traduction de ce message de e-drug
Nouveau rapport AUDA-NEPAD : 24 produits médicaux prioritaires et
feuille de route pour la fabrication régionale en Afrique
e-drug
1er mars
Jaume_Vidal
[publié à partir de la newsletter HAI avec remerciements ; WB]
Chers E-Druggers,
J’espère que vous allez bien. Vous trouverez ci-dessous un résumé et
des recommandations du rapport AUDA-NEPAD récemment publié sur la
promotion de la fabrication pharmaceutique, avec des informations
pertinentes pour le prochain forum de l’OMS sur la production locale,
les discussions sur la préparation aux pandémies et les délibérations
sur les pénuries. Veuillez mettre en copie le Dr Dennis Kibira, auteur
principal du rapport, pour plus d’informations et pour plus de
contexte.
L’Afrique est le deuxième continent le plus peuplé du monde, avec
environ 1,4 milliard d’habitants, soit environ 17 % de la population
mondiale. Elle supporte 25 % de la charge mondiale de morbidité, mais
contribue à 3 % de la production mondiale de médicaments. Le continent
représente un quart de la demande mondiale de vaccins, mais produit
0,1 % de l’approvisionnement mondial en vaccins.
La pandémie de COVID-19 a révélé la vulnérabilité de l’Afrique aux
perturbations des chaînes d’approvisionnement pharmaceutiques
mondiales, soulignant l’urgence de renforcer les capacités de
production locales et régionales. Cette crise a mis en lumière
l’importance cruciale du Plan de Production Pharmaceutique pour
l’Afrique (PMPA) , un cadre élaboré pour guider le continent vers une
industrie pharmaceutique autonome, durable et compétitive, capable de
répondre aux besoins de santé publique.
S’inscrivant dans le deuxième Plan décennal de mise en œuvre de
l’Agenda 2063 , qui met l’accent sur l’industrialisation, le
développement humain et la sécurité sanitaire comme piliers essentiels
pour réaliser « l’Afrique que nous voulons », le PMPA sert de véhicule
stratégique pour réduire la dépendance de l’Afrique aux médicaments
importés. Le plan envisage un secteur pharmaceutique robuste qui
favorise l’intégration régionale, améliore l’accès à des médicaments
de qualité et abordables et assure la résilience face aux futures
crises sanitaires.
En soutien au PMPA, l’AUDA-NEPAD a lancé la liste des 24 produits
médicaux prioritaires et une feuille de route pour la fabrication
régionale, qui constituent des étapes concrètes vers l’autosuffisance
de l’industrie pharmaceutique africaine. Ces initiatives visent à
accroître la production locale de médicaments, de vaccins et de
produits de santé essentiels à la santé publique, notamment face à la
croissance démographique et à la charge de morbidité en Afrique.
La feuille de route vise à relever les défis structurels,
réglementaires et financiers qui entravent la production
pharmaceutique sur le continent. Elle vise également à favoriser la
collaboration entre les États membres, les communautés économiques
régionales (CER) et le secteur privé afin de bâtir un écosystème de
production pharmaceutique résilient.
Objectifs
Fournir un guide stratégique aux acteurs de la fabrication
pharmaceutique dans les domaines qui nécessitent des investissements
ciblés pour stimuler le développement du secteur.
Guider les décideurs politiques au niveau continental, des CER et
national sur les produits médicaux prioritaires afin de fournir des
incitations pour obtenir un plus grand impact sanitaire et économique.
Fournir aux décideurs politiques et aux fabricants de produits
pharmaceutiques des informations sur les produits avec des projets
spécifiques soutenus pour exploiter stratégiquement ces ressources
afin d’accélérer leurs propres efforts et de contribuer à la
croissance de la production pharmaceutique régionale.
Afin de maximiser les avantages des initiatives mondiales de soutien à
la santé, il faut tirer parti des opportunités actuellement
disponibles, identifier les synergies et éliminer toute duplication
des efforts dans la fabrication de produits pharmaceutiques sur le
continent.
Méthodologie
La liste des 24 produits médicaux prioritaires et une feuille de route
ont été élaborées à partir de la littérature existante/secondaire,
puis de vastes consultations d’experts auprès des parties prenantes de
différentes communautés économiques régionales. La priorité a été
donnée aux besoins de santé publique, en prenant en compte les dix
principales maladies du continent. Une analyse des options, des
besoins et du marché, a ensuite été réalisée avant que les médicaments
sélectionnés ne soient soumis à des considérations d’écosystème
pharmaceutique pour les médicaments ayant obtenu les meilleurs
résultats à une évaluation par feux tricolores : faisabilité/capacité
de fabrication, absence d’obstacles liés aux droits de propriété
intellectuelle, disponibilité du transfert de technologie,
disponibilité des intrants, préparation réglementaire, viabilité
économique des produits, disponibilité du soutien politique, marché
commun, disponibilité d’initiatives mondiales de soutien en matière de
santé, entre autres.
Principales conclusions
Le rapport présente une analyse des produits médicaux nécessaires pour
gérer les principales maladies en Afrique. Il identifie les principaux
obstacles à la production pharmaceutique locale et propose des
stratégies pour renforcer ses capacités et sa pérennité.
Défis de production : Les capacités de production locales actuelles
sont limitées, de nombreux produits essentiels étant fortement
dépendants des importations. Les principaux défis comprennent
l’insuffisance des infrastructures, l’accès limité aux technologies et
l’insuffisance du capital humain.
