont lun ou plusieurs membres sont classés dans le Groupe 1 ou le
Groupe 2A.
Groupe 2B : Lagent est peut-être cancérogène pour l'homme.
Cette catégorie concerne les agents pour lesquels on dispose dindications
limitées de cancérogénicité pour lhomme, et dindications moins que
suffisantes de cancérogénicité pour lanimal de laboratoire. On peut
également faire appel à cette catégorie lorsque l'on dispose d'indications
insuffisantes de cancérogénicité pour lhomme, mais que lon dispose
d'indications suffisantes de cancérogénicité pour lanimal de laboratoire.
Dans certains cas, un agent pour lequel on dispose dindications
insuffisantes de cancérogénicité pour lhomme et dindications de
cancérogénicité moins que suffisantes pour lanimal de laboratoire,
corroborées par des données mécanistiques et dautres données pertinentes,
peut être classé dans ce groupe. Un agent peut être classé dans cette
catégorie sur lunique base de fortes indications dorigine mécanistique ou
dautres données pertinentes.
Groupe 3 : Lagent est inclassable quant à sa cancérogénicité pour lhomme.
Cette catégorie comprend le plus souvent les agents pour lesquels les
indications de cancérogénicité sont insuffisantes pour lhomme et
insuffisantes ou limitées pour lanimal de laboratoire.
Exceptionnellement, les agents pour lesquels les indications de
cancérogénicité sont insuffisantes pour lhomme mais suffisantes pour
lanimal de laboratoire peuvent être classés dans cette catégorie lorsquil
existe de fortes indications que le mécanisme de cancérogénicité pour
lanimal de laboratoire ne fonctionne pas chez lhomme.
Sont également classés dans ce groupe les agents qui ne relèvent daucune
des autres catégories.
Une classification dans le groupe 3 nest pas laffirmation dune absence de
cancérogénicité ou dune innocuité globale, mais indique que de plus amples
recherches sont requises, notamment lorsque les expositions sont très
répandues ou que les données sur le cancer donnent lieu à des
interprétations divergentes.
Groupe 4 : Lagent nest probablement pas cancérogène pour lhomme.
Relèvent de cette catégorie les agents pour lesquels on dispose
dindications suggérant une absence de cancérogénicité pour lhomme et pour
lanimal de laboratoire. Dans certains cas, peuvent être classés dans ce
groupe des agents pour lesquels des indications de cancérogénicité pour
lhomme sont insuffisantes, mais pour lesquels on dispose dindications
suggérant une absence de cancérogénicité pour lanimal de laboratoire,
systématiquement et fortement corroborées par une large gamme de données
mécanistiques et dautres données pertinentes.
Indications de cancérogénicité pour lhomme Définition
Comme indiqué précédemment, les indications de cancérogénicité sont évaluées
selon une terminologie standard. Concernant les études sur lhomme, les
indications de cancérogénicité sont classées selon les catégories suivantes
:
Indications de cancérogénicité suffisantes : Le Groupe de Travail considère
quune relation de cause à effet a été observée entre lexposition à lagent
et le cancer chez lhomme. En dautres termes, une association positive a
été établie entre lexposition à lagent et le développement de cancers dans
le cadre détudes où le hasard, des biais ou des facteurs de confusion ont
pu être exclus avec suffisamment de certitude. Une indication suffisante de
cancérogénicité est suivie dune phrase distincte, qui identifie les organes
ou les tissus concernés par un risque accru de cancer pour lhomme. Cette
identification dorganes ou de tissus spécifiques nexclut pas léventualité
du développement dun cancer dans dautres localisations.
Indications de cancérogénicité limitées : Une association positive a été
observée entre lexposition à lagent et le développement de cancers ; le
Groupe de Travail estime quune interprétation de cause à effet de cette
association est crédible, mais quil na pas été possible dexclure avec
suffisamment de certitude que le hasard, des biais ou des facteurs de
confusion aient pu y jouer un rôle.
Indications de cancérogénicité insuffisantes : Soit les études disponibles
ne sont pas dune qualité, dune concordance ou dune puissance statistique
suffisante pour permettre de conclure à lexistence ou non dune relation de
cause à effet entre lexposition à lagent et le développement de cancers,
soit aucune donnée relative au cancer nest disponible pour lhomme.
Indications dune absence de cancérogénicité : On dispose de plusieurs
études pertinentes, couvrant toute la gamme des niveaux dexposition connus
chez lhomme et dont les résultats concordants ne font pas ressortir
dassociation positive entre lexposition à lagent et le développement dun
des cancers étudiés, et quel que soit le niveau dexposition. Les résultats
de ces études, pris seuls ou ensemble, doivent avoir de faibles intervalles
de confiance avec une limite supérieure proche de la valeur nulle (ex : un
risque relatif de 1.0). Les biais et les facteurs de confusion doivent être
exclus avec suffisamment de certitude et les études doivent avoir une
période de suivi suffisante. Lorsque les renseignements disponibles
suggèrent une absence de cancérogénicité, cette conclusion ne peut
s'appliquer qu'aux localisations tumorales, aux conditions et niveaux
d'exposition et à la durée d'observation pris en considération dans les
études disponibles. En outre, léventualité dun risque très faible aux
niveaux dexposition étudiés ne peut jamais être exclue.
Dans certains cas, les catégories précitées peuvent être utilisées pour
déterminer le degré d'indication de cancérogénicité pour des organes ou des
tissus spécifiques.