Facteurs favorables : Pour favoriser la fabrication pharmaceutique
locale, le rapport recommande de renforcer les cadres réglementaires,
d’investir dans la recherche et le développement, d’améliorer l’accès
aux matières premières, de faciliter l’accès au marché, de s’attaquer
aux droits de propriété intellectuelle, d’améliorer le développement
du capital humain et de favoriser les partenariats public-privé.
Les produits médicaux prioritaires essentiels sélectionnés englobent
une large gamme de médicaments, allant des antibiotiques et
antirétroviraux aux dispositifs médicaux et aux diagnostics. Les 24
produits médicaux prioritaires sélectionnés pour lutter contre la
principale morbidité en Afrique ont été répartis en six catégories :
Besoin élevé Marché élevé
Antibiotiques : Amoxicilline
Gestion de la douleur : Paracétamol
VIH/SIDA : tests VIH, cabotégravir, ténofovir + lamivudine + dolutégravir (TLD)
Antipaludiques : mRDT, artéméther + luméfantrine, sulfadoxine-pyriméthamine
TB : Bédaquiline
Besoin croissant d’un marché élevé
AVC : atorvastatine
Blessures : Liquides intraveineux
Diabète : analogues de l’insuline, metformine
Cardiopathie ischémique/hypertension : amlodipine, valsartan
Faible besoin, marché élevé
Cancer : Docétaxel
Besoin élevé Marché faible
Santé maternelle : ocytocine, misoprostol, sulfate de magnésium
Nouveau-né : Asphyxie et traumatisme à la naissance - Oxygène médical
Santé infantile : Antidiarrhéiques : Sels de réhydratation orale +
Sulfate de zinc, Vaccin antirotavirus
Besoin croissant d’un marché bas
Drépanocytose : hydroxyurée
Faible besoin, faible marché
Maladies tropicales négligées : Praziquantel
Six molécules supplémentaires : l’acide tranexamique, la carbétocine
thermostable, les préservatifs, le vaccin contre le VIH, le vaccin
contre le paludisme et le vaccin contre le VHB ont été proposées pour
examen ultérieur. Cette liste devrait être révisée régulièrement, et
ce tous les cinq ans, en fonction de l’évolution des tendances
épidémiologiques.
Les principales recommandations comprennent :
Donner la priorité aux produits à forte demande et à forte valeur
marchande : se concentrer sur la fabrication de médicaments pour les
maladies infectieuses et les maladies non transmissibles qui
représentent un fardeau important.
Investir dans la recherche et le développement (R&D) : Soutenir
l’innovation locale et collaborer avec des partenaires internationaux.
L’Union africaine devrait envisager le développement d’un système de
R&D panafricain autonome, capable de répondre aux enjeux de santé
publique en constante évolution. La clé pour y parvenir est
d’exploiter le potentiel inexploité de la collaboration entre
chercheurs africains en créant et en soutenant des réseaux de groupes
de recherche en Afrique.
Renforcer les cadres réglementaires : Harmoniser les réglementations
et renforcer les capacités des autorités de régulation. Les pays
africains doivent appliquer systématiquement des réglementations qui
uniformisent les règles du jeu. Cela permettrait aux fabricants locaux
de concurrencer leurs homologues internationaux.
Améliorer l’accès aux matières premières : promouvoir la production
locale d’API et explorer des options d’approvisionnement alternatives.
Faciliter l’accès aux marchés : Créer un environnement économique
favorable et établir des pôles de production régionaux. Pour garantir
des débouchés sûrs, les lois nationales et régionales sur les marchés
publics devraient prévoir l’attribution de points de pourcentage aux
producteurs locaux, si la qualité des produits est jugée conforme aux
normes requises.
Éliminer les obstacles liés aux droits de propriété intellectuelle :
optimiser les politiques de propriété intellectuelle pour équilibrer
l’innovation et l’accès.
Améliorer le développement du capital humain : investir dans
l’éducation et la formation.
Favoriser les partenariats public-privé : collaborer avec les
multinationales et les partenaires de développement. Les initiatives
en cours visant à promouvoir la production pharmaceutique régionale en
Afrique offrent une opportunité significative de renforcer les chaînes
de valeur et d’améliorer l’accès à des produits médicaux abordables.
Améliorer les infrastructures et la logistique : Investir dans les
infrastructures et améliorer la gestion de la chaîne
d’approvisionnement.
Incitations : Les gouvernements devraient encourager l’investissement
par des mesures incitatives réduisant les coûts ou les risques pour
l’investisseur, ou les deux. L’utilisation stratégique des politiques
commerciales constitue une autre approche par laquelle les
gouvernements pourraient soutenir l’importation de matières premières
et de biens d’équipement.
En mettant en œuvre ces recommandations, l’Afrique peut renforcer
considérablement ses capacités locales de fabrication de produits
pharmaceutiques, améliorer l’accès aux médicaments essentiels et
contribuer au développement économique du continent.
Une feuille de route sur cinq ans, d’un coût estimé à 18 157 500 USD,
a été proposée à l’AUDA-NEPAD pour mettre en œuvre la liste
prioritaire de produits médicaux. Cette feuille de route vise à
établir un écosystème de production pharmaceutique autosuffisant,
durable et résilient en Afrique, permettant au continent de répondre
localement à au moins 50 % de ses besoins pharmaceutiques.
Plus d’infos de :
https://www.nepad.org/file-download/download/public/149748
JAUME VIDAL (IL/LUI)
Conseiller principal en politiques
Action Santé Internationale
Jours ouvrables : du lundi au vendredi
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